La fin est toujours triste

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Nous pensons souvent, et à raison, en partie, qu'une histoire doit toujours se terminer, mais il n'y rien de plus triste qu'une fin. Ceci s'applique à tout, écouter votre musique préférée, disons que cette chanson est Would you Rather Be de la chanteuse Crusher P. Cette chanson, est elle joyeuse ? Elle est " triste " ? Ni l'un ni l'autre évidemment, en réalité, la seule chose qui est triste dans cette chanson, c'est sa fin.
Faisons une pause brève, imaginez vous le héros parfait. Un homme, bien sûr, les héros sont presque toujours des hommes. C'est en tout cas le cas chez les humains, et ça s'explique aisément, la force physique d'un homme est presque toujours supérieure à celle d'une femme, mais ce n'est pas le sujet. Est-il grand ? Petit ? Blanc ? Noir ? Bleu peut être, quelle importance ? Ce qui est important chez un héros, c'est qu'il inspire les gens, mais surtout, le plus important, c'est sa mort. Sa fin. Le dénouement de son histoire.

Imaginez ce héros combattre un être monstrueux et venu détruire le monde. Imaginez une grosse créature verte, avec des tentacules, et plusieurs paires d'yeux... Oh ! Il possède également trois bouches, une sur son visage, évidemment, ne soyons pas ridicule. Et une dans chacune de ses paumes de mains. Il a également des ailes, de larges ailes aussi vertes que son corps et chaque fois qu'il bat de ces ailes, des tornades se lèvent. Un monstre terrifiant... Rajoutons à ce monstre une autre tête, identique à la première, ça fait toujours peur les trucs avec plusieurs têtes.

Que ferait notre héros face à une bestiole pareille ? Il s’y opposerait bien sûr, il dirait sûrement quelque chose du genre :

“ Monstre venu d’ailleurs ! Ton heure a sonné ! Moi...”

Tiens, comment s’appelle-t-il ? Nous ne lui avons pas trouvé de nom... Prenons Crusher, comme la chanteuse, vous vous souvenez bien sûr ! Je reprends.

“ Montre venu d’ailleurs ! Ton heure a sonné ! Moi, Crusher, vais t’écraser et sauver mon peuple ! “

Remarquez l’humour de notre héros, c’est aussi ça un héros, il doit sourire et faire des blagues pour donner de l’espoir aux gens, et celui-ci semble particulièrement efficace. Les gens autour de lui rient à sa blague et se réjouissent de le savoir là, ils sont convaincus qu’ils survivront, et à raison. Mais ils ignorent la fin de ce récit.

Le combat s’engage entre les deux monstres de puissances. Crusher prenait le dessus et la bête ne semblait pas capable de contenir les assauts du héros, il était définitivement invincible, hors de sa portée. À chaque coup, la bête reculait un peu plus, à bien y réfléchir, elle ressemblait de plus en plus à une bête effrayée. Un vulgaire animal qui cherche à se nourrir et qui se fait chasser. C’est aussi une chose récurrente dans les histoires des humains, vous combattez toujours avant d’essayer de comprendre. Cette créature, si terrifiante qu’elle était, connaîtrait bientôt sa fin. Son dénouement. Aux mains de cet homme puissant, ce symbole de vertu. D’un coup-de-poing bien sentit, le héros arracha l’une des têtes du monstre, remarquez sa force, et il brisa le crâne de l’autre sous la semelle de sa botte. Crusher l’avait écrasé, c’était indéniable. La pauvre bête s’écrasa au sol dans un hurlement de douleur.

Mais ce n’était pas la fin, bien sûr que non. Cette bête était un prédateur, mais il chassait en groupe. Il s’agissait d’une mère, qui chassait pour nourrir ses enfants. Le corps de la créature se mit à gonfler à une vitesse folle. Crusher comprit rapidement qu’il devait agir, et vite. Il plongea sur la bête et, rassemblant toutes ses forces dans un dernier effort herculéen, il souleva son cadavre au-dessus de sa tête. La bête était lourde, bien plus lourde qu’elle n’avait l'air de l’être de son vivant. Il était incapable de jeter le monstre au loin, mais il pouvait le transporter. Sa cape rouge (les héros ont toujours une cape rouge.) se mit à onduler avec le vent, et enfin, il décolla. Mais la bête n’avait pas fini de grossir, et plus elle grossissait, plus Crusher pouvait sentir la fin arrivée. Les humains sont des idiots, et ils sont parfois ingrats, mais certains d’entre eux, peuvent faire preuve d’une incroyable abnégation quand les situations l’exigent. Il s’envola aussi haut qu’il le pouvait, traversant les nuages et bientôt la stratosphère, il l’avait déjà fait bien sûr, l’espace le connaissait, mais cette fois, c’était différent. Il n’avait pas le temps de redescendre. Dans un dernier moment de clarté, il repensa aux paroles de son cher ami George.

“ Tu es un héros Paul, un héros comme dans les comics américains, tu peux être fier ! “

Il riait en se remémorant ce souvenir. Non, il n’était pas un héros. Les Héros sauvent des vies, ils n’en prennent pas. Mais il espérait, au fond de lui, que ses actions pourraient peut-être inspirer quelqu’un. Qu’un jour, quelque part, dans le futur peut être, quelqu’un en deviendrait un en pensant à lui. Il ne serait jamais un héros, mais il pourrait être la raison pour laquelle un héros viendrait au monde, un jour, dans le futur.

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