Maurice Papon

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Isba

La première mèche tombe devant mes yeux, et se mêle à mes cils. Je cligne pour m’en défaire. Je dois baisser la tête davantage, je me romps la nuque. Les lames de coupe de la tondeuse égratignent mon crâne. Un amas lourd de cheveux tombe entre mes omoplates et glisse le long de mon dos, caresse mon corps nu. Je me penche pour guider leur chute vers le lavabo. J’hésite, lorsque je regarde dans la glace ma tête de garçonne ébouriffée. Je choisis de ne pas raser à blanc, de garder ces épines dressées, ces touffes maladroites qui me donnent l’air d’un animal malade. Le lavabo est dégueulasse. Je me retourne vers le lit, ça dort encore à poing fermé. J’enfile ma robe et mes chaussures, j’adresse un doigt d’honneur au prince endormi, et je sors de sa vie.

Il est neuf heure trente, je suis en retard à la fac. Je râle un peu, c’est le cour de droit des responsabilités, celui qui semblait le plus rébarbatif quand j’ai lu la plaquette, mais qui est de loin le plus intéressant. Je vais arriver à la fin, et ça confirmera la prof dans l’idée que je n’en ai rien à faire — ce qui est faux. Je m’intéresse bien plus à elle et à son cours qu’au garçon avec lequel j’ai couché cette nuit. J’avais réussi à me réveiller à l’heure, j’avais tout prévu pour être à l’amphi cinq minutes avant le début, cette fois-ci. C’était sans compter sur l’imprévu, une discussion d’hier soir que j’ai ruminée.

Ce mec, je l’ai rencontré au bar où on était sorties avec Adeline. Il étudiait le droit, lui aussi, ça nous faisait le pire point commun du monde, alors on en a parlé pendant au moins une heure. Il était beau, avec un truc un peu candide qui me plaisait. Adeline me faisait signe de loin, ça l’amuse toujours de me voir dans ces situations, sans doute parce qu’elle n’est pas comme moi, elle ne s’intéresse pas aux garçons. Pour ma part, dire que je m’y intéresse serait un peu excessif. J’avoue que j’aime bien le moment flou où on s’embrasse pour la première fois. Ça me fait toujours battre le cœur comme si j’avais 12 ans… Après, l’émotion n’est plus la même, mais il faut bien poursuivre ce qu’on a commencé, je suis une fille sérieuse. C’est exactement de cette façon que ça s’est passé avec celui-là. Premier baiser agréable, au fond du bar. Ensuite, j’ai essayé de prolonger le trouble, mais ça ronronnait trop vite, comme si j’étais déjà sa petite fiancée. Je lui ai proposé d’aller chez lui, il a sans doute pensé que j’étais très pressée. Je ne l’ai pas contredit, mais en réalité, je commençais surtout à m’ennuyer dans la fumée de ce café, avec les autres qui nous regardaient en souriant d’un air entendu, et ce romantisme poisseux qui saturait la pièce. On a marché jusqu’à son appartement, régulièrement, il se retournait pour m’embrasser. J’avais envie d’être légère, alors j’ai marché comme une fée sur les pavés, j’ai ri aux éclats en tournant autour d’un poteau, la main accrochée dessus pour me donner le tournis. Il habitait près du marché de Wazemme, dans une petite chambre avec un lavabo devant le lit. On a couché ensemble, et puis il a entamé une discussion, alors que j’aurais préféré dormir. Il était gentil, mais j’avais déjà fait le tour de cette relation. On jouait les prolongations, on était un vieux couple qui fait semblant de s’aimer encore. Il caressait mes cheveux. Longs, blonds. Il fallait bien qu’il dise une connerie, ça se passe toujours comme ça. Il m’a dit : « Tu sais ce que j’aime chez toi ? ». Il n’attendait pas que je réponde, il parlait tout seul. « J’aime tes cheveux. Tu es vraiment une fille, toi. ».

Toi, tu es vraiment un con. Je ne l’ai pas dit. J’ai juste fait semblant de m’endormir. Et puis le matin, je me suis mise en retard à mon cour préféré, parce que je voulais lui faire ce petit cadeau au réveil, lui laisser une grosse masse de cheveux dans le lavabo. Si tu aimes tellement ça, tu peux les garder.

Quand j’entre dans l’amphi, je vois qu’Adeline m’a gardé une place (bonne idée), mais qu’elle s’est installée au deuxième rang, juste devant le pupitre. Je me fraye un passage, j’entends des commentaires sur ma coiffure, je promène un majeur discrètement levé autour de moi, comme réponse automatique à toutes celles et ceux qui se sentiraient concerné·es. Adeline ne dit rien, elle sourit. Le temps que je sorte mes affaires, le cours est déjà terminé. Merde.

Je reste assise encore un peu, je viens juste d’arriver, je ne suis pas pressée d’aller en droit des affaires. Adeline me tend un journal qu’elle étale sur la tablette devant moi. Charlie Hebdo, Maurice Papon.

— Le procès commence aujourd’hui, tu as vu ?
Je pense à Jeanne. Elle m’a demandé de passer la voir après les cours, et de lui ramener des journaux sur ce procès. Je feuillette, il y a des caricatures obscènes, et puis l’annonce des reportages à venir, avec des illustrations de Riss. Pour l’instant, on résume surtout l’affaire, rien n’a vraiment avancé. Adeline soupire :

— Ma mère va râler ce soir. Elle est en boucle là-dessus : il est vieux, il faut le laisser tranquille.

C’est sûr qu’est plus vieux que Jeanne. Fripé de partout, sans aucune dignité. Une vieille ordure. Ma grand-mère, elle, est vieille comme un joli graffiti qui s’efface par endroits.

— Je peux découper ton journal ?

— Vas-y, prends ce qui t’intéresse.

Je prends quelques vignettes qui feront rire Jeanne, et surtout l’article qui résume les charges. Je glisse tout ça dans une pochette. Adeline me tire par la manche. Ça y est, on a un quart d’heure de retard, il est temps qu’on y aille.

Le soir, je prends le métro en sortant des cours, je laisse mon vélo devant la fac parce que j’ai envie de lire encore un peu les coupures de journal. À chaque fois que je prends ce métro, je pense que je vais pouvoir lire. À chaque fois, je lève le nez, parce que pendant deux stations, le métro est en équilibre sur un viaduc, trottine dans les airs sur le tracé des anciennes fortifications de Lille. Quand il y a quelque chose à voir, je ne sais pas faire autrement que de regarder. Les toits rouges filent à vive allure, je capte la lumière naturelle comme pour en faire une réserve, mon cœur bat quand on redémarre à Porte de Valenciennes, parce que je sais qu’on va s’enfoncer sous la terre. Après, je n’arrive pas à lire non plus, parce que je remarque les gens autour de moi qui n’ont pas l’air d’avoir réalisé ce qui s’était passé, et leur indifférence me fascine. À la gare, je change de ligne dans la cohue, je râle quand on me bouscule et on me dit « pardon monsieur », ça me fait sourire. Encore une station ligne 1, sous terre, je descends à Caulier. Ma grand-mère l’appelle par son petit nom, cette station : c’est Madeleine Caulier. Personne d’autre ne dit ça. Elle dit aussi « La douane de Fives ». Les noms des stations de métro s’inscrivent dans une géographie ancienne pour elle, ils sont le diminutif de toponymes concrets, chargés d’histoire. Sur la place Caulier, je respire la tristesse de ce vaste espace, trop grand pour le marché qui s’y tient deux fois par semaine. Je passe sur le pont du périphérique, les voitures filent sous mes pieds et ça me rassure de savoir combien ce serait facile, si un jour la vie est trop ennuyeuse, de basculer et d’en finir.

Autour de chez Jeanne, les maisons de brique rouge sont murées, pourtant il y a des gens qui vivent dedans. Il y a un an, j’ai fait une tournée de porte-à-porte dans le quartier, et j’ai vu les portes s’ouvrir sur des gens gênés d’exister, au regard baissé. Je faisais signer une pétition, car la mairie avait décidé, comme elle en avait le droit, d’expulser Jeanne de la maison qu’elle occupait. Les ombres qui m’ouvraient s’excusaient de ne pas pouvoir signer. Plusieurs ont fait une croix. Ma grand-mère a pu conserver sa petite maison, avec son bail précaire qui n’était plus menacé par personne. Tant pis, gardez-la : vous êtes âgée, on attendra simplement quelques années.

Elle m’ouvre la porte, et l’atmosphère qui règne à l’intérieur me suffoque avant même que je pose le pied dans sa maison. C’est comme toujours : ça sent le moisi, le sucré et la poussière. On peine à se faufiler dans l’air épais, que met-elle dans son air, mamie, pour le rendre aussi chargé ? Tout est en désordre chez elle, ça s’entasse dans tous les coins. Il y a ses tableaux, chaque semaine, elle en pond un nouveau, puis elle le pose par terre, adossé à une armoire cassée qu’elle ne veut pas jeter, car au fond c’est un bon support à tableaux. Il y a plus d’étagères qu’il n’y a de murs. Il en pousse de partout, et dessus, il y a le joli et le moche disposés avec un mauvais goût trop flagrant pour qu’il ne soit pas intentionnel. Mes bricolages de maternelle les plus ratés, et puis des petites figurines qu’elle a fabriquées elle-même avec des morceaux de bouchons. Des souvenirs. C’est une gamine, ma grand-mère, elle revient de toutes ses promenades les mains remplies de cailloux aux formes vaguement jolies. Elle rigole quand je le lui fais remarquer, elle ne se vexe jamais. Et quand elle me voit entrer, elle ne fait aucun commentaire sur mes cheveux, elle fronce rapidement les sourcils et me tourne le dos.

— Tu veux du kéfir ?

Chez elle, il n’y a que des choses bizarres. De l’avis général, elle est la plus mauvaise cuisinière que l’on connaisse ; j’ai goûté un jour du kéfir préparé par quelqu’un d’autre, et c’était plutôt bon. Je décline la proposition.

— Une bière ?

Oui. Une bière.

Le chat rôde autour de moi. Il ne m’a jamais aimée, il n’aime que sa maîtresse, de toute façon. La bouteille de bière fait un petit pschitt en s’ouvrant, et ça fait oublier un instant tous les bruits qu’il y a dans cette pièce. Parce que, chez Jeanne, c’est la fête des cinq sens : ça sent bizarre, on ne sait plus où poser les yeux, le kéfir est infect, tout a une texture de bois vernis et de velours râpeux, et puis il y a les oiseaux qui font un concours avec le moteur de l’aquarium, lui-même recouvert par la radio qui marche tout le temps, même lorsqu’elle s’absente. Pour maintenir l’atmosphère du lieu, sans doute. Les lumières clignotent, l’installation électrique laisse clairement à désirer. Je me sens bien chez ma grand-mère, parce que c’est la seule personne que je connaisse qui soit plus folle que moi.

— Je t’ai ramené des articles.

Elle jette un œil soucieux, puis elle les range dans un grand classeur.

— Pourquoi tu as besoin de tous ces journaux ? L’Huma, ça ne t’aurait pas suffi ?

— Non, pas cette fois.

Pour que l’Huma ne suffise pas, il faut que ça soit important.

— Tu restes manger ?

— Si c’est moi qui cuisine.

Elle ne proteste pas. Je nous bricole vite fait quelques pâtes et de la sauce.

— Ça suffit comme ça, sur Papon, ou tu veux encore des journaux ?

— Encore, s’il te plaît.

On dirait qu’elle parle des pâtes, mais elle repousse son assiette vide.

— Et je peux savoir pourquoi…

— Non.

Jeanne est un moulin à paroles, d’habitude. Si elle ne dit rien, méfiance.

— Tu le connais ?

— Papon ?

— Oui.

— Tu crois que tous les vieux se connaissent ?

Elle rit en amenant son assiette dans l’évier. La vaisselle sale forme une jolie pile en équilibre.

— Tu veux que je nettoie tout ça ?

— Ça ira, ça peut attendre demain.

Ça attendra surtout que ma mère vienne la voir. Moi, je veux bien aider de temps en temps, mais souvent Jeanne refuse quand je propose. Avec sa fille, c’est différent. Elle trouve normal qu’elle vienne faire sa vaisselle quand la pile d’assiette menace de basculer.

— Alors pourquoi ça t’intéresse ?

— Tu ne vas pas lâcher, toi, c’est ça ?

Elle me connaît. Autant passer à table tout de suite, même si on en sort. Elle fait un détour et me demande :

— Qu’est-ce que tu en penses, toi, de cette histoire ?

— Qu’il devrait finir en taule.

Elle opine, réfléchit.

— Pourtant, le procès commence tout juste.

Elle lève les yeux vers moi. Couleur noisette-cataracte, et un peu tristes, me semble-t-il.

— Tu l’as déjà jugé, en fait, ajoute-t-elle.

Bizarrement, je suis gênée par le ton qu’elle emploie, qui ne lui ressemble pas. D’habitude, elle est toujours directe, trop directe. Certains diront maladroite. D’autres iront même jusqu’à méchante. Une lame bien affutée propulsée à vive allure par une lanceuse de poignards de 72 ans qui souffre de la cataracte. Ses détours me déroutent. J’essaie de la faire sourire :

— Qu’en pense l’Huma ?

— Ne change pas de sujet.

Elle ne se laisse pas faire.

— Toi, tu ne penses pas qu’il soit coupable ?

Les documents sortis par le Canard, et qui refleurissent dans tous les journaux à l’ouverture du procès, sont pourtant accablants. Papon était une ordure de collabo qui a tenté de se repeindre en Résistant au dernier moment, mais qui a signé des papiers qui ont envoyé 1600 juifs dans des camps. Jeanne sait bien tout cela, et je ne sais pas pourquoi elle a tant besoin de lire les journaux qui sortent en ce moment : depuis que je suis petite, je vois le livre de Slitinsky, L’affaire Papon, sous les piles de l’Huma et de Télé-sept-jour. Quand on cherche un truc chez elle, on finit toujours par tomber dessus, à croire qu’elle ne le range jamais, qu’elle n’a jamais fini de le lire. Il faut dire qu’elle ne range jamais rien…

Il reste ma question, que pense-t-elle de la culpabilité de Papon ? Elle y réfléchit plus longtemps qu’elle ne le fait d’habitude.

— Je pense qu’il a de la chance.

Ouh-là, réponse bizarre, ses yeux s’embrument, elle se détourne, elle a l’air même d’envisager de faire la vaisselle, elle ne va pas bien. J’attends, elle ne complète pas, j’articule lentement, en accentuant l’absurdité de la proposition :

— De la chance ?

Elle est agacée d’avoir dit cela, elle aimerait retrouver les recettes infaillibles de sa mauvaise foi, mais étrangement rien ne marche. Elle fait de petits gestes de la main, comme pour chasser les mots qui la dérangent, puis elle dit :

— Il va être jugé. Tout le monde n’a pas cette chance.

Je médite cette sentence. Elle se lève pour arroser une plante verte au bord de l’inondation, puis elle me demande d’un coup :

— Toi, tu serais capable d’organiser un procès ?

Drôle de question.

— Je suis en deuxième année de droit, et puis un procès, ça ne s’organise pas comme ça : ça se passe dans un tribunal, il y a toute une organisation, je ne sais pas si tu es au courant.

— Bien sûr.

Elle finit de vider sa bouteille en plastique dans le pot. La plante renonce définitivement à son instinct de survie : la prochaine fois que ma mère viendra, elle la jettera à la poubelle et soupirera en arrachant ses racines pourries. Une fois par semaine, ce n’est pourtant pas compliqué. Jeanne trottine jusqu’au robinet pour remplir la bouteille, il y a d’autres plantes à noyer autour d’elle. Elle reprend.

— Bien sûr, je ne te parle pas d’un vrai procès. Mais tu sais comment ça marche quand même, non ? Si tu voulais juger quelqu’un en respectant le droit, tu saurais faire ?

— Tu veux juger qui, au juste ? Encore cette histoire de place de parking ?

Jeanne se gare systématiquement sur la place handicapé devant la pharmacie. Or, elle est tout ce qu’il y a de valide, elle trottine comme un lapin, et les PV s’accumulent. Quand il y en a trop, elle écrit à la mairie, au ministère, au Président, elle sort la carte de la vieille dame sans défense, et généralement ça marche. Visiblement, ces derniers temps, ils ont commencé à s’apercevoir de l’entourloupe, et ils deviennent un peu récalcitrants à lui donner son amnistie.

— Laisse tomber.

— Mais tu veux organiser un procès, c’est ça ?

Je ne vais pas laisser tomber comme ça, c’est mal me connaître. Surtout que ça a l’air croustillant, cette histoire.

— J’y réfléchis juste. Ne t’emballe pas.

— Mais qui veux-tu juger ? Et pourquoi pas directement au tribunal ?

Elle hausse les épaules.

— C’est de l’histoire ancienne, le tribunal ne pourrait pas s’en charger.

— Tu veux régler de vieux comptes ? Avec qui ?

Elle éclate de son rire bizarre, celui qui fait qu’on la trouve folle, ou charmante, selon ce qu’on choisit de voir.

— Avec moi-même, en fait.

Elle semble regretter d’en avoir trop dit, alors elle retourne remplir sa petite bouteille.

Et puis elle me fout dehors. Elle y met les formes, mais c’est tout de même brutal. Bon, c’est pas tout ça, mais le temps file, bonne soirée ma chérie, merci d’être venue, bise, hop, au revoir.



Mamie, c’est qui, qui n’a pas eu la chance d’être jugé ? Pourquoi tu veux régler des comptes avec toi-même, toi qui as toujours été la meilleure pour tout te pardonner ? C’est quoi, cette ombre au tableau, ce trouble dans ma grand-mère si limpide, ma grande gueule préférée qui brusquement se tait ?

Je parcours les rues de Fives en y pensant. Tout le quartier me semble appartenir à Jeanne, qui attendrit ou terrifie les commerçants, une petite vieille si mignonne, et qui traverse le monde avec l’assurance d’un brise-glace en pleine banquise, tant pis pour ce qui est devant. Elle qui me raconte tout, ses réunions du parti, son métier d’autrefois, ses manifs, la CGT, les grands et les petits combats, la Belgique où elle a vécu quelques années, à la naissance de ma mère, que m’a-t-elle caché d’elle ? Qu’est-ce que ce silence soudain, si inquiétant quand il paralyse les grandes ailes d’un moulin à paroles ? Et la guerre, Mamie, comment c’était la guerre ? L’occupation, quand tu avais mon âge ?

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