Le prétendant du bal
C’était une aurore, un battement clair dans l’ombre des jours. Comme si le monde,
d’un coup, avait tendu son arc de lumière pour percer son cœur. Il l’aperçût, elle, non
pas simple figure humaine, mais fil tissé dans sa trame, source d’un chant ancien que
seul Orphée aurait su dompter.
Chaque geste d’elle semblait note, chaque sourire, sonate. Et lui, maladroit, se rêva
Mozart des âmes, poète des cœurs nus. Il croyait être roc, alpha de ses nuits, mais
devant elle, il vacillait, comme l’enfant devant sa première flamme, ébloui, consumé,
heureux de brûler.
Elle tissait ses mots comme Pénélope, patiente, subtile, tandis que lui, dans sa
fougue, cherchait à la conquérir comme on arrache un secret aux étoiles. Mais alors,
ce n’était point bataille : c’était une danse, une symbiose pure, un fil invisible les
liant, tel l’air et le souffle, le ciel et la mer, le poème et sa rime.
Il se dit alors : « peut-être que l’amour n’est pas d’être maître, mais d’apprendre à
plier son orgueil au rythme d’un cœur étranger » Et c’est ainsi que dans ce
renoncement naquit sa victoire, car l’alpha qu’il croyait être se découvrit homme,
tremblant et vrai, offert tout entier à sa duchesse de lumière.
Leurs cœurs chantèrent la même chanson, un hymne d’espoirs, un chœur de rêves
oubliés. Si seulement leurs rêves s’accordaient, alors ces âmes danseraient ensemble,
au-dessus des tempêtes, loin des pluies grises de la vie, sans ignorance de cette
mélodie cachée au creux, sans avoir peur du rejet.
Fred kenny fotso

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