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René se planque sous la table, avec les cacahuètes et les gâteaux moisis, Raymond cherche son arquebuse, et Conardus appuie frénétiquement sur son avant-bras sans s'apercevoir qu'il se trompe de membre. Bref, nos trois héros n'en mènent pas large.

Pour les deux anciens combattants qui ont sévi sur tous les terrains hostiles du monde, ce n'est pas très glorieux, c'est vrai. Et si on se penche sur le cas du voyageur interstellaire, découvreur de mondes souvent dangereux, on se retiendra de tout commentaire désobligeant. Mais quand même, imaginez leur position : la maison est plongée dans le noir, il pleut à verse, un orage s'est ancré juste au-dessus d'eux, et on frappe à leur porte en pleine nuit. Et le ciel craque !
Le dentier de René aussi.


Puis les coups redoublent à la porte. Raymond tourne la tête vers Conardus. Il est temps de se reprendre un peu, semblent-ils se dire. Alors il se lève lentement, à cause de ses rhumatismes surtout, et se dirige vers l'entrée. Quelques pas qui mènent peut-être du bonheur à l'enfer !
Quand il pose la main sur la poignée, il ne peut s'empêcher de lever les yeux au plafond en soupirant un grand coup. Allez, il ouvre d'un coup sec !

Dehors, dans un délire de foudres et d'éclairs aveuglants, et sous une pluie battante, un être attend.
Raymond fronce les yeux, écartelé entre l'envie de fuir et la curiosité de savoir. Le truc devant lui est petit, plutôt gros, voire très gros. Un cercle presque parfait, à vrai dire. Et couvert de poils, semble-t-il. Une grosse boule de poils, donc. Et qui pue pas mal, aussi. Et ça respire, ou plutôt, ça vrombit comme un V12 Ferrari. Un modèle qui aurait besoin d'une sérieuse révision, toutefois.
Raymond se perd en questions, bien sûr. Il s'approche un peu, domine la chose d'une bonne tête. Courbé vers le truc inconnu, il hésite. Et c'est à cet instant que revient la lumière.
Et que voit Raymond ?

Ben... Il en reste un peu sur le cul. Alors qu'il pensait à tout, et surtout à n'importe quoi, voilà que se présente la dernière personne imaginable pour lui sur le perron. Il pense d'abord mal voir, n'être que le fruit d'une hallucination venue de son absence d'alcool dans le sang, mais la chose devant lui ne bronche pas d'un poil. Pourtant, les poils...c'est pas ce qui manque !

  • Bêêê...fait-il enfin, à court d'argument.
  • Salut, beau brun ! susurre une voix un peu rauque.

Agathe !

A suivre...

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