La plus grande frayeur d'une vie

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On est en voiture, on revient de la plage. Mon maillot encore humide sous mon tee-shirt me gèle les entrailles, faute à la clim !

— Dis Mami, raconte-moi le jour qui t’a fait le plus peur de toute ta vie, lui demandais-je.

Elle réfléchit quelques secondes, puis commence son récit :

« C’était un jour d’hiver glacial, le sol avait gelé. Je revenais de la piscine. Vois-tu, ta grand-mère était très occupée, veuve, seule pour élever trois enfants, donc je faisais tout toute seule. J’avais commencé la piscine pendant les vacances et j’étais rapidement devenue la meilleure. Le maître-nageur m’avait montée à Paris et m’avait inscrite dans un des meilleurs clubs de France.

Donc j’avais commencé à nager pendant les vacances et je ne m’étais pas arrêtée. Tous les soirs, en sortant du collège, je prenais le bus pour aller à la gare, puis le train, puis un autre bus qui m’emmenait au club. Le soir, je terminais et le soleil avait depuis longtemps décliné.

Ce jour d’hiver, c’était un mardi. J’avais pris le bus, le train et j’étais dans le dernier bus. J’étais assise, lasse, quand j’ai remarqué cet homme assis deux rangées devant moi, en face. La tête inclinée vers la droite, il me regardait de temps à autre.

J’étais épuisée. Il ne restait bientôt plus que cet homme et moi dans le bus. On était arrivés à mon arrêt et j’étais descendue avec un mauvais pressentiment. Je me fiais à mes sens.

Je commençais à marcher. Pour rentrer à la maison je devais parcourir deux rues tout droit, puis tourner à gauche et j’habitais à l’angle de la ruelle suivante. Mes pas claquaient contre le sol gelé. J’avançais, d’abord lentement.

J’entendais les pas de l’homme derrière moi contre le sol gelé. J’accélérais le pas sans me retourner. Les pas de l’homme aussi accéléraient.

Ne pas se retourner.

L’angoisse montait à ma gorge. Le doute n’était plus permis. J’accélère encore : lui aussi.Ses pas résonne et cet echo je ne pourrais jamais l'oublier...Et au virage, quand il ne me restait plus qu’une rue, je me mets à sprinter. Je cours. Je cours le plus vite que j’en suis capable et j’entends résonner derrière moi le tintement des pas de l’homme qui courait maintenant lui aussi.

Je suis à bout. J’ai tellement peur. Je sens mes cheveux encore mouillés de la piscine se geler avec la vitesse de ma course.

J’arrive devant la porte du garage, haletante. Il n’est pas loin derrière. Je passe la clé. La tourne. Ouvre la porte.

Je sens un coup violent dans mon cou. La douleur se diffuse dans mon corps. Puis un second coup dans le dos.

J’entre. Je ferme la porte. Tourne la clé. Et je cours dans l’escalier pour monter à l’étage, pour m’éloigner de l’homme. »

— Tu n’as pas vu son visage ? lui demandais-je.

— Non, je n’ai jamais su qui c’était, mais je t’assure que sur le moment je n’ai pas cherché à voir le visage de l’homme qui voulait me faire la peau.Maintenant, avec l'âge, j'ai de plus en plus mal au cou et au dos.Tu sais je n'ai jamais raconté cette histoire à ta grand mère pour ne pas l'effrayer.J'ai arrêter d'aller nager et elle n'a jamais compris pourquoi.Le clubs avait continué à m'envoyer du courrier pendant plusieurs années pour que je revienne...

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