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Dans l'encadrement de la porte, Elisabeth s'apprêtait à pénétrer dans la ruche journalistique. Les ouvrières s'activaient en tous sens autour de leur reine de feu. Au centre de la pièce, près d'une longue table, elle donnait des ordres d'une voix puissante et sûre. Du bout de sa plume violette, elle corrigeait, rayait, entourait les textes qu'on lui proposait. Elle organisait la prochaine parution de la revue universitaire, qui devait sortir en fin de semaine.
Les épaules rentrées, la tête basse, une pochette serrée contre la poitrine, Elisabeth s'avança dans le lieu grouillant. Malgré toutes les précautions prises, elle percuta un jeune stagiaire qui se précipitait vers l'imprimante de compétition. La jeune femme baragouina une rapide excuse puis continua jusqu'à la souveraine.
– Bonjour Diana, salua-t-elle assez fort pour que la rédactrice en chef l'entende.
La nommée se retourna vivement, sa chevelure auburn virevolta un instant dans les airs.
– Eli, je suis contente de te voir, s'enthousiasma-t-elle avec un large sourire.
– Moi aussi.
– Dis-moi que tu as les clichés des nouveaux jardins du campus, ajouta Diana en posant son regard bleu électrique sur la photographe.
– Elles sont ici, rassura Elisabeth en agitant la serviette.
– Tu es la meilleure !
Diana prit le dossier et commença à examiner les différentes prises de vues. Passant d'un pied sur l'autre, la brunette attendait le verdict. La lèvre inférieure mordillée, elle ne quitta pas des yeux les précieuses images.
– Comme d'habitude, je vais avoir du mal à choisir, lâcha la journaliste. Eli, tes photos sont superbes !
Le rouge lui montant aux joues, l'intéressée ne sut quoi dire face à de tels compliments.
– Encore merci pour ton aide. C'est un plus non négligeable pour le journal.
– Ce n'est pas grand-chose...
à ce moment précis, on poussa Elisabeth pour remettre une feuille à Diana. Sans tarder, elle la parcourut, puis remania certains passages. Une énième note arriva pour la chroniqueuse. Se sentant en trop, Elisabeth décida de se retirer. Elle récupéra sa pochette et alla partir lorsque la rouquine la retint par le bras.
– Mercredi, je dois interviewer un nouveau professeur. Tu voudrais bien m'accompagner pour faire son portrait ?
– À quelle heure ?
– 14 heures en salle des professeurs.
– Tu peux compter sur moi, valida Elisabeth.
– Super ! Alors à mercredi.
Sur ses dernières paroles, Diana se remit au travail. La pigiste, quant à elle, l'observa un instant, puis quitta la pièce bruyante.

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