Chapitre 5

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Je guette la réaction de Jiwon, conscient qu’elle est clairement hypocrite avec Mina. Ça me fait de la peine pour elle, étant donné qu’elle a l’air d’être seule, malgré sa popularité. Elle doit penser que Jiwon veut devenir son amie.

Heol*, tu es adorable, Chae Mina, lâche Minji.

Il accompagne sa remarque d’un petit sifflement. La concernée rougit et baisse les yeux, s’accrochant à sa jupe.

— Laisse-tomber, je ne sais pas ce qu’il m’a pris…

Elle rit doucement, mais Jiwon continue de la fixer, une lueur indescriptible dans le regard. Soudain, un sourire illumine son visage.

— Évidemment ! Appelle-moi eonni quand tu veux ! Je jure de faire une parfaite grande sœur pour ma yeodongsaeng**.

Je sens que ça va être un massacre. Je soupire avant de picorer quelques grains de riz.

— Au fait, ça vous dit de faire un base-ball ce week-end ? propose Jiwon.

Tiens, c’est vrai que j’y avais pensé aussi.

— Ouais ! s’exclame Minji. Mina, t’es de la partie ?

— Ah… Je sais pas trop si je suis disponible… Il faudrait que je demande à mes parents.

Mon meilleur ami lève sa main par-dessus la table, et Mina vient y taper timidement. Elle croise mon regard et je lui souris. Immédiatement, elle baisse les yeux et s’attaque à ses macarons.

— Échangeons nos numéros, suggère Jiwon. Ce sera plus facile pour communiquer. Je crée un groupe dès maintenant !

Ma meilleure amie sort son téléphone portable et demande à Mina son numéro de téléphone. Cette dernière ne le connaissant pas par cœur, elle sort son propre smartphone pour le dicter à Jiwon.

— Super ! On en parle ce soir, ok ? Mina, pense à demander à tes parents.

— Ok !

Ma meilleure amie lui offre un large sourire, avant de lever les yeux au ciel quand elle ne la voit pas.

* * *

— Pourquoi tu fais ça à Mina ? questionné-je.

Jiwon et moi marchons dans la rue. Minji est resté avec Hyesung pour lui expliquer un truc en anglais, et je me rends donc à la bibliothèque avec ma meilleure amie uniquement. Nous avons proposé à Mina de nous accompagner, mais elle a décliné en disant qu’elle devait aller quelque part en urgence.

— Je ne fais rien.

— Si. Je ne suis pas stupide.

Jiwon pousse un soupir.

— Elle m’insupporte. Je veux la voir tomber.

Je m’arrête immédiatement. J’agrippe ma meilleure amie par le bras pour la forcer à se retourner. Elle me considère de haut en bas, avant de hausser un sourcil.

— Tu as le droit de ne pas l’aimer, mais ne lui fais pas de mal. Tu ne la connais pas.

— C’est bon… Je veux juste lui faire prendre un peu de poids et lui faire cracher le morceau par rapport à sa chirurgie.

— Jiwon… Pourquoi est-ce que tu es comme ça ? Tu n’es pas aussi méchante, d’habitude.

— Je te l’ai dit. Elle m’insupporte, avec sa petite apparence fragile et mignonne. Qui y croit ? Je déteste les filles dans son genre.

Je soupire.

— Arrête…

Jiwon grogne puis recommence à marcher, se dégageant de ma prise.

— Laisse-moi faire ce que je veux, Jaehyun.

— Mais tu es folle ou quoi ?! m’emporté-je. Tu ne vas quand même pas lui faire ça sous prétexte que tu trouves son comportement fake !

— Ok.

Je hausse un sourcil. Jiwon n’est clairement pas du genre à accepter des choses aussi facilement.

— De quoi ?

— J’ai dit « ok ». Tu es sourd ?

Elle sourit.

— J’avoue que j’ai peut-être un peu abusé… Bref, allons-y !

Je plisse les yeux puis passe une main dans mes cheveux noirs, qui retombent ensuite sur mon front. Je ne sais pas si je peux croire Jiwon, mais j’aimerais pouvoir avoir confiance en elle. Je pousse un soupir.

— Ok, c’est bon, je te crois.

Jiwon sourit puis presse le pas en direction de la bibliothèque.

* * *

Après le repas du soir, j’attrape mon téléphone pour regarder si j’ai des notifications. Minji a déjà commencé à envoyer des messages sur le groupe que notre meilleure amie a créé tout à l’heure, aussi suis-je obligé de tout rattraper.

Minji : Samedi, 17 heures, terrain de base-ball ?

Minji : Tu es de la partie, Mina ?

Jiwon : C’est ok pour moi. On ramène à manger ?

Minji : Oui ! Je vais faire des gâteaux de riz.

Jiwon : Parfait. Mina, tu n’as pas d’allergies ?

Mina est en train d’écrire.

Je pose mon téléphone à mes côtés sans éteindre l’écran et j’enfile mon pyjama. Je frotte mes yeux puis replie mon uniforme, le rangeant avec mon sac de cours. Je reprends ensuite mon smartphone.

Mina : Oui, je peux venir. Non, je n’ai pas d’allergie. Merci encore.

Je souris puis éteins mon portable. Je m’installe ensuite à mon bureau et ouvre mon cahier d’histoire pour réviser encore. Je n’ai pas eu le temps à la bibliothèque, entre mes exercices de maths, la physique à travailler et le devoir d’anglais.

Alors que je répète les dates de la dynastie des Yi, soit la période Joseon, qui va de 1392 à 1910, j’entends quelques coups à ma porte. Je relève la tête, lançant « entre », puis ma mère apparaît. Elle se glisse dans ma chambre et se place derrière moi, posant une main sur mon épaule droite.

— Tu travailles dur, Jaehyun ?

— Oui. Il faut que j’intègre une bonne université.

— C’est bien d’étudier, mais repose-toi correctement.

Je hausse les épaules, lâche mon crayon et fais pivoter ma chaise pour faire face à ma mère.

— Tu as besoin de moi ?

— Je venais voir ce que tu faisais.

Je hoche la tête.

— Au fait, je sors avec mes amis ce week-end.

— Où ça ?

— On va faire du base-ball.

Ma mère acquiesce puis s’assoit sur mon lit. Soucieuse, elle croise les mains et observe la moquette grise avec attention. Je hausse un sourcil et m’affale un peu dans ma chaise, croisant les bras.

— Il y a quelque chose qui te préoccupe ?

Elle grimace puis opine du chef. Je me redresse immédiatement et me penche un peu en avant.

— Quelque chose ne va pas ? Rien de grave, j’espère ?

— Non… Je ne veux pas inquiéter Soyeon… Ni toi, d’ailleurs. Mais en ce moment, ça ne va pas très bien entre ton père et moi.

Je ne les vois pourtant jamais se disputer et ils n’ont pas l’air de se faire la tête. Peut-être qu’ils font semblant pour que ma sœur et moi nous ne rendions compte de rien. Le cœur serré, je me lève pour m’asseoir aux côtés de ma mère.

— Vous comptez divorcer ?

Elle soupire puis mordille sa lèvre inférieure. Elle me paraît soudain plus fatiguée que d’habitude. Ses traits semblent plus tirés et des cernes creusent son visage.

— Je ne sais pas… On a décidé de faire une pause, en tout cas… Je te le disais pour éviter que tu t’étonnes en me voyant dormir sur le canapé.

— D’accord… soufflé-je.

Ma mère se lève tristement puis quitte ma chambre. Je me laisse tomber en arrière sur mon lit. J’espère que tout va s’arranger entre mes parents. J’ai eu la chance de grandir en les voyant amoureux, mais Soyeon n’a que six ans. Elle n’a presque aucun souvenir de nos parents. Je ne veux pas qu’elle soit triste.

Je soupire puis me lève pour éteindre la lumière.

*Wow/Génial en coréen.

**« Petite sœur » en coréen

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