Chapitre 12.1 « Le début de notre Histoire… »

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Note De l'Auteur : lorsqu'il y'a trois astérisque (***) cela signifie un flash-back et lorsqu'il y'a un petit tiré (-) cela signifie un changement de point de vue.


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La porte d'entrée claqua tandis que Julia la refermait derrière elle. Elle soupira de plaisir à l'idée d'avoir enfin terminé les cours. Pas qu'elle n'aimait pas ça, mais qu'est-ce que ça pouvait être barbant par moments. Perdue dans ses pensées, les petits pas trottinant d'une petite fille l'interpellant par son prénom la ramenèrent à la réalité.


« Julia ! Julia ! s'exclama la voix fluette. »


Souriant de toutes ses dents, Julia se baissa pour prendre la petite fille dans ses bras.


« Oh, ma Lorna, comme tu m'as manqué ! dit-elle, étreignant l'enfant.

- Moi aussi, Julia ! Tu as vu ? J'ai dessiné toute la journée. Tu veux voir ? demanda Lorna, les yeux brillants d'excitation.

- Montre-moi ça, répondit Julia, curieuse de découvrir les chefs-d'œuvre de la petite fille.


Lorna l'entraîna par la main vers le salon où des feuilles de papier couvertes de gribouillis colorés étaient éparpillées sur le sol. Julia s'agenouilla, admirant chaque dessin avec un intérêt feint, félicitant Lorna pour son imagination débordante.


« C'est magnifique, Lorna. Tu es une vraie artiste, dit-elle, alors que Lorna rayonnait de fierté. »


Alors que Lorna continuait de montrer ses dessins à Julia, un homme d’une trentaine d’années entra dans la pièce, regardant tendrement la scène qui s’offrait à lui. Ses yeux brillaient d'une douceur incommensurable, témoignant d'un amour paternel inconditionnel. Il observa un instant le partage innocent entre l'enfant et la jeune femme, avant de finalement rompre le silence qui s'était confortablement installé entre les murs de la pièce lumineuse.


« Lorna, ma chérie, laissa-t-il échapper avec une voix aussi douce que le murmure du vent, ne pense-tu pas que tu devrais laisser un peu ta tante tranquille ? Elle a peut-être d'autres choses à faire, non ? »


Julia se retourna brusquement, reconnaissant immédiatement la voix de son frère. Un sourire éclatant se dessina sur son visage, illuminant ses traits d'une joie évidente. Lorna, quant à elle, tourna la tête vers son père, l'air légèrement boudeur, mais son visage s'illumina rapidement d'un sourire en voyant la figure aimante qui se tenait à la porte.


« Evan ! Qu’est-ce que tu fais là ? s'exclama Julia, se levant pour accueillir son frère. Je croyais que papa et maman devaient garder Lorna. »


Evan s'avança, un sourire tendre ornant son visage, et répondit en déposant un baiser sur le front de sa fille.


« Oui, je suis juste venu récupérer des documents dans le bureau de papa et faire un bisou à ma fille. »


L'atmosphère était emplie d'une chaleur familiale, chacun partageant des regards et des sourires qui témoignaient de liens indéfectibles. Evan se tourna vers sa sœur, les yeux pétillants de malice.


« Et toi, tu ne m'en veux pas de te voler un peu de ton temps avec Lorna ? demanda-t-il, un sourire espiègle se dessinant sur ses lèvres. »


Julia rit doucement, secouant la tête.


« Bien sûr que non, idiot. C’est toujours un plaisir de vous voir tous les deux. Mais dis-moi, comment se fait-il que tu aies du temps libre aujourd'hui ? N'es-tu pas censé être submergé de travail ? »


Evan haussa les épaules, son regard se perdant un instant dans la contemplation de sa fille qui avait repris ses activités artistiques, désormais par terre, étalant ses crayons de couleur autour d'elle.


« Disons que Abi a pris le relais le temps que j’aille cherchais les documents et que je me repose un peu, merci ma femme chérie, souffla-t-il un sourire béat sur les lèvres. »


Julia rigola. Evan aimait vraiment sa femme, il n’y avait aucun doute.


« De plus, je ne pouvais pas manquer l'occasion de passer un peu de temps avec vous. D'ailleurs, Lorna, as-tu montré à ta tante le dessin que tu as fait pour elle ? »


Lorna, entendant son nom, releva la tête, ses yeux s'illuminant d'excitation. Elle se précipita vers une pile de feuilles à côté d'elle, fouilla frénétiquement et en sortit une feuille soigneusement pliée. Elle la tendit à Julia avec un enthousiasme débordant.


« Tiens, Julia ! C'est pour toi ! J'ai dessiné notre famille, regarde ! »


Julia déplia le dessin avec une délicatesse exagérée, jouant le jeu de l'anticipation. Lorsqu'elle vit l'œuvre, un mélange coloré et joyeux de figures approximatives mais reconnaissables, son cœur se gonfla d'amour. Elle enveloppa Lorna dans une étreinte chaleureuse, un merci murmuré à son oreille.


Evan observait la scène, un sourire satisfait jouant sur ses lèvres. La journée s'annonçait remplie de petits moments précieux, de ceux qui tissent les souvenirs d'une vie. Et dans le calme de cette pièce ensoleillée, entouré des rires de sa fille et des conversations légères avec sa sœur, il se sentait profondément reconnaissant pour ces instants de bonheur simple.


***


Allongé dans son canapé, le regard fixé sur le plafond, Ben songeait à la soirée précédente. Un tendre sourire s’afficha sur ses lèvres lorsque les images de son baiser avec Tessa lui revinrent à l’esprit. Il ne savait pas pourquoi il avait agi aussi impulsivement alors que cela ne faisait que quelques semaines qu’il connaissait la jeune femme. Mais une chose était sûre… il n’avait aucun regret. Il le savait, depuis la première fois qu’il l’avait vue, il y a deux mois, il n’y avait qu’elle dans son esprit.


Le silence de son appartement résonnait, contrastant avec le tumulte de ses pensées. Leur rencontre avait été des plus banales, un bref échange de regards à la cafétéria, un sourire timide empreint de curiosité mutuelle. Pourtant, dès cet instant, quelque chose d'indéfinissable s'était noué entre eux.


Ben se leva, marcha vers la fenêtre et observa la rue animée en contrebas. Il repensa à la fois où il l’avait revu à travers la vitre de ce café, et puis au Central Perk. Tessa était arrivée, radieuse, capturant l'attention de tous. Mais dès qu'elle l'avait aperçu, son sourire s'était fait plus intime, comme s'ils partageaient déjà un secret.


Il soupira doucement avant d’attraper le paquet de cigarettes et d’en amener une à ses lèvres en l’allumant. Il jeta un coup d’œil à son téléphone portable lâchement abandonné sur la table basse, comme s’il espérait le voir sonner. Mais rien, pas un bruit. Il soupira à nouveau en repensant à la soirée. Après leur baiser, ils étaient retournés dans le bar, rejoignant leurs amis. Ben se souvint du regard pesant que lui lança Jom, le frère de Tessa. Il savait que très bientôt, il passerait au détecteur du « grand frère surprotecteur de Tessa ». Mais avant tout, il voulait savoir, être sûr si la jeune femme et lui étaient sur la même longueur d’onde.


La fumée dansait dans l’air, alors qu'il laissait son esprit vagabonder vers les événements récents. Leur retour au bar avait été marqué par une ambiance festive, où chacun semblait se délecter de la nuit sans se soucier du lendemain. Les rires, les claquements de verres, la musique assourdissante, tout contribuait à une atmosphère électrisante. Pourtant, Ben ne pouvait s'empêcher de sentir un courant sous-jacent d'appréhension à l'idée de ce qui allait suivre.


Il se remémora la conversation qu'il eut avec Jom, loin de l'agitation, dans un recoin plus calme du bar.


« Alors, c’est quoi ton jeu avec Tessa ? lui avait demandé Jom, le regard scrutateur. »


Ben, pris de court, avait cherché ses mots, conscient de l'importance de sa réponse.


« Je ne joue pas avec Tessa. Je suis sincèrement intéressé par elle, avait-il finalement articulé, espérant que sa franchise transparaîtrait. »


Jom l'avait observé quelques instants, comme pour évaluer la véracité de ses paroles, puis avait hoché la tête lentement.


« C’est ma petite sœur alors fait attention. Ne la fais pas souffrir, avait-il conclu, laissant Ben à ses réflexions. »


Ce moment avait laissé une empreinte profonde sur Ben, conscient du poids des attentes posées sur ses épaules. Malgré l’approbation apparemment obtenue de Jom, Ben ne pouvait s’empêcher de se sentir encore plus nerveux à propos de sa relation naissante avec Tessa. Il souhaitait plus que tout que son téléphone vibre, annonçant un message de Tessa qui dissiperait tous ses doutes. Mais le silence demeurait, aussi lourd que son cœur empli d'incertitudes.


Il écrasa finalement sa cigarette dans le cendrier, tournant la tête vers la fenêtre. Dehors, la ville baignait dans l'obscurité, ponctuée ici et là de lumières qui scintillaient comme des étoiles égarées. Ben se sentait à la croisée des chemins, partagé entre l'espoir et l'appréhension, attendant un signe, un geste de Tessa qui confirmerait que leurs sentiments étaient partagés, que leur histoire ne faisait que commencer. Soudain, il saisit son téléphone, enfila rapidement sa veste et ses chaussures, puis, empoignant ses clés de voiture, il se hâta de sortir de chez lui.



Partie 2 à suivre.

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