BONUS
Chahine
4 ans plus tard
Je frappe à la porte pour la troisième fois. Le bois est glacé sous mes jointures, tout comme l'air qui nous mord le visage en cette soirée de janvier. Lyna se serre contre sa mère, ses petites mains gantées dans un tissu pailleté qui n'arrive plus à la réchauffer.
Bordel.
Je savais que c'était une mauvaise idée.
Je lève le poing une dernière fois, prêt à frapper de nouveau, lorsqu'une voix me coupe dans mon élan :
- J'arrive !
La porte s'ouvre enfin sur Jasmine, vêtue d'un pull et d'un pantalon léger, contrairement à nous qui grelottons dans nos manteaux. Elle s'écarte pour nous laisser entrer, la chaleur du logement nous enveloppant instantanément, et Lyna se jette dans ses bras.
- Tata !
- Lyna ! proteste doucement Layla.
Jasmine éclate de rire, avant de déposer un baiser sur le front de notre fille.
- Tu m'as manqué, ma puce !
- Ouais bah t'aurais pu nous ouvrir plus tôt, grommelé-je en retirant mon manteau.
- Désolée, le thé était à deux doigts de s'échapper !
Elle attrape mon manteau et l'accroche aux patères murales.
Je remarque alors que Layla n'a toujours pas enlevé le sien. Son ventre rond tend le tissu, compliquant le geste. Je me place devant elle pour l'aider, et elle me murmure un remerciement.
- C'est trop mignon ! déclare Jasmine. Regarde comme ton papa aime ta maman, Lyna !
Je lui lance un regard noir.
- Je sais ! rétorque Lyna. Il parle que de maman ! Tout le temps !
Cette fois, c'est ma fille que j'ai envie de fusiller du regard.
Layla est rouge jusqu'aux oreilles, mais un sourire lui échappe malgré elle.
J'ignore les moqueries de Jasmine et me contente de la suivre machinalement, tandis qu'elle nous entraîne vers le salon. Lyna s'installe par terre, déjà à la recherche de quelque chose à faire, pendant que ma femme et moi prenons place sur le canapé.
- Bougez pas, je reviens tout de suite ! s'écrie Jasmine en s'éclipsant dans la cuisine.
Le silence retombe alors, seulement troublé par le bruissement de Lyna qui se roule sur le tapis. Layla s'adosse au canapé, cherchant la position la plus confortable, une main posée sur son ventre. Je la regarde faire, sans rien dire, mais l'envie de poser ma main sur la sienne me prend.
- Regardez, papa, maman ! Je suis un crocrodile !
Je m'immobilise, la main suspendue, tandis que Layla éclate de rire.
- On dit crocodile, mon amour.
- Je suis un crocordile !
Le rire de Layla s'amplifie, et le mien s'y mêle.
- Un magnifique crocodile, Lyna ! lancé-je en l'observant.
Elle bombe alors le torse, fière comme jamais.
Et le bonheur qui me gagne à chaque fois que je la vois sourire est toujours aussi intense.
Une odeur de menthe sucrée s'infiltre soudain dans le salon.
Je relève la tête et aperçois Jasmine déposer un plateau de thé fumant sur la table basse.
Lyna se redresse, et Jasmine pose instinctivement une main sur sa tête :
- Attention, ma puce, c'est chaud.
Elle se rassoit aussitôt sur le tapis, docile.
- Merci encore de nous avoir invités, Jasmine ! déclare Layla.
- Mais voyons, c'est normal ! Ça me fait vraiment plaisir de vous accueillir !
Je grogne légèrement.
Sa dernière blague a encore un goût amer.
Je me saisis d'un verre et bois une gorgée d'une traite, espérant chasser l'amertume.
Jasmine me dévisage, les yeux ronds, surprise que je sois capable d'avaler un thé aussi brûlant sans broncher. J'esquisse un sourire narquois. Elle lève alors les yeux au ciel, puis s'assoit sur le pouf en face.
- Au fait, Layla... débute-t-elle en faisant tourner son verre entre ses doigts. Comment se passe ton internat ?
- Plutôt bien, réplique-t-elle. En ce moment, je suis en stage d'endocrinologie, en unité de diabétologie.
Layla a effectivement commencé sa seconde année d'internat de médecine générale. Elle doit donc effectuer un stage de six mois dans une spécialité de médecine polyvalente adulte, d'où son choix d'aller en endocrinologie.
- Trop bien ! s'exclame Jasmine. J'imagine que ça doit être très formateur !
Ma femme acquiesce, et elle se met à lui parler de son dernier patient : un professeur de philosophie qui s'est plaint de sa difficulté à lire ses copies, récemment. Il a d'abord été pris en charge en ophtalmologie, le médecin ayant supposé une simple baisse d'acuité, avant que son fond d'œil ne révèle une rétinopathie – une complication chronique classique du diabète.
Je les écoute débattre à moitié, connaissant déjà le cas par cœur, et reporte plutôt mon attention sur ma fille. Elle est toujours assise sur le tapis, sans ciller. Je ne dis rien, mais je crois que je la regarde un peu trop longtemps, parce qu'elle finit par lever la tête vers moi. J'ouvre alors les bras, et elle s'empresse de se blottir contre moi.
Je caresse tendrement ses longs cheveux d'ébène – les mêmes que les miens. Petit à petit, sa respiration ralentit, jusqu'à ce qu'elle s'abandonne à un sommeil profond. Je dépose un baiser sur sa tempe et veille à ne pas trop bouger, de peur de la réveiller.
- Mon Dieu... souffle Jasmine. Heureusement que tu n'es plus avec ce chef qui te faisait du rentre-dedans !
Je me fige subitement.
- Jasmine ! peste Layla en lui intimant de baisser la voix, mais c'est trop tard.
Je me retourne vers ma femme et la scrute, le sourcil arqué :
- De quoi est-ce qu'elle parle ?
Elle ne répond pas tout de suite.
Ses doigts se crispent autour de son verre, et elle déglutit discrètement.
- Rien, rien... murmure-t-elle.
Ma mâchoire se contracte.
Je déteste quand elle me cache des choses.
Je reporte alors mon attention sur Jasmine, puis répète ma question :
- De quoi est-ce que tu parles ?
Elle ouvre la bouche, la referme aussitôt.
- Ce n'était pas... euh... je... voulais dire...
Mon sang bouillonne.
Pourquoi est-ce qu'elles s'obstinent à nier ?
Je serre les dents, jusqu'à en avoir mal à la mâchoire.
La seule chose qui m'empêche d'exploser en ce moment, c'est le poids de Lyna contre moi.
Je me lève lentement, ma fille toujours assoupie dans mes bras.
- On va rentrer. Lyna est fatiguée.
- Attends, balbutie Jasmine. Je n'ai même pas encore ramené le dessert...
J'ignore sa remarque et me dirige spontanément vers les patères murales. J'attrape mon manteau et le pose sur mes épaules sans même l'enfiler, de façon à couvrir aussi Lyna.
Layla se redresse à son tour, en s'aidant de l'accoudoir du canapé.
- Chahine... soupire-t-elle doucement.
Elle hésite, comme si elle cherchait ses mots, et durant un court instant, j'ai espoir qu'elle finisse par se confier. Mais elle ne dit rien. Elle se contente d'enfiler son manteau maladroitement, avant de considérer brièvement Jasmine, qui s'excuse platement en gesticulant.
Le trajet en voiture se fait dans un silence pesant.
Mes mains se crispent sur le volant, mes phalanges blanchissent.
Je jette un rapide coup d’œil en direction de Layla. Elle a le regard rivé sur la fenêtre, observant le paysage hivernal nocturne défiler, entre arbres nus et champs ternes.
Elle toussote légèrement.
Je tends aussitôt la main vers le tableau de bord et monte le chauffage de deux crans.
Une fois à la maison, je dépose Lyna dans son lit, puis je file à la douche.
Je plaque mes mains contre le mur carrelé. L'eau se met à couler sur ma nuque, brûlante, mais malgré sa chaleur, je reste tendu. Je ferme les yeux, essayant de me concentrer sur le chemin que tracent les gouttes sur ma peau ; mes muscles ne se relâchent toujours pas.
Je sais que ce n'est pas la façon la plus saine de gérer ma colère. Mais je préfère me taire, plutôt que de lâcher des mots que je ne pense pas et que je regretterais aussitôt.
Lorsque je sors de la douche, l'air de la pièce me paraît presque froid. J'enfile un tee-shirt et un jogging à la hâte, avant de gagner le salon.
Elle est là.
Assise sur le canapé, elle grignote distraitement le fond d'un bol.
Je plisse les yeux pour en distinguer le contenu : des cornichons et un reste de crème glacée.
Mon estomac se serre instinctivement.
Bordel, c'est ma faute.
On aurait dû rester chez Jasmine pour le dessert. Elle aurait mangée correctement.
- Je vais faire un tour à l'épicerie, déclaré-je en attrapant mes clés. Dis-moi ce que tu veux.
Elle relève la tête, comme si elle venait à peine de remarquer ma présence.
- À cette heure-ci ? demande-t-elle, les yeux ronds.
Je hausse les épaules nonchalamment.
- Si tu as faim, tu as faim. Il n'y a pas d'heure pour ça.
- Je n'ai pas vraiment faim... rétorque-t-elle.
Je fronce les sourcils en fixant son bol.
- Ça ne te nourrit pas, ça.
Elle suit alors mon regard, et ouvre soudain la bouche, dans un élan de réalisation.
- Oh... ça.
Elle esquisse un sourire gêné.
- C'est juste une envie de grossesse.
Je la dévisage durant un moment, cherchant à la sonder.
- Je t'assure, Chahine, insiste-t-elle. J'avais envie de cornichons à la crème.
Le nœud dans mon estomac se relâche enfin, et je repose mes clés sur l'étagère.
- D'accord.
Elle me tend le bol, un sourire malicieux sur les lèvres.
- Goûte. C'est super bon.
J'observe le mélange douteux et grimace.
- Non merci. Je préfère crever de faim.
Elle glousse doucement, puis se décale pour me faire de la place.
- Viens.
J'hésite une seconde.
La colère n'a pas totalement disparu.
- S'il-te-plaît, Chahine.
Elle tapote le canapé, tout en m'adressant son regard de chien battu.
- Je veux que tu t'assoies près de moi.
Je réprime un soupir, et je finis par céder.
Elle se rapproche alors, et son nez se glisse dans mes cheveux humides.
- Tu sens bon...
Une chaleur diffuse gagne ma nuque.
- Arrête, Layla ! m'exclamé-je, embarrassé. Je suis encore énervé !
Elle sourit doucement, sans insister.
- D'accord.
Elle se recule juste assez pour me laisser respirer.
Puis elle pose sa tête contre mon épaule.
Je sens sa respiration ralentir peu à peu, et je profite de cet instant suspendu, enveloppé dans la chaleur que me procure sa présence.
Puis sa voix se fait entendre, basse, mais suffisante pour briser le silence :
- Pardon, Chahine...
Elle joue nerveusement avec un bout de mon tee-shirt.
- J'aurais dû t'en parler.
J'inspire profondément.
Puis j'expire lentement.
- Oui... tu aurais dû m'en parler.
Elle serre davantage le bout de tissu.
- Mais ce n'est pas trop tard pour le faire, Layla.
Elle relâche mon tee-shirt et se redresse légèrement, relevant la tête vers moi.
- Je ne voulais pas t'embêter, précise-t-elle. Surtout en ce moment... avec l'écriture de ta thèse sur les derniers traitements du myxome.
Une pointe me serre le cœur, et je secoue doucement la tête.
- Ma thèse peut attendre, Layla. Ton bien-être, non.
Ses joues rosissent malgré elle.
- Ça ne m’est arrivé que quelques fois… poursuit-elle. Durant mes gardes aux urgences.
Je prête l'oreille, attentif.
- Il y avait ce sénior qui n'arrêtait pas de me faire des réflexions déplacées...
- Quel genre de réflexions ?
- Il disait que... ce n'était pas normal que je travaille enceinte. Et que... si j'étais sa femme, je resterais à la maison.
Le sang afflue dans mes veines.
Il me faut puiser dans toutes mes ressources pour ne pas exploser à cet instant.
- Dis-moi que tu n'es pas restée sans rien faire, Layla.
Ma voix est plus dure que je ne l'aurais voulue.
- Non...
Elle secoue discrètement la tête.
- Je l'ai signalé au syndicat, comme me l'a conseillé Jasmine...
Je réprime un rire nerveux.
Tout le monde sait que dans ce genre d'histoires, les chefs finissent toujours par s'en sortir. Combien de fois j'ai entendu des récits de harcèlement sexuel à l'hôpital minimisés, voire étouffés, les victimes mises de côté. Quoi qu'on en dise, les médecins ont du pouvoir. Un réseau qu'ils savent parfaitement utiliser quand il faut.
Bien sûr, je ne le dis pas à Layla.
- Tu as eu raison de ne pas te laisser faire. Je suis tellement fier de toi, Layla.
J'encadre son visage de mes mains pour déposer un baiser sur son front.
Elle ferme les yeux, un souffle tremblant lui échappant.
Puis ses mains viennent se poser contre ma poitrine, comme pour s'y ancrer.
Je la contemple un instant.
Elle est tellement belle, bon sang.
Je me penche aussitôt pour lui déposer un autre baiser, sur le nez cette fois. Puis je descends vers son cou, et elle grimace légèrement.
- Mince, murmuré-je en me reculant. J'ai mis trop de poids ? Je suis désolé, j'ai parfois du mal à mesurer ma force et...
- Non, m'interrompt-elle. Ce n'est pas toi, ne t'en fais pas.
Je soupire discrètement, soulagé de ne pas l'avoir heurtée involontairement.
- Alors quoi ?
Elle place sa paume sur son ventre rond, qu'elle caresse tendrement.
- C'est le bébé, il vient de me cogner...
- Oh.
Contrairement à la première, la seconde grossesse de Layla était planifiée. Après avoir brillamment réussi son concours de fin d'externat, elle a ressenti l'envie d'avoir un nouvel enfant. Une perspective à laquelle je n'étais pas du tout opposé, étant donné que Lyna venait de rentrer à l'école.
Je lui ai cependant proposé d'attendre un an supplémentaire, le temps qu'elle s'acclimate à sa transition d'interne, ce qu'elle a accepté. Et nous voilà maintenant, comme prévu, à compter les semaines avec impatience avant l'arrivée de notre bébé.
Je place ma paume au-dessus de la sienne.
En toute honnêteté, j'ai toujours trouvé ça fascinant, de constater tout ce qu'une femme était capable d'encaisser. Entre les fluctuations hormonales au quotidien, la grossesse, l'accouchement... ce petit corps à l'apparence si frêle est pourtant doté de tant de résilience.
J'en étais déjà persuadé lorsque j'avais étudié mes cours de gynécologie, mais l'expérimenter aux côtés de Layla l'a confirmé. On a beau dire que les hommes sont supérieurs aux femmes physiquement, je reste convaincu du contraire – jamais je ne serais capable d'endurer autant.
Je sens soudain un coup vif de notre bébé.
- Il est vraiment actif, ce soir ! ricané-je.
Elle esquisse un sourire fragile.
Puis elle baisse légèrement la tête.
Et je comprends instantanément que quelque chose ne va pas.
- Tu crois que... je suis une mauvaise mère ?
Je me fige, les yeux ronds.
- Pourquoi tu serais une mauvaise mère ?
- Parce que je veux concilier les deux... ma carrière et ma famille...
Je me tourne vers elle, et je relève doucement son menton.
— Écoute-moi bien, Layla.
Elle fronce le nez, décontenancée.
- Ces enfants, on les a faits à deux. Tu es d'accord avec ça ?
Elle opine du chef.
- Est-ce qu'on m'a déjà reproché d'être à l'hôpital parce que j'avais une famille ?
Elle fait non de la tête.
- Alors pourquoi tu n'aurais pas le droit d'avoir les deux aussi ? Pourquoi tu devrais être la seule à mettre tes rêves de côté pour t'occuper de nos enfants ?
Elle se pince la lèvre inférieure, silencieuse.
- C'est la société injuste qui veut te faire croire que tu dois sacrifier ton identité pour être une bonne mère. Mais c'est faux. Tu es la meilleure mère que Lyna pouvait avoir.
Je marque une pause, soutenant son regard.
— Et tu seras la meilleure mère pour notre nouveau bébé aussi.
Son menton tremble, tandis que ses yeux s'embuent de larmes.
- Tu n'en sais rien, chuchote-t-elle.
- Tu l'as déjà prouvé une fois avec Lyna.
Elle détourne le regard, avale sa salive.
- Mais là, ce n'est pas pareil...
Je hausse un sourcil.
- Et pourquoi ce serait différent ?
- Parce que... ce n'est pas une fille...
- Et donc ?
Elle s'interrompt pour inspirer profondément.
- J'ai peur, Chahine...
- Peur de quoi, Layla ?
- Peur de reproduire les erreurs de ma mère... De faire une différence entre Lyna et lui... juste parce qu'il est un garçon.
Sur ces mots, elle éclate en sanglots.
Je l'attire aussitôt contre moi, enroulant fermement mes bras autour d'elle. Elle enfouit son visage contre mon torse, secouée par ses pleurs, et je parsème sa tempe de baisers.
- Chhh... ça va aller, Layla. Je suis là.
Elle s'agrippe à mon haut, comme s'il s'agissait d'une bouée au milieu de la tempête.
- Le fait que tu te poses la question prouve déjà que tu ne feras pas comme elle. Les mauvais parents ne doutent pas. Toi, si.
Je la serre un peu plus fort contre moi.
- Et puis, je serai toujours avec toi, Layla. Je serai avec toi pour poser le cadre, pour veiller à ce que nos enfants ne subissent jamais d'injustice.
Ses sanglots s'apaisent peu à peu.
Elle renifle, puis murmure, la voix encore chevrotante :
- Merci... merci d'être là, Chahine.
Je dépose un dernier baiser sur sa tempe.
Puis je glisse un bras sous ses genoux, et l'autre dans son dos.
- Chahine... qu'est-ce que...
- Chhh... il est temps d'aller se coucher.
- Mais... je suis lourde...
Je lève les yeux au ciel.
- Arrête d'insulter mes efforts à la salle, s'il-te-plaît.
Ma remarque lui arrache un petit rire.
Elle obtempère alors, passant un bras autour de mon cou, la tête contre mon épaule.
Je l'emmène dans notre chambre, l'allonge sur les draps, et reste un moment à caresser ses cheveux. Lorsqu’elle s’endort enfin, j’attrape mon Coran, et je me mets à lire quelques versets, éclairé par la lueur timide de la lampe de chevet.
Après quelques minutes, je repose le livre sacré, et je lève les mains en l'air pour invoquer. Je n'ai pas besoin de réfléchir, je sais déjà ce que je vais demander ; je répète cette même prière au quotidien. Je prie pour qu'elle soit préservée de tout mal, je prie pour qu'elle soit épargnée de ces doutes qui la font vaciller.
Mais surtout, je prie pour qu'elle reste à mes côtés. Je l'aime d'un amour dont je ne soupçonnais même pas l'existence, avant nos enfants, avant ma propre vie. Et je jure de l'honorer jusqu'à mon dernier souffle. Parce que le Croyant qui a la foi la plus parfaite est celui qui a le meilleur comportement, et les meilleurs d’entre nous sont les meilleurs avec leurs femmes.

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