La minute culturelle
Des expressions populaires, j'en connais plein, mais je n'aime pas ce qui est populaire ou socialiste donc je n'apprécie pas. C'est l'illustration parfaite de pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué : ne suffit-il pas de dire carrément les choses ? Non pas en Hypocrisieland...
Par exemple, chez nous, on dit toujours : Fourrer les pisse-au-lit dans la Blondine, pour dire qu'on a fait une grosse... boulette. Mais vraiment grosse, genre qu'on pourrait ne pas s'en remettre.
Cela remonte à la période médiévale et c'est le seigneur Godefroy de Montmirail qui sortit cette expression oiseuse, un jour que l'on ramena en son castel un présumé bâtard basané. Réalisant qu'au cour de la troisième croisade, de passage à Cajars, après une brandade de morue bien arrosée, il avait lutiné une grosse soubrette blondinette, fort avenante par ailleurs.
Le bambin, bien que de carnation fort foncée, quasi noire quoi, ce fait insignifiant (la mère étant blonde) ne perturba nullement le Godefroy qui était bas de plafond, genre qui n'avait point la lumière à tous les étages, con comme un balai, ou comme on dit dans le quartier "con comme un Français".
Ainsi, noblesse oblige, reconnut-il, de fort mauvaise grâce, le petiot, tout maugréant et se jurant que jamais on ne l'y reprendrait, surtout que Dame Frédégonde lui en gardait une rancune tenace. On peut la comprendre, parce qu'en réalité, des bâtards de Godefroy gambadaient gaiement en Palestine.
La vie militaire est ce qu'elle est. On risque sa peau, aussi, il faut bien quelques compensations.
Donc, par chez nous, quand une meuf se pointe avec la gueule enfarinée, brandissant le maudit Clear-Blue, toute joyeuse, on murmure : oh putain, j'ai fourré les pisse-au-lit dans la blondine ! La misère ! Je suis foutu !
La vie de l'homme est une galère sans nom. Et, non, madame, je ne raconte pas de salades !
C'était la minute du professeur No.
Bzzz !

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