11h07
Prenant appui sur un rocher, elle impulse sa force dans ses jambes et propulse son corps.
Ses mains agrippent fermement la branche d’un érable…
D’un mouvement rotatif, elle pivote en effectuant un demi-tour complet…
Ses pieds se posent avec souplesse sur le bois épais.
Je te vois mon grand…
Avec des gestes précis, rapides et silencieux, elle bondit entre les feuillus.
Après plusieurs sauts, elle se catapulte au sol pour se retrouver dos au lupis qui stoppe sa lancée.
Son corps pivote et son regard chargé par l’excitation croise celui de l’animal plein de fierté.
Il est tellement beau… C’est incroyable…
Tous deux restent immobiles dans un long silence pesant en soutenant leurs regards sans ciller.
Dans la forêt les furvius crapahutent entre les arbres. Les oiseaux chantent.
Un cerf traverse les sous-bois. Une araignée glisse sur sa toile dans un arbre…
Des odeurs terreuses, musquées et de santals, envahissent l’air que le soleil réchauffe.
Ses yeux sont vraiment magnifiques !
Le lupis ne montre aucune agressivité. Il observe Mizuki et l’environnent alentours.
C’est la première fois que je vois un lupis d’aussi près…
Sa respiration reste apaisée, mais elle est excitée.
Son fougueux regard est si puissant.
Les crocs du lupis deviennent apparents, mais il ne grogne pas.
Je sens qu’il veut que je m’incline face à lui.
L’animal avance sa patte avant droite… Il laisse un son sourd s’élever de sa gorge.
Mizuki ne bouge pas, son regard reste fixe. Brusquement, un souvenir me revient.
Émilie fixe un lupis, sans bouger. Elle est dans la forêt, Kenji se tient devant elle.
— Reste en retrait, il est dangereux.
— Vraiment ?
— Oui, certains lupis n’hésite pas à tuer. S’il décide d’attaquer il peut t’arracher un bras sans effort.
— Comment ?
— Ses crocs exercent une pression maximale de six tonnes par centimètres carrés.
— Je n’ai aucune idée de ce que cela fait ?
— Mieux vaut ne pas le tester, recule doucement.
— Pourquoi ?
— Il n’attaquera pas si on lui laisse comprendre qu’il domine.
Écoutant avec calme, Émilie fait un pas en arrière et s’assoit.
Kenji fait de même, et le lupis les toise d’un regard haut.
Il se tourne sans bruit, puis s’éloigne d’une foulée gracile et agile par le sous-bois.
Un rire léger provient d’Émilie qui se relève.
— Il était mignon.
— Oui, tant qu’on ne le provoque pas.
Ses sensations s’effacent et mes perceptions se connectent aux sens de Michel.

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