L’instant d’un désir

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Je regarde les femmes avec des yeux d’homme en construction, et déjà je me méfie de mon regard. Car il glisse d’abord là où la lumière frappe : les courbes, la peau, les fragments offerts au monde comme des vitrines. Et je me demande si je vois une personne ou si je vois ce que l’époque m’a appris à voir.


Aujourd’hui tout est exposition, commentaire et jugement. Et au milieu, il y a elles.Celles qu’on accuse d’être trop libres ou pas assez pures. On dira que l’homme domine et que la femme séduit, mais que ressent-on quand son corps devient débat public ?, quand chaque vêtement devient un verdict ? Je sais aussi que certaines femmes jouent avec le pouvoir de leur image : Et c’est peut-être la raison qui justifie la présence des Incels, MGTOW, Féminisme radical, Patriarcat...


Toutes ces étiquettes. Pourtant la vérité ne tient pas dans un simple slogan, elle est plus inconfortable. Parce que oui, certaines manipulent. Oui, certaines exploitent. Oui, le sexe est devenu marché. Oui, la morale vacille. Et soudain je comprends quelque chose : aucune femme n’est une statue. Aucune n’est une sainte. Aucune n’est un symbole, mais elles sont humaines et l’humain n’est ni pur, ni corrompu par essence.


Mais le monde, lui, a un appétit étrange. Il pardonne à l’homme sa nudité. Il excuse sa brutalité au nom de la nature. « C’est un homme », dit-on. Mais une femme qui ose devient excès, provocation, scandale. Si elle montre trop, elle est pervertie. Si elle cache trop, elle est invisible. Si elle séduit, elle manipule. Si elle refuse, elle humilie.


Au fond de cette ère bruyante, il y a surtout cette immense confusion qui me pousse à me dire avec une honnêteté presque coupable que je n’aurais jamais voulu naître femme, ni homme incapable d’aimer sans posséder. Peut-être que la question n’est plus : « Que sont les femmes ?, car ce terrain me semble trop vertigineux, mais : Quel regard suis-je entrain de poser sur elles ? » Et si la morale n’est pas morte, peut-être est-elle simplement à reconstruire. Non contre elles. Non contre nous. Mais entre nous.


Fred kenny fotso

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