Le cadeau
Dans ma chambre, l'ennui me poussa à faire quelque chose d'inimaginable : m'asseoir sur le canapé. Mon canapé. Pas celui du dragon. On resta là, côte à côte, toute la journée. Ni guerre, ni flammes. Une trêve.
Je me suis demandé s'il savait jouer à la console, mais ça... je n'ai pas osé lui demander. Avant de me coucher, je lui ai juste dit :
— Je t'appellerai Flamm, ça te va ?
Il m'a regardé en clignant des yeux. J'ai pris ça pour un oui.
Le lendemain matin, le téléphone me réveilla.
— Ici maître Axor. Vous avez bien reçu le colis ?
— Mouais... mais c'est pas un chat.
— Je sais. Mais ne vous inquiétez pas. Votre oncle vous a aussi légué deux autres animaux.
— Pardon ?
— Un chat et un chien.
— Un chat ? Un vrai ? Et le chien aussi ?
— Bien sûr.
— Et... ils sont vivants ?
— Évidemment.
Le téléphone m'échappa des mains. Flamm était toujours là, immobile. Il me regardait. Il souriait. Tellement, que je voyais ses dents. Pointues.
Je suis resté assis, un moment, dans le silence. Puis j'ai pris une grande inspiration.

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