Les monstres n'existent pas

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( musique : https://bit.ly/4a1jiii )

J’ai cousu la nuit dans mes manches,

avec du fil trouvé par terre,

un vieux mensonge, un peu de blanche,

trois boutons volés à l’hiver.

J’ai fait semblant d’être légère,

j’ai mis du rouge sur mes trous,

j’ai dit : « ce n’est qu’un courant d’air »,

quand le passé dormait chez nous.

N’allume pas.

Pas maintenant.

La vérité fait trop de bruit

quand elle entre dans les chambres d’enfant.

Les monstres n’existent pas,

non, mon amour, ne tremble pas.

Ce sont des ombres mal rangées,

des petits corps trop vite âgés.

Les monstres n’existent pas,

jure-le doucement avec moi.

Si tu me crois, je tiens debout.

Si tu me vois, je tombe à genoux.

J’ai des robes pour les naufrages,

des talismans dans mes tiroirs,

je fais danser tous mes ravages

sous les lumières des couloirs.

J’ai l’air d’une fille qui plaisante,

d’une actrice qui rate sa mort,

mais sous ma peau, tout me supplante,

tout me réclame encore, encore.

Ne dis pas faute.

Ne dis pas pardon.

J’ai grandi dans une maison

où l’amour changeait de nom.

Les monstres n’existent pas,

non, mon amour, ne tremble pas.

Ce sont des ombres mal rangées,

des petits corps trop vite âgés.

Les monstres n’existent pas,

jure-le doucement avec moi.

Si tu me crois, je tiens debout.

Si tu me vois, je tombe à genoux.

J’ai été sage comme une fuite,

j’ai été grande à quatorze ans,

j’ai porté mon cœur en conduite,

j’ai ri trop fort, j’ai fait semblant.

J’ai dit « viens là », j’ai dit « reste »,

j’ai dit « ce n’est rien, c’est le froid »,

j’ai mis mes mains sur la tempête

pour qu’elle ne parle pas de moi.

Ne me fais pas sainte,

ne me fais pas bête,

ne me donne pas

le rôle qu’on regrette.

Je suis le décor,

la robe et l’aiguille,

la femme qui mord,

la toute petite fille.

Les monstres n’existent pas,

ou bien ils portent nos voix.

Ils savent sourire à table,

ils disent des choses raisonnables.

Les monstres n’existent pas,

non, mon amour, regarde-moi.

Il n’y a que des portes fermées,

des enfants qu’on n’a pas sauvés.

Les monstres n’existent pas,

chante-le plus bas, plus bas.

Si le ciel ne répond pas,

serre-moi encore une fois.

**Outro**

Les monstres n’existent pas…

Les monstres n’existent pas…

C’est juste Alice,

qui murmure tout bas :

« Ne disparais pas. »

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