07h44
Le goût sucré de la brioche est très prononcé alors qu’elle prend bien le temps de mâcher.
Sa main droite saisit le verre de jus d’orange, puis le porte à ses lèvres.
Le liquide doux envahit ses papilles avant de descendre dans sa gorge.
Ses lèvres sont largement étirées alors qu’elle se lève de table.
Je ferais mieux d’aller aux toilettes…
D’un pas calme, elle quitte la cuisine et longe le couloir.
Sa main se pose sur la poignée, la porte s’ouvre en grinçant légèrement.
Devant elle, se trouve une chaise percée.
Elle baisse son pantalon et sa culotte, s’assoit avec calme.
Sous ses fesses se trouve un tissu doux.
Le coussin est vraiment confortable, grâce à ça, je ne sens pas le contact du bois.
Sous le sol un souffle rauque résonne, tandis que ses jambes s’agitent. Elle lève sa tête en direction du miroir accroché au plafond, où la lumière qui entre par la lucarne se diffuse dans la pièce.
J’espère que les scatodus aimeront le repas. Linda m’a dit qu’ils ne mangeaient que ça.
Elle sourit puis inspire.
Un souvenir me revient…
Il est lointain, le lieu est encore vague.
— Les besoins naturels, voilà un sujet fascinant et trop ignorées.
Cette voix est celle de Mirina…
— Ce n’est pas fascinant… C’est… gênant…
Encore cette jeune fille, est-ce Hana…
— Effectivement, on pourrait considérer cela comme gênant, c’est ce qui est d’ailleurs fascinant.
Elle marque une pause et boit une gorgée de café.
— Néanmoins, ce n’est rien de plus qu’une composante biologique de la vie.
— Ce n’est pas une chose dont on parle pendant un repas.
Ça me revient, cette conversation avait lieu à la cafétéria.
— Pourquoi ? Doit-on limiter notre apprentissage au lieu de notre présence ?
— Non, mais…
— Ma chère Hana, tu es douée et curieuse, certes timide, mais surtout si douce.
Mirina pose sa main droite sur celle d’Hana.
— Euh…
— Cependant, tu te retiens en ce moment.
— Hein ?
— Tu n’arrêtes pas de te tortiller.
Me revoilà dans l’instant présent alors que Mizuki siffle doucement.
Un petit besoin chaque jour renouvelé, que chacun fait à sa façon.
La voix de Mizuki se fait plus lente.
C’est une chose si naturelle, inutile de l’expliquer.
Après tout, c’est la vérité, mais alors pourquoi ne pas en parler ?
Est-il si gênant d’être sincère ? Bien que je sache que chacun vit cela à sa manière.
Elle accélère soudain sa voix.
L’intimité est une petite clé, qui ouvre les portes qu’on garde fermées.
Car dans ces moments cachés, se trouve une part de liberté.
De plus cela dépend des gens, certains en rient et bavardent.
D’autres rougissent en silence, les mots restent coincés dans la gorge.
Cacher derrière un sourire ce qui nous dérange, au final, nous le faisons tous.
Tandis que nos différences, dessinent des chemins divergents.
L’intimité est une petite clé,
Qui ouvre les portes qu’on garde fermées.
Une partie commune, la nature.
Une part de privée, l’humanité.
Un lien commun, la vie.
Et nos petits besoins sont des ponts vers l’essentiel.
L’intimité est une petite clé, qui garde fermées les portes qu’on ne peut ouvrir.
Car dans ces moments cachés, se trouve une part de fragilité.
Alors peut-être qu’un jour, on pourra en parler, sans peur ni pudeur.
Ce qui nous relie, c’est aussi ce qui nous définit.
Et dans cette simplicité on trouvera la paix.
Un petit geste, un soupir discret,
Des choses invisibles, mais tellement honnêtes.
Elles racontent qui nous sommes,
Sans fard, sans masque, sans mensonge.
Accepter ces moments, les vivre pleinement,
C’est apprendre à être soi-même simplement.
Et dans cette acceptation, on trouve la clarté,
Car l’intimité est une lumière qui guide nos pas.
L’intimité est une petite clé,
Qui verrouille et déverrouille les portes.
Car dans ces moments cachés,
Se trouve un morceau de liberté…
Oui, dans ces moments cachés,
Se trouve un morceau de vérité.
Un petit besoin… une petite clé… une vérité…
Ses sensations s’effacent et mes perceptions se connectent aux sens de Michel.

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