Pages noires
Parmi toutes les terreurs qui hantent l'esprit d'un auteur, la page blanche est sans doute la plus banale. Mais ce n'est pas le vide qu'il faudrait redouter, c'est la page noire.
Ce syndrome de la page noire n'est pourtant pas étranger à notre monde. Dès l'Antiquité, les Anciens nous avaient mis en garde : « Distringit librorum multitudo » — la multitude des livres disperse l'esprit : nous perdons la beauté de l'idée pure dans l'abondance inutile des mots.
Il nous faut, à nous les auteurs, apprendre à être élégants sans surcharge, c'est un devoir de politesse envers nos lecteurs. Mais au-delà de la politesse, c'est aussi un devoir envers la Terre elle-même : écrivons peu pour écrire mieux ainsi économiser cette précieuse énergie, la donnée et le CO².

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