06h52
La seconde où cette impression de disparaître m’a touché vient de la fusion des consciences.
C’est comme s’endormir en restant pleinement conscient d’être l’autre.
Ce phénomène, sans aucun doute est relié aux Eien.
Mizuki en est donc bien une…
Du moins à moitié… Serait-elle née biologiquement et non en laboratoire ?
Ce serait fascinant, mais aussi effrayant pour ce monde.
Dans tous les cas, la chambre de Kenji m’est déjà familière.
C’est une pièce simple peu décorée.
Sous la fenêtre au centre se trouve un grand lit où il dormait autrefois avec Émilie.
Tous deux partageait la petite étagère sur la gauche.
Il est assis à ce bureau en noyer sombre qui était à Matthew, et verse quelques larmes discrètes.
Après un court moment, son sourire revient pendant qu’il lit une vieille lettre jaunie à voix basse.
Mon cœur, sache que je comprends que tu aies accepté cette mission pour le bien de Hanakaze.
Sache que pour le moment tout va très bien au village, malgré la fuite récente de mon père.
Mon ventre grossit encore, notre fils n’est pourtant pas du genre violent.
Michel ne m’a bizarrement jamais donné de coup de pied, étrange n’est-ce pas ?
Yumi en est perturbée et j’aime voir sa tête incrédule quand elle m’examine.
Kuroki est arrivé il y a peu, contente que tu as fait venir un telle forgeron.
J’apprécie aussi beaucoup Annie et Henri, merci d’avoir ramené des gens tellement talentueux.
Je protégerai notre enfant qui va bientôt naître, mais si je ne survis pas à l’accouchement.
Je veux que tu l’élèves pour qu’il puisse me succéder afin de protéger ce village que j’aime tant.
Je sais que c’est difficile pour toi d’abandonner ton rêve d’aventurier.
Cependant, je suis heureuse que tu sois prêt à le faire pour moi.
Quand tu reviendras, après ta quête, reste avec moi pour toujours.
Je serai ainsi une femme comblée.
Signée, Émilie, celle qui t’aime.
— Pour toujours mon amour.
Il exprime un baiser léger.
— Je t’aime et ceci ne changera jamais.
Il pose une main sur son cœur.
— Je le jure sur mon cœur.
Il replie délicatement la lettre. Puis la range soigneusement dans un tiroir.
Ça fait déjà quinze ans, l’anniversaire de Michel me le rappelle chaque année.
Le jour de ton décès, celui de sa naissance… Je t’aime et j’aime notre fils.
Ses sensations s’effacent et mes perceptions se connectent aux sens de Linda.

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