2.3

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Les choses vont vite. Le lendemain, en redescendant du col où nous avons placé notre matériel, nous passons près d’un petit étang, perdu dans la forêt. Il fait lourd. Nous avons du temps devant nous. Cette fois, c’est moi qui attaque :

— Un petit plongeon, ça te dit ?

— Je n’ai pas de maillot !

— Moi non plus ! Et alors ?

Avant sa réaction, mon sac à dos est tombé, ainsi que mes chaussures, mon t-shirt et mon short. Je suis déjà dans l’eau qu’il hésite encore.

— Viens ! Il ne passe personne et elle est bonne ! Et tu ne seras pas le premier mec que je verrai à poil !

Je lui envoie de l’eau et je replonge, pour le laisser se déshabiller sans le regarder. Une fois qu’il est dans l’eau, je l’asperge abondamment. Nous chahutons, sans nous toucher, comme deux gamins. J’aime cette proximité, cette complicité, généralement si difficile à atteindre.

Je sors de l’eau et je me hisse sur un rocher en plein soleil. Malgré l’eau froide, je suis en érection. En fait, je suis dans cet état depuis le matin où nous nous sommes serré la main. Il sort et, sans problème, se met à côté de moi.

— C’est à cause de moi que tu bandes ?

— Dans tes rêves ! Tu te crois assez beau pour exciter un pédé ? Non, juste comme ça ! Ça ne t’arrive jamais ?

— Parler d’érection, à poil, avec un pédé ! Oui, je rêve !

— Là, ce n’est pas à cause de toi, mais tu es bien foutu, très bien même !

— Tu me dragues ?

— Tu aimerais ?

— Je ne sais pas ! Je peux te poser une question ?

— Au point où nous en sommes…

— Tu es complètement rasé de partout ! C’est la première fois que je vois ça !

— Tu as déjà vu beaucoup de mecs à poils ?

— Non, pas vraiment ! Mais je trouve que c’est très beau ! Les bras et les jambes sans poils paraissent plus forts !

— Les culturistes se rasent intégralement !

Il ne parle pas de mon pubis, cela m’amuse, ni de ma raie, forcément invisible. Je ne peux retenir :

— Mais toi, avec tes petits poils blonds, tes bras et tes jambes sont très beaux aussi !

— Merci !

Il accepte le compliment si simplement ! Je n’ose continuer à lui évoquer ce que son corps me provoque. Il reprend :

— Ce que j’espère, c’est que ce naturel et cette franchise dureront et que nous deviendrons amis.

— C’est bien parti ! Allez, beau gosse, viens. On doit y aller. On a une heure de descente avant la voiture !

Nous reprenons notre route. Le soir, il m’attaque gentiment :

— Je peux être indiscret ?

— Ne te gêne pas, continue ! Tu as déjà bien commencé !

Notre complicité permet déjà ces phrases à double sens.

— C’est comment d’être pédé ? Ça t’est venu comment ?

— Tu es intéressé ? Tu veux essayer ?

— Non, mais je suis curieux de comprendre.

Il veut vraiment comprendre comment cela se vit, comment on le découvre, les attitudes des autres, les regards, les remarques homophobes, la peur des agressions, dont on parle. Je n’ai jamais pensé vraiment à ces choses et je n’ai jamais eu à réellement souffrir d’homophobie.

Je me découvre en répondant à ses questions. Il est tellement attentif, à l’écoute, qu’il est touchant. Je vais jusqu’à parler avec lui de mon problème principal : comment l’annoncer à mes parents. Je ne l’ai toujours pas fait ! Je sais qu’ils me soutiendront, toujours, pour tout. Je sais aussi que ça bouleversera leur vie, leurs relations. Je le vois touché et concerné par cette question.



Cela devenait compliqué ! Non seulement j’avais une envie folle de son corps, mais, en plus, il était un compagnon attentif et gentil. Le genre de mec irrésistible !

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