Le mal du siècle
Je serais atteint du mal du siècle.
Incapable de parole, ivre de pensées, les mots ne m'échappent plus.
Virtuose du silence, je tais mes maux et mes mots sont avares.
Caché dans un cachot, mon horizon est fait de briques et ma seule compagne est l'attente.
L'attente d'une fin inéxorable, inévitable.
La promise, la mort, sans doute.
Mes symptomes s'aggravent, le temps défile et je me meurs à petit feu. Il m'est désormais difficile de me faire à l'idée de jouer les hypocrites, les sans visages. Le mensonge m'horripile, je ne peux tolérer désormais de mêler le faux à ma parole.
Je ne désire plus qu'une chose, être moi. Sans se soucier de savoir si cette innocence sera source de souffrances.
Je fais l'amour avec ma solitude, j'embrase mes tripes et j'embrasse ma descente aux enfers.
Je serais atteint du mal du siècle. Mes symptomes s'aggravent.
Je n'apprécie plus le monde qu'à travers mes yeux.
Las des idéologies, des histoires qui enferment mon monde.
Pendant un temps, j'ai cru être au fond du trou.
Beaucoup trop ou pas assez, j'ai dû m'effacer pour mieux voir.
Je ne sais plus qui je suis.
Mais je n'ai plus peur. Je n'ai jamais su qui j'étais. Il est temps de le découvrir.
Loin des fables, des contes du quotidien.
Moi, seul, décidera mon destin et mon chemin.
Je me refuse solennellement à la case qui m'a été réservée.
Comme tout bois ne devient pas violon, je me réserve le droit d'être libre.
Sans jugement, sans crainte.
Je suis malade et fier, ivre d'un amour qui n'a de limite que mon imaginaire.

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