04h36

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Ses doigts guident avec fluidité la pointe d’une plume sur le papier jauni du livre.

Sa queue de cheval effleure sa nuque lors de ses petits mouvements de tête.

« Firinus est ton nom savant, mais firin est bien plus commun. »

Doucement son geste s’arrête et elle réajuste ses lunettes sur son nez fin.

Linda rédige une fiche entomologique sur le firinus et semble y ajouter un poème.

« Minuscule insecte nocturne, volant haut dans le ciel. »

« Tu éclaires nos nuits telle la lune, mais te cache du soleil avant même son lever. »

« Pourtant, aucune température ne te gêne. »

Sa main porte la pointe dans l’encrier, puis reviens sur la page en chanvre.

« Cher ovipare si mignon, c’est toujours agréable de te rencontrer. »

« Surtout quand ensemble… »

« Vous jouez cette douce mélodie qui nous fait rêver et vous permet également de communiquer. »

Alors qu’elle se frotte la nuque, certaines caractéristiques me rappellent la luciole…

Il y a également les buprestes et les cicindèles champêtre qui me viennent à l’esprit.

Le firin est certainement issue d’un couplage génétique réalisé en laboratoire…

Sûrement dans un but écologique avec les avancées sur la transgenèse.

Son écriture reprend avec soin.

« Quand tu te nourris, les plantes t’en remercient. »

« Elles aussi mangent bien, c’est votre lien commun. »

Linda adopte un air songeur.

Selon moi le firin est certainement conçu pour gérer la pollution lumineuse…

Il y a également le renforcement des plantes via un lien symbiotique nutritionnel.

Quelqu’un nommait cela la chaîne alimentaire à double sens…

Impossible de me rappeler qui en parlait même si le prénom de Mirina me semble important.

La pointe de la plume se remet à gratter le papier.

« Tu as six pattes, quatre ailes, une paire d’antennes, deux yeux noirs, le tout sur un corps allongé. » « Ta couleur oscille entre bleu et vert, écarlate pour ta reine, une pointe fine termine ton abdomen. »

« Cher ovipare d’une année, je te souhaite une bonne journée. »

Elle relève son regard sur le jeu d’ombres et de lumières produit par la flamme de la lampe à huile.

Celle-ci éclaire la pièce modeste aux fenêtres closes.

Chaque mur est rempli d’étagères pleines de livres.

Au centre, les chaises sont rangées sous les tables pour offrir un espace dégagé et spacieux.

Écrire m’offre l’incroyable liberté des possibles, car la plume est mon reflet et rien ne l’entrave.

Sa bouche s’étire dans un long bâillement, puis elle tire ses bras en avant.

Je me demande si Michel apprécie le livre que je lui ai offert hier.

D’ailleurs, j’espère que les révisions de Mizuki vont lui servir.

Il y a des chances pour qu’elle en ait oublié une partie.

Linda sourit, puis s’étire encore.

Allez, j’ai encore du travail.

Ses sensations s’effacent avec cette pensée et mes perceptions se connectent aux sens de Michel.

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