Félicité
On frappe à ma porte en ce jour triste de décrochage polaire ; on se pèle carrément après avoir suffoqué pendant une semaine.
Personne ne toque d’habitude, parce qu’il y a une sonnette. C’est une maison moderne. Mais bon, il y a toujours des gens originaux.
J’ouvre et je me trouve devant… Mais nan… Une bombasse ! Chez moi ?!!! Une coquine, toute mimi, toute pomponnée, emballée façon gâteau qui sort de la boulangerie que tu es impatient de déguster… avec le sourire qui va bien. Un miracle ! Une improbabilité quantique absolue. Il y aurait une entité qui aurait eu le bon goût d’exaucer le vœu de Lorenzo ? Serait-ce possible ?
— Bonjour, je m’appelle Félicité, c’est Milia qui m’envoie frapper à ta porte.
— J’aime beaucoup… ce que je vois ! Attends… tourne… Ouah… BABABA… Ça me tue…
— Je te plais ?
— Je vais crever… C’est possible coucher avec toi ? Ne le prends pas mal, parce que si c’est pas possible, file, ce serait une frustration inhumaine, genre sadique, une cruauté envers l’homme, envers le pauvre Français qui se morfond… Tu me comprends, hein ?
Elle me toise, m’inspecte, s’attarde un peu ici et là, fait une moue adorable, papillonne de ses yeux de biche avec les cils Loréal (elle le vaut bien).
— Bah, pourquoi pas… Elle m’a dit, tu toques à sa porte… Après… C’est selon.
— Bon, t’as tes papiers d’identité, carte vitale, assurance, justificatif de domicile, mutuelle ? J’appelle mon avocat pour qu’il me ponde un contrat en béton. Tu comprends dans le contexte actuel… Avec toutes ces affaires sordides… Faut sortir couvert.
— T’es un pro, toi… Tu m’impressionnes… Tu penses à mon petit cadeau, mon chou ?
— Bah, faut connaître un peu la loi quand on est une racaille, c’est indispensable. Ça va me coûter une blinde, ce réconfort… Soyons fous… J’ai trop besoin.
— Faut ce qui faut dans la vie, non ?
— Certes… Marche un peu que je vois… Félicité, ma chère, tu portes bien ton nom…
Oh Oh ! Stop ! Temps mort ! On arrête tout !
Hein ? Quoi ? C’est quoi ce binz ?!
C’est pas Félicité, connard ! C’est FINALITÉ ! Tu sais pas lire ? Obsédé ! Vicieux ! Satyre !
On m’aura tout fait dans cette vie ! On m’aura tout pris, mon fric, mes rêves, mes espérances, même tout ce que je n’ai jamais eu... La vie ne vaut pas la peine d’être vécue.
Voilà la finalité.
C’est abusé !
Bzzzz !

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