Mort d'une chanson.
La chanson n'a plus de mélodie.
Son refrain est une éternelle rengaine.
Plus personne ne chante aux portes de la vie.
Les anciennes paroles sont passées à la peine.
La chanson se meut dans la langue muette
Le piano est maintenant, bibliothèque de poussière.
Le vent lui-même, plus jamais ne s'entête.
La guitare ne s'accorde plus aux coeurs d'avant-hier.
La chanson n'a plus d'accords.
Le rythme est mort en deux temps.
Tué par les mots, l'ancien quatuor.
Deux temps, pas de mouvement.
Sans tambour, ni trompettes,
Dans l'absolu silence de l'univers,
La chanson a quitté la planète.
Elle n'a même pas pris un bout d'hier.
Elle s'en est allé, la chanson.
Reviendra-t-elle, repeindre les murs de poussière ?
Il n'y a plus d'échos au diapason
Partie pour naître dans l'été, elle n'a pas quitté l'hiver.
La chanson s'est usée sur les pavés des illusions.
Les fausses notes n'ont pas été corrigées.
Les ressemblances, désormais dissonances des sons.
La chanson est une surdité.

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