Suicide dans la montagne
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Je quittai l'hôtel et je me dirigeai vers le jardin. J'y rencontrai le père Jacob.
- Demoiselle Marie, venez vite !
- Père, avez-vous trouvé M. Bingley ?
- J'ai entendu des cris. Il y a quelque chose qui ne va pas !
Nous allâmes en montagne. Le corps sans vie de M. Bingley gisait sur le sol enneigé.
- Oh mon Dieu... Est-ce que c'est lui...? dis-je.
- Oui, Demoiselle Marie, M. Bingley est mort. Quelqu’un l’a poignardé, déclara Axel.
- C'est du suicide, ajouta Colette.
- Que voulez-vous dire ?
- Il s'est suicidé.
- À votre avis, pourquoi s'est-il suicidé ? dit Victor.
- Il s'est suicidé à cause de moi. Parce qu'il m'aimait.
- De quoi parlez-vous, Demoiselle ? demanda le père Jacob.
- Il m'aimait, et c'est pour ça qu'il s'est suicidé.
- Nous ne comprenons rien.
- Car je ne l’aimais pas et il n’en pouvait plus, alors il s’est suicidé. J’en suis certaine.
- Il fait un froid de canard. Retournons à l'hôtel et discutons-en là-bas, dit Axel.
- Oui, nous ne sommes d'aucune aide pour M. Bingley actuellement, affirma Victor.
- Vas-y, pendant que je cherche des indices ici, dis-je.
- Je resterai avec toi, Mme Hebert, déclara le père Jacob.
Les autres partirent.
- Père, je ne crois pas que M. Bingley ait pu se suicider.
- Oui, cela me paraît étrange aussi. Mais que devons-nous faire ?
- Je ne sais pas. Il n'y a rien de suspect ici. On devrait vérifier dans le jardin.
Nous sommes venus dans le jardin. Je sentis la présence de quelqu'un.
- Il y avait quelqu'un ici, dis-je.
- Comment le saviez-vous ?
- Vous voyez les mégots de cigarettes partout ? Ils sont tout frais.
- Exact.
- Est-ce que M. Bingley fumait ?
- Oh oui. Il est… était… un grand fumeur…
- C'était donc probablement lui. Regardons autour de nous.
Je trouvai un disque rayé par terre.
- Regarde ce que j'ai trouvé, dis-je.
- Qu'est-ce que c'est ?
- C'est très intéressant. Un disque de La Scala.
- Ce n’est pas intéressant. Beaucoup de disques sortent à Milan.
- Regardez ça.
- Chanteur principal : Mikhail Petrovitch. Notre Mikhail ?
- Oui. Et je crois que ce disque n'est jamais sorti.
- Qu'en penses-tu, Demoiselle Marie ?
- Je n'en suis pas certaine, Père. Mais je suis sûre que tous ces événements sont liés.
- Retournons à l'hôtel.
Nous retournâmes à l'hôtel.
- Mes dames et messieurs ! Comme vous le savez, M. Bingley a été retrouvé mort. Un couteau planté dans la poitrine, annonça Axel.
- Oh mon Dieu ! s'écria le professeur Michel.
- Certains pensent qu'il s'est suicidé… poursuivi Axel.
- Il l'a fait ! cria Colette.
- Vu le nombre de morts subites récentes, je n'en serais pas si sûr, nota Victor.
- Que saviez-vous, Monsieur Victor ? demanda Axel.
- Eh bien, le docteur Jean a été abattu, mais il n'avait pas d'arme. À votre avis, comment est-il mort ?
- La situation est désormais très grave. Nous n’arrivons pas à joindre la police et devons donc mener l’enquête nous-mêmes, ajouta Axel. Quelqu’un a-t-il remarqué quelque chose de suspect hier soir ?
- Les lumières se sont éteintes... déclara le père Jacob.
- Nous savons que… Quelqu’un a-t-il remarqué autre chose d’étrange ? poursuiva Axel.
- Non, rien du tout, Monsieur Axel. Je dormais comme un bébé, répondit Mikhail.
- Très bien, une autre question : est-ce que tout le monde est resté dans sa chambre toute la nuit ? demanda Axel.
- Oui, affirma le professeur Michel.
- Où aurais-je pu être d'autre ? dit le père Jacob.
- Oui, confirma Victor.
- Tu es sûr, Monsieur Victor ?
- Oui, Monsieur Axel.
- Après ma promenade du soir, je ne suis plus sortie de ma chambre, dis-je.
- Et vous, Demoiselle Colette ? questionna Axel.
- Pardon ? Quelle était la question ?
- Avez-vous passé la nuit dernière dans votre chambre ?
- Quoi ?! Bien sûr que oui !
- Non, non, Demoiselle Colette, je vous en prie. Je ne voulais rien dire de mal, je suis désolé.
- Ridicule !
- Et vous, Monsieur Mikhail ?
- J'étais… dans ma chambre. Après quelques tranches de viande et un verre de vin, j'étais dans ma chambre. Oui, j'étais dans ma chambre.
- Très bien. Donc tout le monde était à l’intérieur, et pourtant M. Bingley est mort.
- Alors, que faisons-nous maintenant ? questionna Colette.
- Essayez de rester ensemble, répondit Axel.
- Monsieur Axel a raison. Je vais dehors vérifier deux ou trois choses. Qui veut m'accompagner ? dis-je.
- Puis-je me joindre à vous ? me demanda Colette.
- Bien sûr. Retrouvez-moi près de la cave, affirmai-je.

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