En attente du printemps
Depuis toujours, les saisons ont marqué ma vie plus que je ne l’aurais cru. Quand j’étais enfant, je passais beaucoup de temps dehors, à observer ce qui changeait autour de moi. L’hiver me paraissait long, mais je guettais le moindre signe qui annonçait le retour des beaux jours : un oiseau qui chantait un peu trop tôt, une odeur d’herbe humide, une lumière différente le matin.
Je me souviens aussi de cette impatience que j’avais, presque physique, quand j’attendais les premières cerises ou le retour des mésanges. C’était ma manière à moi de mesurer le temps. Les adultes trouvaient ça inutile ou naïf, mais pour moi, c’était important. Ça me donnait l’impression que quelque chose avançait, même quand ma vie restait immobile.
En grandissant, j’ai gardé cette habitude. Je continue d’observer les détails, de chercher des signes, de m’accrocher à ces petites choses qui me rassurent. Peut-être parce que les saisons, elles, ne mentent pas. Elles reviennent toujours, même après les périodes difficiles.
Aujourd’hui, écrire m’aide à mettre des mots sur tout ça. Sur ce que j’ai vécu, sur ce que je ressens encore. Je ne cherche pas à faire beau ou compliqué : juste à dire les choses comme je les ai traversées. Je me reconnais le mieux dans ces moments simples .
Les saisons sont une période particulière. L’hiver est long et triste, mais quand les bourgeons apparaissent, tout devient plus simple, plus fluide, comme un livre que l’on écrit au fil des jours. L’inspiration vient petit à petit ; il ne sert à rien de la chercher ou de l’attendre. Elle finit toujours par surgir, comme le printemps qui remplace l’hiver.

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