L’âge
Parfois, je ferme les yeux et je sens le monde se transformer. Les murs de ma
chambre deviennent ciel et océan, les rayons de soleil traversent les stores comme
des faisceaux de lumière sur scène.
Chaque souffle est une bande-son, chaque battement de cœur un tambour qui marque
l’heure des décisions que je n’ose pas prendre. Les souvenirs de jeunesse flottent
comme des personnages secondaires qui murmurent à mon âme ce que j’ai été, ce que
je n’ai pas fait, ce que je devrais encore devenir.
Je marche dans ma vie comme dans un plan dessiné par un artiste discret : les
couleurs sont trop intenses pour être vraies, et pourtant je les ressens. Chaque regret
pèse comme une pluie fine, chaque espoir éclaire une silhouette perdue dans la
brume. Je voudrais que le temps ralentisse pour sentir chaque instant, comme si les
secondes étaient des frames où je peux toucher ma propre histoire.
Mais les jours passent, inexorables, et mes ambitions, mes peurs, mes remords
s’entrechoquent dans une scène sans montage. Et pourtant, je continue. Je continue à
respirer chaque plan, à écouter chaque souffle, à reconnaître dans les ombres et la
lumière ce que je suis vraiment.
Pas seulement un personnage animé, mais moi, ici et maintenant, avec tout ce qui m’a
fait tomber trop tôt dans la coupe des grands, et tout ce qui me pousse à vouloir me
relever, continuer, vivre comme si chaque jour méritait son générique.
Fred kenny fotso

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