Fin du chapitre 5
Cette histoire est une urban fantasy. Les êtres humains y sont divisés en différentes “espèces”. Les protagonistes, tous adultes, sont élèves à la célèbre académie Alright, une école d’espionnage au fonctionnement proche du FBI, où la “journée” commence aux premières lueurs de la lune.
Dans les chapitres précédents, on suit notamment l’histoire d’Ezlya, une hybride sirène-spectre, qui intègre l’académie en même temps que Lyric, son frère jumeau. Les informations à son sujet sont volontairement minimes, mais on sait qu’elle cache un lourd secret. Petite information bonus : elle souffre de trois phobies — l’eau (ironique, vu sa nature), les espaces confinés… et sa mère.
On découvre également Noé, un Daemonis, fils d’Ézéchiel, parrain de la mafia. Il a grandi entouré d’affaires douteuses, principalement à cause de sa nature : les Daemonis sont des descendants du diable. Bien qu’il soit croyant, Noé et son père sont contraints d’enchaîner les meurtres sous peine de succomber à des pulsions meurtrières incontrôlables.
Son meilleur ami, Ilan, est aussi son cousin maternel. D’ailleurs, Nathanaël, le père d’Ilan, est le meilleur ami d’Ézéchiel.
Noé possède une particularité troublante : il connaît toujours l’heure exacte, à la seconde près. Et petit bonus non négligeable… il a clairement un faible pour Ezlya, même s’il refuse de l’admettre.
Retenez que ceci n'est qu'un extrait. Bien que je fais tout mon possible pour, bientôt, pouvoir vous proposer le début de mon histoire.
Petite information pour le créateur du défis (et ceux friands de violence) : notez qu'à partir du moment ou ils quittent la villa, il n'y a plus aucun meurtres ou acte de violence. (mais si vous êtes captivés et/ou curieux/euse, n'hésitez pas à tout lire et à me donner votre avis !!)
Ps : les messages et noms de contacts contenaient initialements des smileys mais j'ai du les retirer car l'appli "ne veut pas".
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Noé
02h41, club Midnight Gold, quartier Arts District, rue Mateo Street, Los Angeles (L.A.)
Assis au bar, je fixe la salle d’un œil méfiant tout en profitant d’une bière.
Quelques Vampires se trémoussent collés à des Naïades et des Succubes, des Métamorphes discutent affaires avec des Dryades et un spectre s’amuse à suivre les filles dans les toilettes.
*Crigln*
Le verre que je tenais en main vient d’exploser sous la pression de mes phalanges.
— Fait chier, je souffle alors que le liquide pénètre dans mes plaies du au verre brisé.
Ça brûle, oui. Mais heureusement, ça apaise mes pulsions…
Pas pour très longtemps…
*BAM*
Fait mon cœur, comme s’il allait exploser. À nouveau, je me sens pris de cette envie irrésistible de tuer.
Et merde…
— Noé, ça va ? s’enquiert gentiment Nathanaël, le père d’Ilan.
Je tourne vers lui mon regard vitreux ce qui le fait flipper.
— Woh, doucement mon grand, calme toi… murmure-t-il prudemment.
J’inspire profondément, tentant vainement de calmer mes élans meurtriers.
“Ting”
Fait ma messagerie.
Mon regard dérive sur mon téléphone posé près de moi… j’ai reçu une notification de… Nath ?
De “Natha’NOËL ” :
Ton père m’a parlé d’un mec qui lui doit des comptes, je t’envoie l’adresse si tu veux.
Je dévisage mon “oncle de cœur”, perplexe. Le voir pianoter sur son mobile aussi concentré, à l’autre bout de la salle, manque de me faire marrer.
De “moi” :
Ok
De “Natha’NOËL ” :
1574 Stradella Road, Bel-Air, Los Angeles
Le mec s’appelle Donald, vit avec sa femme
Et c’est un changeforme.
Bute le, son père et tous ceux qui se mettront sur ton chemin.
Je souris devant mon écran.
De “moi” :
Avec plaisir !
Oui, je suis un sadique, un vrai danger ambulant et j’aime ça.
Je me lève du tabouret, le bruit sec qu’il fait m’excite un peu plus.
Je salue Nath – de loin, bien sûr, il ne se risquerait pas à m’approcher. Et je quitte l’arrière du bar – sans oublier de ranger mon mobile dans la poche de mon jean.
Je me retrouve sur la piste de danse, une Nyxen tente de m’approcher. Elle s'agglutine à moi, bougeant son bassin de manière sensuelle.
Je la repousse, exaspérée, mais cette sangsue revient à la charge.
Mon sang boue à nouveau, j'hésite entre lui tordre le cou ou le bras. Finalement, j’opte pour la deuxième option.
J’attrape la frêle main de la jeune femme et je la contorsionne d’une manière inimaginable.
*Crac*
Elle crie, bien entendu.
Je la laisse s’apitoyer sur son sort et je m’éloigne lentement, le visage sombre.
J'entend Nath la rejoindre en vitesse ; il a du voir la scène et viens guérir ma victime.
Sans plus m’attarder, je m’enfonce dans la foule, qui s’écarte sans un mot — glacée, non par la peur, mais par une prudence presque respectueuse.
En franchissant les portes de l’entrée, je sens la brise nocturne me caresser l’échine.
Je frissonne et sers les poings, pris d’une nouvelle pulsion.
Un gémissement m’échappe sous l’effort, puis un long soupir, qui me calme un peu.
De mes doigts fins, je tapote la poche arrière de mon jean et en sort mon téléphone. Je l’allume, le tapote quelques instants avant de mettre l’écran en veille.
Un Uber, voilà ce que j’ai fait.
J’ai simplement appelé un Uber.
— — —
02 : 54 : 43, 1574 Stradella Road, Bel-Air, Los Angeles (L.A.)
— Vous voilà arrivés, souffle le conducteur du taxi.
Sa lèvre tremble alors qu’il dévisage le manoir, devant nous.
— Rentrez bien…, ajoute-t-il en fixant sa montre.
*02 : 55 : 33*
— Faites de même, je maugrée à contre cœur en lui tendant une liasse de billets.
Dès que je ferme la portière, l’homme détale en vitesse.
Je sais ce qu’il appréhende…
L’heure du diable.
L’heure du démon.
Mon heure…
La façade du mur d’enceinte me fait maintenant face.
Un grand mur, de grandes barrières, des caméras… Tout est sécurisé.
Je pousse le portail – il n’était pas verrouillé. Et j’avance nonchalamment sur l’allée impeccablement propre, trop propre.
*02 : 57 : 17*
Devant moi, se dresse une villa moderne de forme cubique.
Les murs en béton lisse me narguent de leur blancheur. Les baies vitrées, ornées de rideaux, se dressent de part et d'autre de la baraque.
Encore quelques pas…
*02 : 59 : 42*
Me voilà sur le luxueux palier…
*02 : 59 : 51*
Encore quelques secondes…
*02 : 59 : 59*
Je toque.
*03 : 00 : 00*
Maintenant.
Ma main s’abaisse sur la poignée et j’ouvre la porte d’un coup sec.
*Cling*
Font les verrous qui sautent.
Je les distingue à terre, tomber entre des débris de porte et de mur.
L’entrée est simple, décorée sobrement.
À ma gauche, une porte : une chambre.
Je me décale légèrement pour toquer à nouveau.
— Il y a quelqu’un ? Tu es là, Donald ? je murmure, sachant pertinemment que personne ne me répondra. J’entre !
Je donne un coup d’épaule dans la porte qui vole en éclats.
« Bien… »
La pièce, couleur crème, qui se dévoile devant moi est d’un luxe inouï.
— Allo ? Josèphe ? Il.. il y a quelqu’un chez moi ! chuchote une voix tremblotante derrière le lit.
D’un bond, je le contourne pour me retrouver face à un vieillard.
Il cri, je le regarde.
Mes yeux tombent ensuite sur son téléphone qui est en mode appel.
Sur l’écran, il est écrit « Charline ».
« Pourquoi son contact Josèphe se ferait-il renommer « Charline » ?
En fait, je m’en fous »
L’homme crie toujours, et me fatigue.
Je m’avance vers lui et je l’attrape par le col de son pyjama.
— Ta gueule, le vieux, et je te ferai pas souffrir !
— Si…si c’est l’argent que vous voulez, je sais où il est mais épargnez moi, s’il vous plaît !
Je le secoue violemment avant de le balancer au sol. Son crâne cogne contre le coin du lit et, je le sais, il rend l’âme.
*03 : 03 : 33*
— C’est vos peaux que je veux, p’tit con, je crache en me penchant sur lui.
Le sang commence déjà à se reprendre dans son cou et sur le sol.
Je ne me délecte rien qu'à cette vue.
Ça me fait me sentir vivant.
J’attrape le cadavre par les cheveux et je le tire jusque dans l’entrée. Là, je l’abandonne pour grimper à l’étage.
— Donaaaaald, viens me voir, mon pote.
Mais seul le silence de la nuit me répond.
(J’avoue que s’il me répondait « Eh mon pote ! Mais avec plaisir, attends j’arrive ! » et qu’il me commandait une pizza, je serais, moi même, assez traumatisé)
Le haut de la villa n’est pas grand.
Un couloir mène à cinq pièces différentes – c’est un couloir de pauvre quoi !
*03 : 05 : 59*
J’ouvre la première porte, à ma droite ; une salle d’eau.
Ça me frustre.
Je veux combattre !
Je veux du sang !
Je veux tuer !
Je me précipite sur la deuxième porte que j’enfonce pour entrer.
Une chambre, oui. Mais celle-là est vide.
« RAHHH !! »
J’en sors et je vais à la prochaine, de l’autre côté du couloir.
Je ne l’ouvre pas, je la fracasse d’un coup de pied.
Et, honnêtement, je me retiens de sauter de joie lorsque je vois une forme humaine devant moi.
Enfin, deux.
*03 : 08 : 04*
Et c’est deux hommes : un humain (un changeforme, ça ne trompe personne !) et un spectre.
— Ohhhh, salut Donald ! je m’exclame avec un petit sourire.
Le spectre se place devant l’autre homme.
— Ne t’inquiète pas mon pote, si tu dis à ton garde de se pousser je vous tuerai sans torture. j’ajoute en faisant un pas dans la pièce.
— Loïd protège moi ! ordonne Donald au spectre. ET VITE !
Désemparé, je hausse les épaules avant d’afficher un sourire diabolique.
— J’aime quand les proies ne se laissent pas faire !
Loïd se dédouble et envoie ses clones m’attaquer. Mais j’enfonce ma main dans une de mes poches et j’en sors une poignée de sel dont je me recouvre.
*03 : 10 : 27*
— Pas de chance, mon pote, je soupire avant de foncer dans l’un des clones.
Bien entendu, je passe au travers mais Loïd pousse un cri de douleur et tombe à genoux. Toujours pris dans mon élan, je cours vers lui et l’asperge à nouveau de sel.
— AHHHH
Ce cri résonne un moment puis, la fameuse question tombe :
— Où as-tu eu du sel noir ? Et comment as tu su que.., souffle le blessé.
— Qu’il y aurait un spectre ? J’en savais rien mais c'est toujours utile, je lui confie.
Ouais, le sel noire – un truc méga rare – est l’une des plus grosses faiblesses des spectres. (Et l’une des plus chelous, aussi)
Je m’éloigne de lui avant de regarder Donald et je continue :
— Et puis, c’est pratique, ça brûle les cadavres !
Là, les deux hommes blêmissent en comprenant que je suis bien plus cinglé que j’en ai l’air.
*03 : 12 : 15*
— Que…que me voulez vous ? bafouille Donald.
Je le fusille du regard et fais un pas vers lui.
Il recule, trébuche et tombe.
— Ezéchiel, ça te dit un truc ? C’est mon père !
Ma cible frémit et contemple mes yeux rouges. Il comprend enfin le danger que je suis.
Vivement, je sors une dague et la plante dans la gorge de Loïd.
Il n’a même pas le temps de s’en apercevoir qu’il se vide de son sang.
Il écarquille les yeux. lève la tête. croise mon regard. Et s’étouffe.
Donald le fixe bouche bée.
— Tu veux le rejoindre ? je lui propose avant de lancer ma lame en l’air.
Elle fait un tour sur elle même et retombe entre les doigts.
Donald, tremble désormais. Des larmes dans les yeux, il tente de se relever mais c’est trop tard.
— Pitié…, gémit-il.
Sans l'écouter, je porte deux doigts de chaque côté de mes tempes.
Et, l’instant d’après, l’homme se tord de douleur et s’effondre en gémissant.
Son corps pris de spasmes se met à faire des soubresauts.
Et là, enfin, il crie. Non, il hurle.
*03 : 13 : 42*
Je ne peux que me délecter de cette souffrance.
Je m’approche de lui et j’attrape sa tête pour qu’il soit la dernière chose qu’il voit en mourant.
— Eh, je t’avais prévenu, mon pote !
Donald ferme les yeux le plus fort possible. Mais des larmes coulent le long de ses joues pendant quelques secondes. Et soudain, elles s’arrêtent. Et son visage se détend en même temps que son âme quitte son corps.
Il meurt.
Je relâche sa tête qui tape violemment contre le parquet lustré.
*03 : 14 : 59*
Ma mission est finie.
Et j’ai battu mon record
J’attrape l’un des pieds de Donald pour le traîner. En passant devant Loïc, je fais de même. Les crépitements de son corps qui brûle me montent déjà à la tête.
« Putain, merci mon cher dieu ! »
Je sens que ce soir, je vais bien dormir !
Je sors de la chambre, satisfait… enfin, jusqu’à ce que je tombe sur un gamin.
Ouais, un ado qui, alerté par le bruit, s’est pointé, inquiet.
Enfin, quand il me voit, l’inquiétude se transforme en peur.
Son regard tombe sur les cadavres que je m’empresse de cacher en me plaçant devant. Mais c’est trop tard.
— Papa ? Loïc ?
Ses yeux remontent vers les miens et il frissonne de peur.
— Vous… vous allez me faire la même chose ?
Ses yeux bleu ciel se remplissent de larmes et il recule prudemment.
Je lâche les corps et je lève les mains au ciel.
— Eh… mon p’tit, n’aie pas peur, ok ? Promis je ne te ferai rien !
« NAAAAAT POURQUOI TU M’AS PAS DIT QU’IL Y AVAIT DES GOSSES ??!! »
Le gamin montre les cadavres en bafouillant.
— Mais… et eux ?
— Ils avaient des comptes à régler avec… avec ma famille, j’avoue en avançant d’un pas prudent.
Le petit recule, comme son père auparavant. Sauf que cette fois, mes intentions ne sont plus les mêmes.
— Je ne fais pas de mal aux enfants, je continue en cherchant le regard du petit.
Il tremble.
De peur ou de froid ? Ce n’est pas dûr à deviner.
— Va prendre tes affaires, je t’embarque.
Le garçon secoue la tête.
—N… Non !
Franchement, je vois pas trop comment il me refuse ça. Nan mais, on est littéralement dans son couloir, à 3h du mat’. Et il y a littéralement les cadavres de son père et du garde du corps derrière moi – dont l’un qui se vide encore de son sang !
— C’est ou ça, ou j’te tue !
Il devient blême et acquiesce.
— Bon euh…, ok…
Il tourne lentement les talons avant de se tourner et de demander :
— Mais je ne pars pas sans Lio et Dante !
Un ange passe.
Il me fusille du regard, je ne scille toujours pas.
— C’est qui ?
— Ma sœur et notre chien.
Je hausse les épaules et me baisse pour récupérer les cadavres.
— Comme tu veux, ça m’est égale.
Le petit fonce alors dans la dernière chambre du couloir et je reprends ma route jusqu’aux escaliers où je balance les corps froids et sans vie.
Ils tombent dans plusieurs bruits secs, éclaboussant les murs de sang. Certains os se brisent ou se déboitent et c’est jouissant.
— ÇA C’EST POUR MON MARI ET SON INCROYABLE GARDE DU CORPS !!! hurle soudain une voix.
Franchement, je l’avais vue venir.
Je me baisse pour éviter une grosse tigresse qui percute le mur.
Elle tombe dans un fracas pas possible.
— Ah, je vous attendais, femme de Donald ! je m’exclame avec un petit rire.
L’animal relève la tête, sonné, mais je décèle toujours la lueur meurtrière dans son regard.
Sa fourrure flambée est terne mais hirsute. Épaisse.
— Assez joué, je souffle en l’attrapant fermement par le coup, vos enfants vont arriver alors je vais juste vous marquer.
Elle écarquille les yeux et, lentement, je la vois se détransformer.
Ses oreilles se rétractent, son museau s’aplatit, ses griffes se rentrent, sa queue disparaît, etc.
Devant moi, est juste allongée une femme brune souffrant d’embonpoint. Elle m’attrape par le bras à deux mains et rentrent ses ongles dans ma peau.
— Vous êtes quoi ? Et que nous voulez-vous ? Pourquoi ne pas aussi tuer mes enfants ?
Elle m’a entendu avec son fils…
Je lui adresse mon plus grand sourire et je resserre ma poigne sur son cou.
— Je suis un Daemonis. Je devais tuer votre Mari et ceux qui se mettaient en travers de mon chemin. C’est fait. Et je ne tue pas les enfants !
La femme me lâche et se relève pour fuir.
— Je ne vous laisserez pas les emmener ! rugit-elle en me faisant face.
— Je viens de vous marquer, vous allez mou…
— JE M’EN MOQUE !!
Sa voix résonne dans toute la maison qui se met à trembler.
— Je ne vais pas laisser un bâtard comme vous faire disparaître mes chances d’héritage !! beigle-t-elle.
« Euhhh… elle s’est peut-être cognée un peu fort, non ? »
Je songe, fronçant les sourcils, et tente de lui expliquer :
— Mais madame, y a plus d’héritage si vous êtes morte !
Elle tente de me foncer dessus mais je m’écarte et elle tombe dans les escaliers.
En fait, elle devrait se sentir heureuse que je sois venu trucider tout le monde ! Car sans ça, il n’y aurait jamais eu trois cadavres pour amortir sa chute !
— Maman va bien ? demande soudain une petite voix.
Je me tourne et j’aperçois une petite fille qui s’approche de moi.
Elle ne semble pas avoir peur.
— Oui ne t’inquiète pas, ton papa a amortis sa chute, je répond en jetant un coup d’œil en contre bas.
Son frère sors et la rejoint, un sac sur le dos, tirant une valise et tenant un chiot.
— Donne la valise, j’ordonne avant d’attraper le bagage et de le porter en mode “sac à main”.
D’un même geste, je sors mon tel et je le passe à l’ado.
— Cherche “le casseur de” dans mes contacts, je continue en attrapant la fillette pour la poser sur mon dos.
— C'est fait, répond aussitôt l’ado en me montrant l’écran.
De “le casseur de cou… ” :
12 appels manqués
— Pourquoi y a des cœurs ? demande le garçon en tournant mon mobile face à lui.
— T’occupe pas ! Appelle le !
« Flemme d’expliquer leur signification… et de l’admettre, aussi ! »
Lio s’accroche fort à mon cou, me faisant un peu mal.
Mais j'ignore la douleur.
— Ferme les yeux ! je marmonne avant de descendre dans le hall.
Son frère nous suit lentement, le nez caché derrière mon téléphone.
*Houuuuuuuum*
Fais le répondeur. Puis…
*Bip*
— Allo ? Noé ? Où est…
— Ramène toi avec la voiture à 1574 Stradella Road, Bel-Air ! je grogne en enjambant le corps inconscient de “Madame la femme de Donald”.
Ma main libre se plaque instinctivement sur les yeux du bambin.
— Maman est morte ? demande prudemment l’ado.
Je le sens s’arrêter, mais je continue mon chemin.
— Nan mais si tu ne me suis pas, elle ne fera pas long feu ! je lâche, sans pour autant me retourner.
Il me rejoint en trottinant.
— Noé ? Qui a parlé ? T’es pas seul ? Et qu’est ce que tu…
— ILAN, RAMÈNE VITE TON CUL, BORDEL !!! je hurle soudain en me tournant, prêt à trouver mon ami derrière moi.
Mais bien sûr, il n'y a que le gamin et, je crois lui avoir fait peur.
— Bon euh… ok… bafouille mon ami avant de raccrocher.
Juste après, le silence oppressant nous enveloppe, seulement brisé par les “biiiiiip” du téléphone.
— Désolé, les p’tits, je soupire finalement.
Je contourne les trois cadavres et je passe le cadre de porte – la porte étant elle-même brisée, rappelez-vous.
Je pose Lio au sol, laisse la valise à ses côtés et je retourne à l’intérieur.
— Sors, je lance au garçon qui se met à courir pour rejoindre sa sœur.
J'enfonce mes mains dans mes poches et j’en sors du sel noir.
Je le balance sans remords sur les corps des défunts.
Ces derniers ont déjà commencé à brûler à cause du corps de Loïc. Mais cela devient plus intense lorsque je rajoute la poussière.
Satisfait, je tapote mes mains entre elles et je fais demi-tour.
En sortant, je glisse ma main dans celle de Lio et saisis la valise de l’autre.
Son frère nous suit.
— Wouf ! lance le chien – que j’avais complètement oublié.
Nous nous rendons au portail et, une fois en dehors de la maison, je demande au mioche de rappeler Ilan.
« Faudrait peut-être que je lui demande son nom ? »
— Ouais, allo ? fait mon ami en décrochant.
— T’es où ?
— Eh ! J’arrive ! T’es pas à côté, hein ! En plus je devais récupérer la voiture ! Je suis là dans 5 minutes.
Je fusille le vide du regard.
— Tu sais que t’es chronométré ?
— Oui, à tout de suite !
Il raccroche et le frère de Lio me demande :
— Je mets un minuteur ?
— Non, t’inquiète.
Pour le reste, nous sommes restés là, en silence. Jusqu’à ce que des phares d’une voiture surgissent et nous éblouissent.
Une voiture noire s’arrête juste devant nous et la vitre s’abaisse.
Ilan.
La tête brune de mon ami me lance un regard noir.
— T’as d'la chance, t’as mis 4 minutes et 57 secondes !
Je sais ce qu’il pense mais, entre nous, il n’est pas au bout de ses surprises !
— Ah bah tu vois ? Je te l’avais dit ! lance mon ami, sans me lâcher du regard.
J’ouvre la porte arrière et j’y fais monter Lio.
Ilan me regarde faire, stupéfait.
La valise toujours en main, je me dirige vers le coffre.
Je l’ouvre, y dépose mon fardeau avant de le refermer.
*Clac*
Simple et direct.
Je fais ensuite le tour du véhicule et je m’installe à l’avant.
Derrière, l’adolescent s’est installé près de sa sœur et lui a attaché sa ceinture.
— Tu m'expliques ce délire ?
— Plus tard, conduis nous à l’académie, s’il te plaît.
Ilan me jette un regard noir mais il obéit.
— C’est juste parce que c’est toi, marmonne-t-il.
— — —
3h53, Académie Alright, Los Angeles (L.A.)
Lorsque nous arrivons à l'académie, toutes les lumières sont déjà éteintes.
Et les p’tits, à l’arrière, somnolent en me dévisageant.
Enfin surtout l’ado car sa sœur me semble plutôt excitée.
— Allez, descendez ! j’ordonne en sortant moi-même du véhicule.
Les mômes ne se le font pas répéter.
Ils sortent chacun leur tour, tant dis que moi, je m’empresse de récupérer leurs bagages.
— Comment tu veux t’occuper de deux gamins, ICI ? me questionne Ilan en me rejoignant à l’arrière de la bagnole.
Il ne m’aide pas.
Il me regarde faire.
Il me connaît assez pour savoir que ma fierté ne supporterait aucune aide !
« Même celle d’Ezlya ? »
Euh… attendez… QUOA ?!
« Mais c’est quoi cette pensée !
Oui, bien sûr ! Même la sienne !
Quelle… quelle question ! »
Pourtant… Ilan a raison… :
Je sais pas m’occuper de gosses !
En plus, il n’y a pas assez de lits dans notre chambre.
Et je ne crois pas que notre nouveau coloc, Lyr-machin-chose, en sera très enchanté…
— Je vais me débrouiller ! je souffle en m’écartant du coffre.
Ilan le referme et lance :
— Comme tu veux, je vais garer la voiture !
Sur ces paroles, il retourne au volant et démarre à nouveau.
Je le regarde faire quelques instants, avant de me détourner.
— Suivez moi, j’ordonne avant de m’engouffrer par la porte arrière.
Je pénètre dans une grande salle sombre.
Il me faut un moment pour remarquer les deux grandes fenêtres qui la décorent.
La luminosité est absente car les vitres sont couvertes par des rideaux.
« C’était pas comme ça, la dernière fois !
Mais quelle dernière fois ?
Je ne suis sûrement jamais venu ici… quelle salle est-ce, d’ailleurs ? »
Je me cogne à une armoire, ce qui fait office de réponse.
— On est dans une bibliothèque ? murmure Lio.
Le ton de sa voix trahit sa surprise.
Ah oui, voilà ! La bibli !
« — Là où tu as rencontré Ezlya ! » chantonne une voix, dans ma tête.
« TA GUEULE !! »
Je m’empresse de sortir de cet endroit.
Zigzagant entre les obstacles porteurs de livres.
Je crois que les enfants, derrière moi, en sont surpris mais ils se dépêchent de me suivre.
Je me rue sur la porte. L’ouvre. Sort. Et prends une grande inspiration.
« WOAH !! Je peux ENFIN respirer !
Pourquoi avais-je arrêté de respirer, même ?
Et à quel moment ? »
Je bifurque à gauche, prêt à continuer ma route, aléatoirement.
— Attendez ! crie l’ado en me rattrapant, essoufflé.
Je me fige.
Je me tourne.
Je les dévisage.
— Dépêchez vous !
— Wouf ! lance le chiot – que j’avais ENCORE oublié.
Le chien me regarde, semblant dire “eh, calme toi, mec !”.
« Ouais bah j’t’en merde ! »
Lio surgit juste après. Elle ne semble pas fatiguée.
— Chut Dante ! Silence ! murmure-t-elle à l’animal.
Le clébard s’empresse de gémir mais, il arrête d’aboyer.
Je reprends ma route, ABSOLUMENT PAS DU TOUT DU MONDE attendri par les deux gamins et leur chien.
Je marche d’un pas vif, ralentissant par moment pour éviter de les semer.
Où je vais ?
Même moi je n’sais pas !
Je crois que je sais, indirectement, ou ces enfants seront en sécurité !
En effet, peu à peu, les murs crèmes deviennent des murs jaune tournesol.
Je m’arrête devant une porte – la première du couloir – et je toque.
C’est seulement lorsque quelqu’un l’ouvre que je me souviens du code couleur des chambres.
Bleu Océan et Jaune Tournesol c’est… les chambres des filles.
— Ça ne fait que QUATRE MINUTES, Lyric ! crie celle qui se tient désormais devant moi en ouvrant la porte.
Nous nous fixons un moment.
Je crois que je finis par me perdre dans ses yeux verts.
Je m’y noie presque.
— Noé ? s’exclame la jolie voix de cet ange.
NAN PARDON : de cette fille que je connais un tout petit peu mais qui est juste une fille, rien qu’une fille… UNE CONNAISSANCE !!!
Voilà !
C’est une connaissance !
Rien d’autre qu’une CO.NNAI.SSAN.CE !!
— Oh… mais qui sont ces deux petits cœurs ? demande-t-elle en remarquant les gosses.
Je m’écarte automatiquement, pour les laisser s’approcher.
— T’es rouge, lâche l’ado en passant près de moi.
La jeune femme les invite aussitôt à rentrer.
Elle ne me remarque pas lorsque j’écarquille les yeux et tente de dissimuler mon rougissement naissant.
— Venez, ne restez pas dehors !
Elle me regarde avec un petit sourire et, c’est presque comme si je la voyais rougir aussi.
Un tout petit peu.
À un tout petit moment.
J’entre avec la démarche d’un robot.
La honte !
Pourtant, je crois que je n’arrive même plus à penser…
Qu’est ce qu’elle m’a fait ?
Euh… attendez, elle vient pas de me demander leurs noms ?
Je sais pas.
Je sais plus.
Je sais rien !
Elle se penche vers les enfants, ses cheveux noirs lui tombent devant le visage mais elle les ignore. Et fixe les tout petits de ses beaux yeux verts…
— Euh…, comme Noé ne répond pas, voulez vous bien vous présenter ? leur demande-t-elle.
Je sors de ma transe.
« Elle m'avait bien demandé un truc….
Mais… c’est quoi ce sentiment ? »
Je ne peux m’empêcher de fusiller les gamins du regard.
Je voudrais qu’elle me parle à MOI !!
Euh… seulement parce que je suis l’adulte et eux les enfants !
C'est une question de responsabilité ! – et aussi, j’ai pas envie qu’ils racontent que j’ai buté leur parents.
ET OUAIS C’EST ÇA !!
— Moi c’est Ezio, et voici ma sœur, Lio, répond l’ado – me permettant enfin d’apprendre son nom.
Leur interlocutrice leur sourit avant de se présenter.
— Enchanté, petits anges. Moi, je me nomme Ezlya !
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