Chapitre 78 Evie

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Ma superbe s’efface, mes joues s’empourprent, aussi je baisse les yeux pour cacher mon trouble. Le désir s’empare de moi et se cheville au bas de mon ventre, irradiant d’une chaleur incendiaire mes entrailles. Mon sexe s’humidifie aussitôt, le traitre. Je devrais craindre le châtiment qui m’attend, mais mon corps en a décidé autrement. La pointe de mes seins se dresse, des frissons me parcourent des pieds à la tête, électrisant chacune de mes terminaisons nerveuses.

Ludovic se débarrasse de son pull, puis de son t-shirt. Je ne peux m’empêcher de lorgner son torse vigoureux, son cul et ses cuisses musclées, moulés dans son jean, ce qui augmente encore la puissance de mon appétit.

Ludovic me relève le menton pour plonger son regard amusé dans le mien.

— Je crois que tu en as envie, n’est-ce pas ? interroge mon amant.

— Oui, je réponds dans un souffle, hypnotisée par mon désir comme par celui que je peux lire en lui, au vu de la bosse qui tend son entrejambe.

— Viens par-là, ma chérie, me guide Ludovic en écartant la chaise loin de la table.

Quoi ?

— Pas ici ? je proteste piteusement.

— Il n’y a aucun risque que tes collègues reviennent ce soir, m’explique Ludovic. Je vais te fesser dans cette cuisine pour que tu t’en rappelles bien tous les jours.

— Tu es un grand pervers, je raille d’un ton mal assuré, tout en obtempérant.

Ses yeux pétillent de malice tandis que je me tiens debout face à lui, assis sur la chaise, au beau milieu de la pièce.

— Je t’aime, mon ange, m’affirme-t-il en prenant mes mains dans les siennes.

— Je t’aime aussi, je chuchote en retour, le souffle coupé par ce qui m’attend.

Ses paumes se posent sur mes hanches, puis redescendent. Elles atteignent l’ourlet de ma robe, effleurent mes bas. Je frémis à son contact léger, lorsqu’il saisit le tissu et remonte les volants de dentelle à la hauteur de ma taille, qu’il coince dans la jarretelle. Il considère un instant ce qu’il a sous les yeux.

— Tu es divine, Evie, me complimente-t-il en faisant glisser ma culotte noire sur mes cuisses.

Un courant d’air frôle mon sexe moite, vite remplacé par ses doigts impérieux.

— Mmm, apprécie mon amant en exerçant une caresse à l’orée de mon intimité. Tu es déjà prête.

Ma respiration se relâche, mes muscles se détendent. Il a raison. Je souhaite ardemment sentir le feu de sa colère sur moi, parce que j’appartiens à cet homme. Je me libère de toute peur.

Ludovic m’invite à me déporter sur le côté, à sa gauche. J’obtempère.

Il m’aide à basculer en travers de ses genoux, ma robe toujours relevée, pour placer mon derrière en évidence sur ses cuisses aussi solides que des troncs d’arbre. Son érection, dure comme un roc, s’imprime contre mon flanc, tandis que mon buste est entraîné vers le vide. L’inconfort de cette position est humiliant, je me sens affreusement vulnérable, ainsi exposée, les jambes entravées par le tissu de ma culotte.

Ludovic caresse la chair tendre de mon postérieur, puis applique sa sentence, d’une première claque sonore sur la fesse gauche. Immédiatement, la droite reçoit à son tour une taloche. Le picotement n’est pas si terrible, j’essaie de me rassurer.

Mais Ludovic n’en reste pas là, bien sûr.

Sa main s’abat d’un côté, puis de l’autre, à une cadence régulière. Comme la fois d’avant, il ne cherche pas vraiment à me faire mal avec cette série de tapes. Il se contente d’échauffer ma peau, comme s’il préparait le cuir d’un tambour. Mon cerveau cesse de fonctionner pour se concentrer sur la sensation de piqure des coups, remplacée par l’onde de chaleur, qui croit doucement à mesure que mon fessier se sensibilise.

Ludovic s’interrompt au bout d’une quinzaine de frappes, réparties sur toute la surface de mon cul.

— Ça va ? me demande-t-il.

Je lui ricanerais bien au nez. Mais je ne suis pas vraiment en bonne posture pour faire la maline, non ?

— Oui, je grogne.

— Très bien. Je vais passer aux choses sérieuses, dans ce cas, m’affirme-t-il, pince-sans-rire.

Quoi, aurait-il fallu que je pleure un peu pour l’amadouer ?

J’avale ma salive, essaie de remonter ma tête.

— Je n’apprécie pas cette position, je trouve le courage de lui avouer.

— Moi, je l’aime beaucoup, me rétorque-t-il. Tu es complètement impuissante, j’adore ça !

Je ne réponds rien. Il passe brièvement sa paume chaude sur l’objet de son courroux, puis l’ôte.

Je respire.

Vlam, sa main me percute.

Son geste vif me surprend, l’intensité de sa force provoque un éclair de douleur fulgurant, qui perdure quelques secondes. Je comprends vite qu’il ne compte pas en rester là, tandis que les claques s’enchaînent sur toutes les zones accessibles à sa poigne vengeresse. Rapidement, la morsure devient une brulure presque insoutenable. Je me tortille, sans succès, puis n’y tenant plus, je tente de me protéger en relevant tant bien que mal mon bras gauche pour le placer entre lui et moi. Peine perdue, ma position m’empêche de me rebeller, alors que les coups pleuvent toujours avec une ardeur renouvelée et une cadence de métronome. Je me retiens de protester, car je sais que j’ai mérité ce qui m’arrive. Comme il est vain d’essayer de lui échapper, je cesse de gigoter.

Le temps s’arrête, ma conscience se rétracte pour se réduire à cet instant éternel. Je comprends que Ludovic tient à marquer son territoire. Je vais avoir du mal à m’asseoir, lorsqu’il en aura fini avec moi. Je prends une énorme fessée, la plus belle rouste de toute ma vie. Je me traite mentalement d’idiote d’avoir provoqué Ludovic. La prochaine fois, je réfléchirai avant de franchir sa fichue limite ! Si nous devons poursuivre notre relation, cette histoire va me servir de leçon.

Ma souffrance s’estompe soudainement, sans que Ludovic s’interrompe. Je bénis mon cerveau, qui m’envoie des endorphines ! Mon châtiment devient supportable. Presque indolore. Je ne sens plus de brulure foudroyante sur ma chair, juste un échauffement sérieux de mon postérieur.

Quand mon amant ralentit, puis s’arrête, cela me surprend presque.

Je reste immobile, ne sachant comment me comporter.

Ludovic effleure ma peau hypersensible de sa main, sa caresse est un contraste apaisant.

Il m’aide à me redresser, puis à me relever. Il me tient solidement, et il a raison. Toujours immergée dans les sensations que je viens de vivre, j’ai du mal à reprendre pied dans le présent. Il se met debout à son tour, puis me prend dans ses bras. Je me love contre lui comme s’il était une bouée de sauvetage dans une mer démontée. Je suis bouleversée, et un peu perdue.

— Allons dans ta chambre, murmure mon bourreau.

Il me soulève, puis m’emporte, tandis que j’enfouis mon visage dans la chaleur de son cou. Je devrais lui en vouloir, car cette fois, j’ai souffert, plus que je ne m’y attendais. Mais loin de me mettre en colère, j’ai juste envie de me blottir contre lui.

Je me sens en sécurité. Peut-être ne le devrais-je pas.

Nous entrons dans ma chambre, il défait le couvre-lit, et m’attire à sa suite sur les draps.

Nous nous faisons face, allongés tous les deux.

— Tu m’as fait mal, je murmure.

— Oui. Qu’as-tu ressenti d’autre ?

Je réfléchis.

— Tu étais en colère.

— C’est exact. As-tu compris pourquoi ?

— Tu as eu très peur…

— J’aurais pu te perdre. Cela m’aurait rendu fou de chagrin, m’explique posément Ludovic, qui semble avoir calmé ses nerfs sur ma croupe.

Je baisse les yeux. C’est vrai que j’aurais pu mourir.

— Que penses-tu de la fessée que je t’ai appliquée ? reprend Ludovic, bien décidé à aller au bout de cette conversation.

Je choisis mes mots, avant de répondre, perturbée par ce qui me vient à l’esprit.

— Étrangement, même si je ne veux plus revivre ça, cela m’a rassuré. Je suis… en paix… et en sécurité. Et… j’ai très envie que tu me fasses l’amour, j’ajoute.

Ludovic sourit, je comprends qu’il n’est plus fâché contre moi. Il me prend dans ses bras, parsème de bisous légers mon front, mes paupières, et mes joues. Avide de sentir ses lèvres pleines et soyeuses, je dirige ma bouche vers la sienne, afin de rendre sa tendresse à cet homme que j’adore.

Notre baiser est voluptueux, mais cela ne me suffit pas. Je veux ressentir un maximum de son corps chaud contre moi, aussi je me rapproche de lui le plus près possible. Sa main gauche se faufile sous ma robe, pour défaire l’attache de mon soutien-gorge, tandis que sa main droite s’empare de l’un de mes seins, pour le pincer. Cela m’arrache un gémissement, qui s’accompagne d’une montée fulgurante d’un désir impérieux. Il me rend sauvage. J’ai si envie de sa queue en moi que je peine à me contrôler. Mes ongles se plantent dans son homoplates, il grimace, et m’attrape l’autre téton en retour. Mes doigts volent vers sa braguette, pour ôter son jean et empoigner son sexe durci. D’une main, il saisit mes poignets et immobilise mon geste.

— Attends, Evie. Enlève ta robe, j’ai peur de la déchirer, rit mon amant.

Je dois m’asseoir précautionneusement pour m’exécuter, tandis que Ludovic procède de même avec son pantalon et son boxer.

L’un face à l’autre, tous deux à genoux sur le lit, j’aperçois sa queue se révéler à moi, parfaitement proportionnée avec le reste de ses muscles surdéveloppés de guerrier.

Mmm.

Il m’observe, curieux de ma réaction, attentif à mes émotions. J’avance ma main, cette fois rien n’arrête mon geste. Ludovic me laisse m’emparer de l’objet de ma convoitise, que je caresse doucement, puis plus fort. Son regard se perd dans le vague, j’accentue mon mouvement. Mais il ne se contente pas de patienter sagement, ses doigts se glissent sur ma nuque et s’emmêlent dans mes boucles. Je ressens encore une fois cette drôle de sensation d’être à sa merci. Mais, bon sang, qu’est-ce que j’aime ça !

Il n’a plus besoin de s’exprimer par des mots pour me dicter ma conduite. D’une légère pression, je devine ce qu’il attend de moi.

Enfin.

Je me prosterne devant lui, afin de savourer son membre érigé en mon honneur. J’aventure ma langue sur l’extrémité de son sexe, goûte la douceur de sa peau fine et son parfum. Je lape la perle de rosée qui se forme, puis englobe la chair dans ma bouche. Ludovic pousse en gémissement. Il a les yeux mi-clos, et parait complètement détendu. Je poursuis mon investigation. Il me laisse faire sans bouger, se contente d’apprécier. Je prolonge mes efforts quelques minutes. Puis je m’arrête pour l’observer. Il ouvre ses paupières.

— Mmm, c’est bon, Evie, continue, m’encourage-t-il.

Je reprends mon exploration en essayant d’accroître la tension de mes doigts à la base de sa queue, ce qui lui tire un nouveau gémissement.

Cette fois, je sens sa main sur ma nuque qui appuie, pour se propulser plus profondément en moi.

Mmm, c’est que j’apprécie cela !

J’accélère et augmente encore ma pression sur son sexe. Je le désire tellement, que cela nous conduit tous deux au bord du gouffre de l’extase.

Il m’interrompt.

— Patiente, mon ange, je ne veux pas jouir trop vite.

Je me redresse.

— Retourne-toi, m’ordonne-t-il.

Je m’exécute, pour me présenter à genoux, dos à lui.

Je m’attends à le sentir me toucher pour se rapprocher de moi, mais il ne se passe rien. Je tourne la tête pour découvrir qu’il est en train de mater mon cul, tout en se marrant.

— Ma chérie, me nargue-t-il perfidement, le rouge carmin te va si bien !

— Va te faire foutre, je lui rétorque du tac au tac sans réfléchir.

— Tu inverses les rôles, mon ange, rigole Ludovic, qui m’attrape les hanches pour me faire basculer en avant, à quatre pattes.

Sa main écarte mes cuisses, remplacée par son genou, qui m’impose de lui laisser la place, ce que je fais volontiers. J’aime sentir l’incroyable puissance de sa présence derrière moi. Ses doigts se frayent un passage vers mon intimité, explorent l’orée de mon sexe trempé, puis remontent vers ma partie sensible. Je suis au bord de la jouissance. L’intensité de mon ressenti est inouïe, après le traitement qu’il vient de m’infliger. Je crie mon plaisir dès qu’il se met à jouer avec mon bouton gonflé d’excitation. Sa pression douce, qui s’oriente d’un côté et de l’autre de mon bourgeon de chair, irradie mes sens d’une volupté indicible et colossale.

S’il continue, mon cœur va me lâcher, mais s’il arrête ce traitement, je mourrai de chagrin, ai-je le temps de penser avant que Ludovic se ploie au-dessus de mon dos pour caresser mon sein avec sa main libre.

Je crie son nom, submergée par cette nouvelle sensation.

— Mmm, Evie, murmure mon amour à mon oreille. J’adore quand tu prononces mon prénom ainsi. Je n’en ai pas fini avec toi, je veux te posséder.

Ludovic achève cette partition, pour amorcer la suivante. Son érection écartèle délicatement ma chair en feu, je prends conscience du gouffre qui s’ouvre en moi, tant je suis avide de le sentir me remplir de sa présence.

— Prends-moi, s’il te plait, je le supplie.

Il rit.

— C’est si gentiment demandé, se moque mon amant, avant de s’enfoncer d’un grand coup de reins dans mes entrailles.

Mon ventre se contracte autour de sa queue, comblé. Je me liquéfie sur lui, en ayant l’impression de traverser l’espace pour rejoindre une autre dimension. C’est divin.

— Je vais jouir, Ludo, je gémis, perdue par ce plaisir inouï.

— N’aie pas peur de te lâcher, ma chérie, je n’en ai pas fini avec toi.

À ces mots, mon corps me trahit aussitôt, me propulse dans les spasmes violents d’un long orgasme.

Ludovic reste immobile, attend que l’onde de choc s’apaise, puis amorce un doux va-et-vient, qui ne tarde pas à rallumer un brasier de désir dans ma chair ultrasensible.

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