Chapitre 10 – Héritage
Alors, que reste-t-il, au fond, de Jeanne de Belleville, ou de Clisson ?
Une légende.
Des récits.
Quelques chroniques… tout aussi fidèles que les miennes.
Au fil des siècles, on la dote de navires noirs, de voiles sanglantes, d’une vengeance implacable.
On la baptise « Lionne de Bretagne », « Lionne sanglante », parfois même « tigresse ».
Autant de noms qui en disent peut-être plus sur ceux qui les donnent… que sur celle qui les porte — sans jamais pouvoir s’en défendre.
Mes recherches, ici et là, confirment au moins une chose :
Le récit est souvent plus séduisant que la vérité.
À moins que ce ne soit là… une vérité particulièrement séduisante.
Pirate ?
Mère ?
Épouse ?
Ou simplement une femme qui a refusé de céder ?
Car là encore, en bien comme en mal, il est fort à parier que les scribes — ou leurs équivalents plus bruyants — n’ont pas manqué d’accentuer, d’exagérer… ou d’inventer.
Surtout lorsque l’on s’oppose au roi de France.
Je vous invite ainsi, une fois de plus, à la prudence.
Et peut-être… à la curiosité.

Annotations