Le repos
Messieurs, voyez comme l’homme se livre à la nuit. Ce n’est point-là faiblesse ni
paresse, mais l’art secret de se délester des heures et du fardeau existentiel.
Il s’abandonne, que dis-je, non point pour fuir le labeur, mais pour mieux renaître au
matin, comme l’enfant qui, rassasié de jeux, tombe dans les bras d’un sommeil
candide. Ne vous y trompez pas : ce repos est un témoignage.
Car l’âme, lorsqu’elle se retire un moment de la rude mêlée du monde, ne trahit point
son devoir ; elle se ressource, elle s’élève, elle goûte, en silence, la splendeur discrète
que le ciel dispense, s’offrant tout entier à la douceur des songes.
Son corps s’assoupit, certes, mais son esprit demeure vigilant, gardien fidèle de son
essence, comme si, dans le sommeil même, il veillait à ne point se perdre.
Et voilà, mes amis, le grand miracle du monde des Hommes : l’adulte redevenu enfant
un instant, l’homme sérieux qui trouve dans ce retour à l’innocence, non pas un
refuge honteux, mais une victoire paisible sur le tumulte des jours, avant les
lendemains de guerre.
Fred kenny fotso

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