Remugles
Dryades et hamadryades tiennent conciliabule. Arrachées à l’été, elles se réfugient sur des tapis de mousse. Il est temps de réhabiter des structures plus simples, allègue la plus vieille d’entre elles. Même les racines ont des ancêtres. C’était hier et tu te demandes : Comment ai-je pu m’entretenir si longtemps dans l’illusion de la force ? Vivons dans le réel. Là, tu verras paître les brumes au soleil. Les opales pousseront des talus stériles et des ergs. La beauté surgira, rouge et jaillissante, de la cuisse taillée du faune vaincu. Nous planterons autour des bâtons de sauge et nous y mettrons feu. Lave la terre ! Lave la plaie ! Lave la nuit ! Le ciel encombré recrache débris et remugles de l’histoire. Le tonnerre s’agace : Cessez de nous peupler de vos antiennes ! Ses borborygmes se répercutent sur les escarpements : Vous ne découperez plus vos divinités dans nos nuages. Allez-vous-en !
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