Chapitre 3 – Une invitation peu chevaleresque
Notre infortuné Olivier IV de Clisson semble toutefois, en apparence, appartenir encore au cercle restreint des hommes respectables, puisque Philippe VI, le roi de France, l’invite à se présenter à la cour.
Certains récits parlent même d’un tournoi.
Un prétexte bien commode… et un piège fort élégant.
Quel noble, aussi peu prudent soit-il, refuserait pareille invitation ? Imaginez décliner une convocation à l’Élysée pour des vœux présidentiels ou quelque cérémonie officielle…
Quoique… en l’espèce, le piège serait bien trop évident. Et je ne saurais trop vous conseiller de fuir. Vite. Et loin. De préférence dans un pays qui n’extrade pas. L’Angleterre, par exemple ? Cela ne manquerait pas d’ironie.
Mais revenons à Olivier.
Hélas, s’il gagne bien sa place à la cour, il semble que la récompense ait de quoi faire… perdre la tête.
Car déjà la garde royale est en route.
L’arrestation a lieu presque immédiatement.
Et l’exécution ne tarde guère.
Même Jean Froissart, pourtant peu avare de récits chevaleresques, en laisse une trace qui ne dissipe guère le malaise.
D’autres contemporains s’en indignent tout autant.
Quant à Jeanne — car ne l’oublions pas — elle enrage.
Et le pardon, jamais elle ne l’accordera. Ni au roi, ni à Charles de Blois, ni à quelque intrigant que ce soit.

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