Chapitre II

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Il y a peu de place dans le char, et pour la première fois, la pilote le regrette. Assis à l’autre bout du navire, il n’y a guère plus de deux mètres entre elle et son protégé : ses fredonnements continus l’agacent.

Le jeune homme regarde le tissu de la voile onduler en fonction des mouvements du navire. L’étoffe fait autant de vagues que le désert toujours animé. Enchanté par cette vision, il arrête de fredonner.

La pilote pousse un soupir de soulagement.

L’esquif passe entre deux dunes, et les deux voyageurs arrivent en vue de hautes tours. Il ne faut pas longtemps au nouveau-né pour passer sa tête par-dessus les bastingages du char ; des toits dépassent du sol comme des flèches dressées au-dessus des dunes. Ses ruines sont faites d’une pierre blanche au teint cassé, leur surface creusée et sillonnée par l’écoulement des sables célestes. Concentré sur sa contemplation, il met plusieurs secondes à entendre des crissements de cordes, des notes qui font vibrer ses dents. Les sons viennent d’au-dessus de lui, levant les yeux, il découvre un homme assis sur la pointe d’un des édifices, une guitare en main, jouant quelques accords.

Le guitariste porte une longue barbe blanche, qui se balance sous le vent. Il lève un œil vers la pilote, qui ne daigne même pas le regarder, et souffle :

« Toujours agitée, à rattraper le temps perdu… »

Il souffle si fort qu’il en crache presque.

Le garçon n’a même pas le temps de réagir quand le char dépasse l’homme en soufflant sa barbe. Le nouveau-né penche sa tête pour voir le plus longtemps possible le guitariste, avant de se tourner vers la pilote.

« C’est qui ce monsieur ? »

Elle inspire un grand coup et maintient le cap.

« C’est qui ? »

Toujours pas de réponse.

Elle ne doit pas bien entendre, peut-être a-t-elle de la saillie qui coule de ses oreilles ? pense-t-il.

Se grattant la tête, il met ses mains autour de sa bouche et crie :

« Tu m’as entend…

— C’est un ancien guitariste du Chœur, un proche de Mestal, le chef de l’orchestre. »

Elle compte les secondes de silence. Au bout de dix, elle expire profondément, soulagée que le garçon se taise.

« C’est quoi le Chœur ? »

La pilote regarde le gouvernail sous ses doigts, elle imagine un instant qu’il s’agit du cou du jeune homme.

« C’est un groupe de musiciens qui joue dans le clocher. »

Elle indique une direction que le jeune homme suit. La fameuse horloge, pile devant lui, entre des rangées de ruines. Ses oreilles se dressent, et il entend quelques percussions lointaines, ainsi qu’un sifflement de cordes qui se mêlent à celui du vent qui bat sa chevelure. Il aurait aimé en être plus proche, mais la pilote semble ne pas vouloir s’attarder plus que cela. Cependant, elle scrute l’heure sur l’horloge.

Il ne comprend pas pourquoi elle a cette soudaine fixation. Il se lève et la rejoint.

La pilote, les yeux plissés à essayer de lire l’heure, sent un léger souffle dans sa nuque. Elle aperçoit dans son regard périphérique quelques poils blancs, elle pivote sa tête pour voir de quoi il s’agit et découvre le visage du garçon, penché au-dessus de son épaule.

Elle sursaute et le gouvernail lui échappe. Le navire dévie, escalade une dune à la pente vertigineuse. Le char penche et le mât est proche de frotter sur le sol. Le garçon s’accroche au mât tandis que ses jambes lui échappent. Elle saisit le gouvernail et pousse le plus fort qu’elle peut vers la droite. Le bois grince et le vaisseau tremble avant que, d’un coup, il se redresse et revienne sur sol plat.

Le bastingage a arrêté d’être secoué. Elle fait volte-face vers son passager. Elle tend son bras en arrière, puis lui décolle une gifle de tout le plat de sa main.

À plusieurs centaines de mètres de là, le guitariste redresse son nez à l’écho de l’impact.

C’est comme si le jeune homme avait une plaque de cuisson à la place de la joue. Alors qu’il réaligne comme il peut sa tête avec ses épaules, il trouve un doigt pile sous son nez.

Il lève les yeux, le regard de la pilote n’a jamais été si noir.

« Un autre coup de ce genre, et je t’abandonne dans les coins les plus arides du désert, pigé ?! »

Il hoche la tête, l’enfant garde sa bonne humeur et le visage de la dame rougit.

« Et retire-moi ce foutu sourire ! »

Il fronce les sourcils.

« Pourquoi ? »

Les joues de la pilote finissent de devenir écarlates. Elle s’étire les deltoïdes, prête à rempiler lorsqu’un tintement les interrompt.

En surface, le sable se soulève dans le souffle de la percussion, fouettant les deux comparses.

Ils se détournent vers le clocher.

L’onde est si forte qu’autour de la tour, un mur de gravier se forme et creuse un cratère. Le jeune homme pose ses mains sur ses oreilles, tandis que la pilote peste. Elle reprend le contrôle de l’esquif, son passager observe la vague sonore qui progresse encore.

Un nuage de particules s’élève au-dessus de la désolation, tourbillonne autour du cadran. Le nuage se divise en nuées qui s’enroulent comme les fibres d’une corde et convergent au bout de quelques secondes.

Elles se nouent ensemble, s’entortillent jusqu’à ce qu’elles deviennent une sphère compacte. Elle continue de se contracter, s’assombrit de plus en plus.

Le jeune homme ne peut en détourner les yeux, dans ses oreilles, il entend des chants qui en jaillissent, et le sol tremble sous l’effet de la mélodie.

Une veine céleste s’illumine.

Un craquement dans le ciel.

Surgissant de la veine, un éclair éclate la sphère. Ses morceaux s’éparpillent sur des kilomètres à la ronde, ils tombent en cloche comme les queues de feux d’artifice.

Parmi eux, un des fragments de la sphère grossit à vue d’œil, comme si on zoomait dessus. Le garçon plisse les yeux pour observer cette croissance.

Il se demande : comment est-ce qu’un projectile peut grossir au contact de l’air ?

Puis il comprend et essaye de décaler sa tête pour esquiver le débris.

Raté.

Son nez lui brûle. Sa main tâte son arête encore douloureuse, et des morceaux du projectile tombent dans sa paume.

La chaleur se diffuse sous sa peau, et les morceaux sombres s’érodent en venant combler son pli palmaire. Les grains de ce sable sombre se mettent à palpiter.

Des chants. Le sable chante, susurre à son oreille.

Il regarde les particules remuer dans sa main, et le contact est si agréable qu’il se met à souhaiter qu’il finisse par se glisser sous sa peau.

Mais le char rebondit sur une dune. Sous l’impact, le garçon est soulevé du sol, et le sable s’échappe. Une bourrasque arrache les particules de ses mains et les envoie voler loin, si loin que le garçon se sert du mât pour se hisser et les voir dépasser une dune et continuer leur route.

Il croit les voir fléchir et atterrir là où des sortes de dents saillent de la ligne d’horizon.

Il n’a alors plus d’yeux que pour elle.

L’esquif atterrit, le fracas est tel que les mains du jeune homme décrochent du mât et il s’effondre dans le navire.

Il n’a jamais senti autant ses fessiers.

La barque poursuit sa course. La pilote slalome entre les vestiges et les dunes. Son empressement ne suffit pas ; un gong moins important survient, et le sol tremble. La capitaine repère un soulèvement de terre à plusieurs centaines de mètres d’eux. Le mouvement tectonique est tel qu’une tour vestigiale se fend en deux, une moitié s’effondre et est avalée par les vagues de sable.

La voyageuse change de trajectoire pour que la barque s’éloigne du séisme, mais un autre tintement vient perturber sa manœuvre. Des tremblements, plus proches cette fois, ouvrent le désert sur une faille qui s’élargit, dans laquelle s’effondrent plusieurs dunes. Lorsqu’elle a dévoré tout ce qu’elle pouvait, les deux voyageurs découvrent ce que les entrailles du monde cachent.

Le garçon ouvre grand les yeux lorsqu’il découvre une gigantesque lame métallique, épaisse et sombre, elle tourne par crans dans les sous-sols du désert. À chacun de ses mouvements, elle avale une partie du sol, et avec lui, des tonnes de sédiments. L’abîme est tel que sur plusieurs dizaines de mètres, le sable est attiré par les fonds, transformant le sol en un véritable tapis roulant. Le char tremble, les voiles vibrent, tandis que la pilote et le passager se sentent aspirés par l’arrière, d’un coup sec, la capitaine fait virer de bord son navire.

Le cœur du garçon bat la chamade, l’instant qui suit, ils pourraient être engloutis. Et lorsqu’il entend à nouveau le tintement d’une cloche…

il sourit.

Ça aura été court, mais tellement amusant !

La lame souterraine tourne d’un cran, et la faille se referme là où elle s’était ouverte, la pilote tourne le gouvernail en poussant un râle.

L’esquif fait un demi-tour complet, la voile se dégonfle un instant avant que les vents ne la poussent à nouveau. Le sol tremble encore, mais le navire file et est déjà à plusieurs mètres du sable qui se dérobe.

Un autre vestige s’effondre sur la lame de métal, le choc le coupe en deux.

Le garçon regarde l’abysse qui s’est formé et reconnaît la forme de cette formidable lame : une aiguille, une gigantesque aiguille d’horloge.

Maintenant qu’il ne ressent plus le danger immédiat, le nouveau-né pose un pied sur le bastingage, pour mieux étudier le phénomène. Au moment où il s’apprête à bondir, une main vient lui saisir le col et tire en arrière et il s’effondre de tout son long dans la barque.

Le char poursuit sa course alors même que la pilote relâche le gouvernail. Le garçon se frotte l’arrière du crâne, grimaçant devant la dame. Elle s’assoit sur le bastingage et soupire.

« Je commence à voir le problème. Tu viens d’arriver, c’est ça ? »

L’enfant se tourne vers elle et acquiesce. La pilote sourit au nouveau-né.

« Tu ne sais vraiment pas où tu es, hein ?

— Non, où on est ? »

Les sourcils de la pilote se dérident, ses lèvres forment croissant de lune.

Elle l’imite et hausse les épaules, l’air penaud.

« Le Désert du Sommeil. C’est comme ça qu’on l’appelle. »

Le garçon regarde fixement les paupières souillées de sédiments de la pilote, et se rappelle avoir vu la même chose chez le guitariste.

« C’est pour ça qu’il y a de la chassie partout ! »

Il se redresse d’un bond. Il plisse les paupières alors qu’il remarque qu’elle pleure, ou du moins, que ses yeux laissent couler des morceaux de larmes séchées qui roulent sur ses joues.

« C’est vous qui remplissez le désert ? »

Sa tête recule par réflexe, elle ferme les yeux avant de s’esclaffer.

« Non ! elle peine à cesser de rire. Ce sont elles. »

La capitaine désigne les veines dans le ciel. Le garçon les regarde et sent quelque chose se contracter dans son bras. Un coup d’œil lui apprend que ses propres veines palpitent sous sa peau.

Il fronce les sourcils, la pilote poursuit son explication.

« On n’est pas assez nombreux pour que nos yeux remplissent le désert.

— Vous êtes combien, dans le monde ?

— Quelques dizaines. Mais je ne suis pas en bons termes avec eux, alors je ne sais pas vraiment. »

Il regarde le paysage devant eux. Face à la curiosité de son passager, la pilote se retourne pour vérifier où ils sont, puis pousse un soupir de soulagement en voyant des lieux qu’elle connaît bien.

De gigantesques plaques de verre recouvrent le sol, sur lesquelles le char à voile glisse sans problème. Autour des miroirs naturels – réfléchissant le ciel et les veines qui le lézardent – des monticules de sable fondent et le magma de graviers se mêle aux plaques.

Au milieu de ce champ de reflets, la pointe d’une tour dépasse du sol. Échancrée en son centre, l’ouverture donne sur une caverne. L’intérieur de ce qui ressemble à une large cheminée a été aménagé. Le garçon s’amuse à suivre jusqu’où il peut voir la structure descendre à travers le sol de verre, partiellement transparent.

Il sort de sa rêverie lorsque la pilote claque des doigts sous son nez et le garçon redresse la tête en sursautant. La capitaine réduit la voilure et le char ralentit, tandis que son compagnon découvre l’intérieur de la cheminée.

Lorsqu’ils entrent dans la pénombre de la tour, un frisson soulève chacun des poils des bras du nouveau-né ; il se rend alors compte d’une chose : jusque-là, il avait très chaud. Il pose la main sur son front trempé, et secoue la main au contact du liquide poisseux.

Le navire arrive à quai, la pilote pose pied sur le bois et attache la corde tenant son char à un morceau de la cheminée brisée, improvisant une bitte d’amarrage.

Le jeune homme regarde le quai comme s’il le découvrait – c’est en effet le cas ! -, il saute de l’esquif et s’enthousiasme en comptant les lames de bois sur lesquelles il marche, posant un à un ses pieds sur chacune d’elles.

La pilote secoue la tête et rit, ses joues rosissent.

Quel drôle de phénomène a pu le faire atterrir ici ? s’interroge-t-elle.

Pour mettre fin à la récréation, elle frappe dans ses mains. L’écho du claquement revient quatre fois aux oreilles de son compagnon avant qu’il ne saute sur une dernière planche. Ceci fait, il se retourne avec toute sa vivacité juvénile et crie.

« Quarante-neuf ! C’est pas rond ! »

Une fois qu’elle a fini de s’amuser de lui, elle demande :

« Tu ne sais pas d’où tu viens, mais est-ce que tu sais comment tu es arrivé ici ?

— Eh bien, comme la cendre, la poussière et la chassie, je suis tombé des veines, dit-il en levant le doigt. Vous êtes d’ici ?

— Pas tout à fait… commence-t-elle avant de froncer les sourcils… Mais attends, tu es tombé du ciel !?

— Oui, pas toi ? »

Ses yeux s’abaissent un instant avant qu’elle ne les ferme et ne pose sa main sur son front en grimaçant.

« Si, mais ça fait si longtemps… »

À travers l’ouverture de la caverne, elle observe les cieux, dont le blanc pourrait éblouir la lumière elle-même.

« … et nous sommes tous arrivés en même temps. »

Elle se met à faire les mille pas.

« Comment se fait-il que tu puisses être venu il y a seulement quelques minutes !?

— Vous ne recevez jamais de visiteurs ? Ça doit finir par être long, non ? Depuis combien de temps êtes-vous ici ?

— Il n’y a… »

Elle s’interrompt et retire son voile, le garçon découvre alors sa mine préoccupée, et, pour s’accorder à l’humeur de la dame, inverse son sourire.

« … pas vraiment de moyen de le savoir. Il ne fait jamais nuit ici, et le jour se répète continuellement.

— Donc vous ne dormez pas ?

— Nous n’y arrivons pas.

— Oh, ça doit être pénible… pourquoi ?

— Je ne sais pas… enfin si, le silence nous perturbe tous.

— Ça n’aide pas à dormir le silence ?

— Pas quand on a eu l’habitude d’entendre des chants toute sa vie… je sais que je les entendais, tout le temps. »

Elle s’avance vers un morceau déchu de la structure, assez haut pour qu’elle s’y asseye. Une fois installée, elle joint ses mains et poursuit :

« Depuis que nous sommes là, nous n’entendons plus rien. »

Assise, bouche entrouverte, elle cherche en vain dans sa mémoire les mélodies perdues. Mais à ce moment comme à tous les autres, rien ne lui revient, à l’exception des tic-tacs de l’horloge et des tintements de sa cloche.

Le jeune homme rompt cet abominable silence.

« Mais où étiez-vous, avant ? »

Une moue désolée, elle lui répond :

« Je ne sais pas.

— Donc on est pareil ! »

La dame s’amuse à nouveau de l’ingénuité de ce vieil enfant. Elle retire sa capuche, révélant une chevelure noire et bouclée. Il découvre qu’elle a la peau lisse et que ses seules rides se trouvent entre ses sourcils.

Elle manipule entre ses doigts le bout de tissu qui couvrait ses lèvres, et regarde son invité. Elle recule sa tête chaque fois qu’elle l’observe.

« Alors tu cherches du sable ?

— Oui ! »

Il bondit et vient s’asseoir à côté d’elle. Surprise, cette dernière s’écarte de lui en le toisant.

« J’en ai vu devant l’horloge : il était compact, comme une sphère !

— Une sphère, hein ? »

Elle penche la tête sur le côté.

« Et où est-ce qu’on le trouve ?

— Le sable, ça se sent, on peut suivre sa trace, si on l’écoute !

— Ça se sent et on peut suivre sa trace si on l’écoute… »

Répète-t-elle en déployant tous les efforts du monde pour ne pas rire.

« Et comment on fait pour écouter du sable ?

— C’est comme les chants que tu entendais avant, ça fait la même chose avec le sable, mais c’est plus distinct ! »

Ses lèvres s’affaissent. Il sème le trouble dans son esprit quant à son apparente stupidité. Entre ça et la mention de la chassie, il y a quelque chose d’anormalement avancé dans ses raisonnements.

Aussi, elle n’a rien de mieux à faire alors pourquoi ne pas le suivre dans sa quête absurde ?

« Tu veux qu’on cherche le sable ensemble ? »

Elle n’aurait jamais pensé pouvoir poser sérieusement cette question, mais la légèreté d’âme du jeune homme est si rafraîchissante. Cela fait si longtemps qu’elle n’a pas ressenti un peu de complicité avec quelqu’un.

Sa proposition élargit l’éternel sourire du garçon jusqu’à ses oreilles. Il saute de son assise et désigne le char à voile.

« En avant, capitaine ! »

Elle se surprend à sauter à son tour pour se mettre debout. La capitaine invite le gamin à grimper dans son navire. Elle détache la corde de l’esquif, l’enfant déjà dedans, la jeune femme regarde au-dehors, veillant à ce que l’heure n’ait pas trop tourné.

Lorsqu’ils sont tous deux prêts au départ, elle se tourne vers son passager, et déclare sans autre forme de procès :

« Je sais que tu ne peux pas me répondre, mais je m’appelle Résilé. »

Le petit bonhomme acquiesce vivement et répond d’une voix chantante :

« Enchanté ! »

Il se tourne vers la proue du navire et regarde devant lui. Ses yeux glissent sur les plaques de verre, à travers elles, dans les profondeurs de plusieurs couches qui floutent sa vision, il aperçoit une forme bien curieuse.

Une structure faite de deux triangles, dont les pointes se confondent en un goulet qui les lie, il aperçoit une masse de sable à l’intérieur qui semble remuer.

Il devine qu’il s’agit d’un très grand sablier, piégé dans le verre. Le garçon tend ses doigts pour effleurer la surface de la plaque, comme s’il voulait toucher le sablier plus de vingt mètres en bas. Sa peau effleure la surface transparente, elle se trouble et le verre se liquéfie et se teinte de noir.

Un claquement sec le fait sursauter ; au-dessus de lui, la voile est prise dans le vent, et le char avance et lui cache la vue de cet étrange phénomène.

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