L'Appel du Persil

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Josselyn Martin, secrétaire retraitée de son état entre, à son habitude, dans la boucherie Dupont, acheter non pas du boeuf, comme la semaine précédente mais du veau.

Cette semaine, elle reçoit Pierre, son gendre venu lui repeindre le salon et elle lui a promit une blanquette.

En entrant, elle huma d'abord l'odeur habituelle de viande, de sel et de persil et sourit. Elle savait déjà que le boucher, Antoine, allait l'accueillir avec son regard bourru et son habituel "B'jour, m'dame Martin, comment ça va-t-y ?"

  • Bonjour madame ! claironna une voix masculine, avec un accent joyeux encore inconnu.

Surprise de cet accueil inhabituel, Josselyn se retourna et regarda fixement l'homme qui venait de prononcer ces mots.

Grand, l'air jeune, bâtit comme une armoire à glace, rouquin, barbu, les yeux noisettes pétillants de joie de vivre, le tput emballé de charlottes... Elle manqua faire les gros yeux en remarquant qu'il portait des habits sportifs sous son tablier blanc taché de rouge.

  • Où est Antoine ? demanda-t-elle de son habitelle voix bourgeoise spéciale commerçants.
  • Chez lui, madame, il s'est blessé...
  • Ah. Bien. Qu'il se rétablisse vite. lâcha-t-elle. Du veau pour une blanquette, s'il vous-plaît.
  • Bien madame. Pour combien de personnes ?
  • Deux.

Pendant qu'il lui emballait son veau dans du papier, elle le scruta plus attentivement. S'il lui avait paru jeune, il devait en réalité dépasser la cinquentaine. Quelques rides de sourire dépassaient de sa charlotte entourant sa barbe. D'ailleurs, elle décelait également quelques tâches de rousseur...

  • Et avec ceci ?
  • Cela suffira.

Elle paya, et repartit.

Pourtant, quelque chose l'intriguait dans ce nouveau.

Elle qui était nourrie aux habitudes, cela la boulversait.

Et la semaine suivant, elle entra dans la boucherie avec dans l'idée de faire une fondue bourgignone avec sa voisine Chantale.

En entrant, elle nota encore cette odeur de persil puis...

  • Bonjour madame !
  • Ah, tient, c'est toujours vous.
  • Il faut bien, madame...

Cette fois elle laissa s'échapper un sourir. C'était un gars bien, elle le sentait.

  • Comment vous-appelez-vous ?
  • Grégoire.
  • Enchantée, je suis Josselyn Martin, mais tout le monde m'appelle Madame Martin.
  • Ravi de vous connaître, Josselyn.

Elle leva un sourcil mais ne releva pas, puis demanda son boeuf, paya, et repartit.

Cela faisait un mois que Josselyn tombait systématiquement sur Grégoire en allant à la boucherie. Plus le temps passait, plus elle le trouvait sympathique. D'abord, elle avait voulu prendre de la viande suffisamment pour une semaine afin de prolonger la discution mais... Venir tous les jour était bien mieux.

Grégoire était drôle, beau, ils partageaient les mêmes idées... Et, surtout, il snetait bon le persil, et ça, même Antoine ne le sentait pas.

Josselyn entra dans la boucherie, avec un projet de porc au caramel en tête, elle recevait ses petits-enfants, il fallait sortir le grand jeu.

En entrant, elle huma l'odeur habituelle de viande, de sel et de persil et sourit. Elle savait déjà que le boucher, Gégoire, allait l'accueillir avec son regard tendre et son habituel "Bonjour Josselyn, comment vas-tu aujourd'hui ?"

  • B'jour, m'dame Martin, comment ça va-t-y ?

Elle releva vivement la tête de sa contemplation du persil.

  • Tiens, Antoine Dupont, vous revoilà ! lança-t-ellede son habitelle voix bourgeoise spéciale commerçants.
  • Fidel au poste, m'dame Martin, qu'est-ce que je vous sert ?
  • Du porc, aujourd'hui, laissa-t-elle du bout des lèvres.

Josselyn était au suplice, elle qui voulait inviter Grégoire à manger avec elle...

  • Et Grégoire, où est-il ?
  • Grégoire ? Mais, m'dame Martin, il est chez vous. Vous étiez en retard pour votre passage alors il est parti voir si vous alliez bien.

Alors Josselyn Martin paya et couru chez elle.

Il était là, un bouquet de persil à la main.

  • Josselyn...

Elle sourit. Il sentait le persil. Elle leva la main, prit le bouquet et dit :

  • Il y a une soirée Bingo, à la mairie, samedi après-midi, tu voudrais venir avec moi ?

The End

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