LV
Pleurer sous la pluie c’est invisible comme
Le poignard planté dans la plaie jà creusée
La braise jetée dans le creuset radiant
Celle-là aussi fuyant mourant le feu
Le flocon froidi sur l’hiver de mes peurs
Un autre grésil dans une autre tempête
Et j’ai beau semer moi des mots sous les ires
La corolle nue, nive de mes pardons
À qui veut l’onire, et la lyre et l’étreinte
Offrir à la Mer des gouttes d’eau diaphane
Gouttes de son eau ; rendre à la Lune éteinte
Un morceau d’obscur, un manteau noir azur
Le monde manège a dans l’être un vertige
Un soleil, un ciel, des regards sans rouages
Que peut bien leur faire un énième mirage ?
Il faudrait du temps ne gravir que le magne
Se sertir les yeux des seuls dignes géants
Ils n’auront pour leurre, alas ! que leurs désirs.
Un grain assoupi dans le lange des dunes
C’est tout un désert en lui dormant, ourdi
Une note un hymne, une lettre un épos
Et des nues et toiles aux trames des Moires
Si sépie l’infime, intangible en silence
L’empyr sans poussière est aussi sans triomphe.

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