Une amitié hors normes (4)

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Pendant le voyage- Point de vue d'Annabelle:

Le bus démarre enfin, et je sens une vague d'excitation mêlée à une pointe de nervosité. Nous sommes en route pour la France, notre ancien pays, mais cette fois, c'est différent. C'est la première fois que nous partons seules, sans nos parents ni aucun adulte. Mon cœur bat plus vite, et mes mains sont moites. Je regarde par la fenêtre, observant les lumières de la ville qui défilent, mais mon esprit est ailleurs, envahi par des pensées anxieuses.

Laeticia, assise à côté de moi, remarque mon silence et mon air préoccupé. Elle se tourne vers moi, les sourcils froncés, et pose une main rassurante sur mon bras.

Laeticia : "Annabelle ? Ça va ? T'es toute pâle."

Je lui adresse un sourire forcé, essayant de me convaincre autant que de la convaincre.

Moi : "Oui, oui, tout va bien !"

Mais ma voix tremble légèrement, trahissant mon anxiété. Laeticia n'est pas dupe. Elle me connaît trop bien.

Laeticia : "Annabelle, je te connais. Qu'est-ce qui ne va pas ?"

Je soupire, baissant les yeux sur mes mains qui tremblent légèrement. Sous le stress, je me mets à parler en allemand, ma langue maternelle, sans même m'en rendre compte :

Moi : "Es ist einfach das erste Mal, dass wir alleine unterwegs sind. Und auch wenn wir schon einmal in Frankreich gelebt haben, stresst mich das ein bisschen. Was, wenn wir etwas vergessen? Und wenn wir uns verirren? Was, wenn..." (C'est juste... c'est la première fois qu'on part seules. Et même si on a déjà vécu en France, ça me stresse un peu. Et si on oublie quelque chose ? Et si on se perd ? Et si...)

Laeticia me regarde, un peu surprise, mais elle comprend immédiatement. Heureusement que nous parlons toutes les trois la même langue, même si pour moi, c'est ma deuxième langue maternelle, ma mère étant allemande et mon père français. Elle me serre doucement le bras pour me rassurer.

Laeticia : "Annabelle, respire. On a tout préparé, tout vérifié. On ne va rien oublier. Et même si on se perd, on a nos téléphones et des cartes. On s'en sortira."

Jessica, assise de l'autre côté de l'allée, se penche vers nous avec un sourire chaleureux.

Jessica : "Tu ne vas pas nous faire une crise d'angoisse, hein ? Regarde ce matin, tu as aidé Laeticia pour les mêmes raisons. Allez, ne t'inquiète pas. Comme on l'a dit à Laeticia ce matin, l'important, c'est qu'on soit ensemble."

Moi : "Oui, tu as raison. Merci, les filles."

Laeticia, toujours pratique, fouille dans son sac et en sort un jeu de cartes.

Laeticia : "Et si on jouait à quelque chose pour se changer les idées ? On mangera après. Maman m'a donné des sandwichs pour ce soir."

Jessica hoche la tête, enthousiaste.

Jessica : "Oui, bonne idée ! J'ai un Uno et des Sept Familles aussi."

Nous nous installons confortablement, et le jeu commence. Les rires et les taquineries remplacent peu à peu mon anxiété. Le bus, presque vide à l'exception de quelques passagers endormis, devient notre petit refuge. L'odeur légère de l'essence flotte dans l'air, et le ronronnement du moteur est apaisant.

Point de vue de Laeticia :

Le bus roule depuis quelques heures maintenant, et je commence à sentir la fatigue. Nos trois valises sont entassées dans le compartiment au-dessus de nos têtes, et je ne peux m'empêcher de vérifier toutes les cinq minutes qu'elles sont toujours là. Annabelle semble un peu plus détendue après notre discussion, mais je sais qu'elle est encore nerveuse.

Je me tourne vers Jessica, qui est assise à ma droite du côté couloir. Elle a sorti un livre et semble absorbée par sa lecture, mais je sais qu'elle est aussi anxieuse que nous.

Moi : "Jessica, tu penses qu'on devrait vérifier nos billets encore une fois ?"

Jessica lève les yeux de son livre et me sourit.

Jessica : "Laeticia, tu les as déjà vérifiés trois fois. Détends-toi, tout va bien se passer."

Je soupire, essayant de me convaincre qu'elle a raison. Le bus s'arrête soudain, et un douanier monte à bord. Mon cœur s'accélère. C'est le moment de vérité.

En arrivant à la frontière - Point de vue de Jessica :

Le chauffeur nous prévient de sortir nos passeports ou cartes d'identité et billets parce que nous arrivons à la frontière. Je regarde Laeticia, car c'est elle qui les a gardés. Elle arbore un sourire plein de confiance, mais à la manière dont elle nous regarde, Annabelle et moi, on voit qu'elle est aussi stressée que nous.

Douanier : "Hallo, sprechen Sie Französisch? (Bonjour, parlez-vous français ?)"

Laeticia : "Ja, oui, on parle français."

Douanier : "Bien, pouvez-vous me montrer vos papiers et vos billets, s'il vous plaît ?"

Laeticia : "Les voilà," dit-elle en lui montrant nos passeports et nos billets.

Douanier : "Bien, tout est en règle." Et après avoir vérifié les quelques autres passagers, il s'adresse au chauffeur : "Tout le monde est en règle, vous pouvez repartir. Bon voyage."

Une fois le bus reparti, nous nous regardons toutes les trois en poussant un soupir de soulagement et nous mettons à rigoler.

Annabelle : "Wah, c'est stressant, mais c'est bon, c'est passé."

Moi : "Oui, tout va bien, on est en France !!"

Laeticia : "On arrive exactement dans 5h45."

Je regarde Laeticia et j'éclate de rire.

Moi : "Tu connais les horaires par cœur ?"

Laeticia : "Je suis la reine de l'organisation et les nombres, je les retiens hyper facilement. Tu veux que je te récite le mot de passe du WiFi ? Je le connais par cœur aussi," dit-elle en rigolant.

Nous nous mettons toutes les trois à rigoler, et cela détend un peu l'atmosphère. Puis, je commence à avoir faim, alors je sors les sandwichs et leur demande :

Moi : "Je commence à avoir faim, les filles. Si on mangeait ?"

Annabelle : "Je suis d'accord avec toi."

Pendant la nuit - Point de vue Jessica :

Le bus continue de rouler, et la nuit tombe peu à peu. Nous avons mangé les sandwichs préparés par la mère de Laeticia et avons rangé nos affaires. Les lumières du bus sont tamisées, et la plupart des passagers dorment déjà.

Annabelle et Laeticia sont en train de dormir, leurs têtes appuyées l'une contre l'autre. Je les regarde avec un sourire. Elles semblent si paisibles, si proches. Je me sens chanceuse d'avoir des amies comme elles.

Je me cale dans mon siège, enroulant une couverture autour de moi. Le ronronnement du moteur et le balancement du bus me bercent doucement. Mes paupières deviennent lourdes, et je me laisse emporter par le sommeil en appuyant ma tête sur celle de Laeticia qui est au milieu.

Jeudi matin - Point de vue de Laeticia :

Le soleil commence à se lever, projetant une lumière douce à travers les fenêtres du bus. Je me réveille lentement, sentant la chaleur de la tête d'Annabelle contre mon épaule gauche et celle de Jessica sur mon épaule droite

Je me lève doucement pour ne pas les réveillées et me dirige vers les toilettes du bus pour me rafraîchir. En revenant, je vois que Jessica commence à se réveiller.

Jessica : "On est bientôt arrivées ?"

Moi : "Oui, dans environ une heure. On devrait se préparer."

Annabelle ouvre les yeux et nous regarde avec un sourire endormi.

Annabelle : "Bonjour, les filles. On est presque arrivées ?"

Moi : "Oui, dans une heure. On devrait manger quelque chose avant d'arriver."

Nous sortons nos sacs et commençons à grignoter les restes de nos sandwichs et quelques snacks que nous avons apportés. L'excitation de l'arrivée imminente commence à monter.

Point de vue d'Annabelle :

Le bus s'arrête enfin à la gare routière de Paris. Nous descendons, nos sacs à dos bien ajustés et nos valises en main. L'air frais de la matinée parisienne nous accueille, et malgré l'heure matinale, il y a déjà une certaine effervescence dans l'air.

Laeticia : "Bon, on est arrivées à Paris. Maintenant, il faut prendre le RER jusqu'à Saint-Quentin-en-Yvelines. Vous êtes prêtes ?"

Jessica : "Prêtes ! Allons-y !"

Nous suivons les panneaux indiquant la gare RER, nos cœurs battant un peu plus vite à l'idée de cette nouvelle étape de notre voyage. Une fois à bord du RER, nous trouvons des places assises côte à côte. Le wagon est presque vide, et le bruit des roues sur les rails a quelque chose de rassurant.

Moi : "Wow, Paris est toujours aussi magnifique, même de bon matin."

Laeticia : "Oui, c'est vrai. Mais on n'a pas le temps de s'attarder. Le prochain RER part dans vingt minutes, il faut qu'on se dépêche."

Nous nous faufilons à travers la foule, nos cœurs battant un peu plus vite à l'idée de cette nouvelle étape de notre voyage. Le trajet en RER se passe sans encombre, et nous arrivons enfin à la gare de Saint-Quentin-en-Yvelines.

En descendant du train, nous nous regardons toutes les trois avec un sourire complice. Nous y sommes enfin. Notre aventure commence vraiment maintenant.

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NA: Voici le 4ème chapitre. Bonne lecture !

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