Fin heureuse

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Il me faut conclure mon livre. Une fin malheureuse ne m’intéresse nullement.

Je mets à profit les enseignements de la programmation neurolinguistique. Je peux recadrer mes objectifs, et je vais m’y appliquer.

Je sais que la justice, la vraie, n’existe pas chez nous. Voilà ma faute. J’ai longtemps cru ce que l’on me racontait. Or, ce n’étaient que des paroles, pas la réalité. Je dois assimiler le contexte dans lequel je vis, et ne pas aller contre l’impossible.

Je pense à nouveau à cette notion de « conscience ». Je ne sais pas à quel moment elle est apparue chez l’homme, lorsqu’il s’est séparé de l’animal, de son ancêtre singe.

Dans l’Ancien Testament, après la métaphore de la création du monde en sept jours, lorsque Adam et Ève sont chassés du Paradis, ils viennent d’atteindre la conscience, ou une première conscience : ils sont nus. Avant d’avoir croqué dans le fruit défendu, ils vivaient en harmonie. Puis ils ont acquis, est-il prétendu, la conscience du bien et du mal.

Je m’interroge : comment pouvaient-ils savoir qu’être nu ne serait pas bien, si ce n’est par la fabrication d’une notion abstraite ? Parce que le serpent qui les a tentés leur a préalablement affirmé qu’ils atteindraient cette connaissance. Ensuite ils ont mangé le fruit et leur esprit a décidé que la nudité leur était néfaste. Elle ne l’était pas auparavant, pourquoi le serait-elle après ?

Dieu prétend les punir en les envoyant sur Terre. Leur tourment m’apparaît initialement lié à leur esprit, à cette notion erronée de conscience.

La conscience nous est utile quotidiennement, à la condition qu’elle ne nous aliène pas et qu’elle ne porte que sur des futilités. Je maintiens une plus grande confiance dans notre inconscient. Le reste ne consiste qu’en des mots creux.

Je vais reprendre une existence plus calme. Je poursuivrai mon affaire, mais plus lentement, beaucoup plus lentement, sans lâcher prise, juste en sachant qu’à terme je parviendrai à mon objectif.

Aujourd’hui je recadre mon action. Je reprends mon travail, ma programmation informatique.

Je n’abandonne pas l’idée de poursuivre ces policiers qui participent au système dans lequel je me trouve.

Je me fixe un critère vérifiable pour savoir quand j’estimerai que mon affaire est résolue : je décide de ne plus me couper les cheveux jusqu’à ce qu’au moins un de ces policiers passe devant un juge.

Avoir les cheveux longs va devenir pour moi une contrainte, peu importe. Ce n’est non plus pas très joli pour un homme, sauf si je m’accorde le style d’un hypnotiseur.

Ce critère nouveau, de cheveux longs me guidera, me rappellera que mon affaire n’est pas réglée. Ce sera le futur.

Pour l’instant je profite du fait que les mots ne reflètent pas forcément la réalité.

Peut-être que cette histoire serait fausse. Peut-être aurai-je rêvé qu’on me voulait du mal. Sur la Toile je ne retrouve pas le nom de Ricardo. Il n’a probablement jamais existé. Les prétendues défaillances de notre système politico-judiciaire pourraient n’être que des impressions, subjectives, auxquelles il convient de ne pas accorder trop d’importance. Quant à l’hypnose, il n’est pas prouvé qu’elle existe : certains parlent d’une éventuelle complicité entre les volontaires, des comédiens, et l’hypnotiseur. Peut-être tout cela ne serait qu’un rêve, duquel il m’est facile de m’extraire.

Grâce au pouvoir des mots, j’ai toujours la possibilité de rédiger n’importe quoi, et en l’occurrence ce qui me fait plaisir.

Je m’autorise à écrire les mots « une fin heureuse ». Je m’arrête là.

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