Chapitre 1 : Le grimoire

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C’était à l’âge de seize ans qu’il découvrit ses pouvoirs. L’un de ses camarades avait alors dérobé un vieux livre sur le marché, lequel s’avéra être un grimoire. Les garnements s’étaient réunis une nuit, à l’écart de l’orphelinat, et avaient emporté l’ouvrage. C’était une soirée d’été ; la lune, pleine et rouge écarlate, baignait la clairière d’une lumière étrange. Les enfants avaient décidé de tenter un rituel mentionné dans le livre et s’étaient installés près d’une rivière. Là, assis en cercle, chacun avait offert une goutte de son sang et l’avait déposée sur la page du sort qui les intriguait.

— Vous êtes sûrs que ça va marcher ? demanda Marias, le benjamin du groupe.
— Si tu commences à douter, c’est certain que ça ne donnera rien, répliqua Elina, sa grande sœur.

Kaël, pour sa part, fixait le grimoire, comme envoûté.

— Ça va fonctionner, affirma-t-il avec assurance.

Les adolescents posèrent leurs mains sur le livre.

Ils se concentrèrent en déchiffrant les symboles, même s’ils n’en comprenaient pas le sens. Mais alors que leurs voix s’élevaient vers la voûte étoilée, un murmure glissa jusqu’à l’oreille de Kaël : une voix féminine, familière, douce, presque hypnotique…

— Lilith… souffla-t-il, à peine audible.

Marias observa son ami, ayant remarqué le mouvement de ses lèvres.

— Tu as dit quelque chose ? demanda-t-il, intrigué.

Kaël tourna la tête vers lui, esquissa un léger sourire et répondit simplement :

— Non. Un bref signe négatif accompagna sa réponse.

L’eau de la rivière, jusque-là paisible, se mit soudain à accélérer son cours, et la voix devint perceptible pour les autres enfants.

— Vous avez entendu ?! s’exclama Aneda en se levant, scrutant les alentours. — La voix ? Oui, je l’ai entendue, confirma Elina en se redressant. — C’était qui ? Elle vient d’où ? demanda Marias, imitant les deux autres.

Un rire cristallin résonna alors, léger, non moqueur, presque joyeux. Kaël se leva, saisit le grimoire et regarda ses camarades.

— On ferait mieux de rentrer. Si la directrice nous surprend dehors, on va avoir des ennuis.

— Attends… me dis pas que t’as rien perçu ? protesta Elina en le fixant.

— Perçu quoi ?

— Ben… la voix de la femme ! On l’a tous entendue ! insista Marias.

Kaël haussa les épaules et répondit :

— Sans doute le vent… ou la fatigue. Allez, on rentre.

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