Chapitre 27

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Je cligne des yeux difficilement. La lumière agresse mes sens. Il me faut un moment pour réussir à vraiment les ouvrir. Finalement, il ne fait pas trop lumineux. Des rideaux opacifiant les fenêtres offrant une lumière plutôt tamisée à l’intérieur.

Je prends conscience que je suis dans une chambre d’hôpital. Des machines bipent à vitesse régulière autour de moi, alors qu’un tuyau relie ma main à une perfusion.

Sur la table à côté de moi, des fleurs ont été déposées. Je lis de mon lit la carte “bon rétablissement”. Depuis quand je suis ici ? Je tourne la tête de l’autre côté et découvre que je ne suis pas seule dans ma chambre.

Un second lit est installé à quelques pas du mien. Silas est installé dessus. Lui aussi est relié à plusieurs machines et une aide respiratoire est posée sur sa bouche.

Mon cœur s’accélère de le voir dans cet état. Le scanner à côté de moi s’emballe et le bip alimente mon stress autant qu’il le représente. Lorsque l’alarme se déclenche, j’ai l’impression que mes tympans vont exploser.

Dans les quelques secondes qui suivent deux infirmiers débarquent dans ma chambre. Ils se jettent presque sur moi, me tétanisant. Ils se calment lorsqu’ils se rendent compte de mon réveil.

— Vous êtes revenue à vous, s’enjoue le plus grand des deux.

— Depuis quand je suis ici ?

J’ai un peu de mal à parler. Ma langue est pâteuse. Je tente de déglutir, mais ma gorge sèche me fait tousser à la place.

Alors que le grand m’aide à me relever pour m’asseoir puis me tend un verre, le second commence à m’expliquer.

— Vous êtes arrivée il y a un peu plus de vingt-quatre heures. On nous a dit de vous garder sous surveillance et de vous donner des calmants pour la douleur, mais que vous alliez vous remettre seule de vos blessures.

Ils ont raison. Je bouge mes doigts plus plie et détend mon bras. Il s’est remis en place tout seul. Ma respiration est encore sifflante et je sens toujours une gêne dans mon sternum, mais c’est sur la bonne voie. Je devrai bientôt être complètement remise.

— Et pour Silas ? je tourne mon regard vers lui et découvre deux billes jaunes bien ouvertes qui me fixe.

— Je vais bien, me répond-il lui-même en enlevant son masque. Je me suis réveillé, il y a plusieurs heures déjà.

— Et l’aconit ? je demande.

— Nous avons fait des examens, prend le relais l’infirmier. Nous n’avons détecté qu’une petite trace d'effluves de cette plante dans ses poumons. Nous sommes en train de les traiter avec le masque.

— Mais pour ça, il faut le garder en permanence, ajoute le second infirmier en faisant les gros yeux à Silas qui remet aussitôt la machine en place.

— Nous allons vous garder en observation encore un peu tous les deux pour nous assurer qu’il n’y aura aucune complication. Mais vous devriez pouvoir rapidement sortir d’ici.

— N’hésitez pas à nous sonner si vous avez besoin de quoi que ce soit.

À ces mots, les deux infirmiers ressortent de la chambre, nous laissant seuls.

Je me tourne vers Silas. Même alité dans un lit d’hôpital, il garde cette aura autour de lui. Son charisme est toujours le même, qu’il soit en costard pour sortir, ou encore poussiéreux de son affrontement avec Ingels. Ingels…

— Est-ce qu’il est mort ? je demande à voix haute.

J’ai besoin d’une confirmation. J’ai besoin qu’on me dise que tout est vraiment fini. J’ai besoin qu’on me rassure. J’ai besoin de savoir que nous n’en sommes pas là pour rien.

— Je lui ai planté la dague que tu m’as envoyée dans le cœur, me confirme Silas.

— Alors c’est vraiment fini, je conclus.

Cette lame était imbibée d’eau bénite. Aucun vampire ne peut résister à ça, pas même un vampire de plusieurs siècles.

Ma respiration se fait plus légère. Je me rends compte que mes épaules étaient tendues depuis un moment. Je peux enfin les détendre, bien qu’elle me rappelle qu’elles l’ont été pendant un trop long moment. Mon ventre se dénoue et je sentirai presque l’appel de la faim. Une faim humaine, pas une soif de sang.

Mes nerfs lâchent et un rire me prend. Incontrôlable. Silas s’amuse de me voir dans cet état. Ses yeux brillent alors qu’il retient une nouvelle quinte de toux tandis qu’il se met à rire avec moi.

Nous sommes interrompus par deux coups frappés à la porte avant que celle-ci ne s’ouvre. Je me fige en voyant arriver Derek.

Mon coéquipier avance avec des béquilles, mais il se tient debout. Il a pu se lever de son lit, il peut se déplacer. Il commence à aller mieux.

— Alors comme ça, on résout une enquête sans moi ?

Sa voix ne s’est pas encore rétablie et le bandage sur son cou est toujours en place, mais son visage a repris des couleurs. Il n’est plus aussi pâle qu’avant.

Il s’approche de mon lit en sautillant. Je l’attrape dès qu’il est à portée pour le prendre dans mes bras. Je suis tellement soulagée de le voir.

— Tout va bien, Lya, me rassure-t-il en tapotant mon dos. Tu as réussi. La capitaine est venue me voir hier. Elle m’a annoncé que vous aviez réussi à retrouver tous les enfants disparus et que vous aviez neutralisé le vampire à l’origine de tout ça. Je suis fier de toi.

Ces mots me réchauffent le cœur.

— C’est grâce à toi Derek, je lui rappelle. Tes informations m’ont été précieuses. Ton soutien est ce qui me fait tenir chaque jour.

— En parlant de soutien, m’interrompt-il. J’ai de quoi te donner un nouveau coup de boost.

Il s’écarte de moi, se contorsionne pour réussir à attraper quelque chose dans son dos malgré ses béquilles, puis finit par me tendre une tablette de chocolat noir.

— Tu es le meilleur partenaire qu’on puisse espérer ! je m’exclame en m’emparant du cadeau.

Je déchire aussitôt l’emballage et mange un carré. Le chocolat est clairement la meilleure chose sur terre. Je veux bien vivre encore plusieurs siècles tant que j’en ai à disposition.

— Je vais vous laisser. Ma femme m’attend à l’extérieur. Prends soin de toi Lya. On se retrouve bientôt au poste.

Il m’assène un dernier clin d'œil avant de faire demi-tour. La porte n’a pas le temps de se refermer derrière lui, qu’Esmée entre en trombe dans la chambre et saute sur le lit de Silas.

— Papa !

La petite se blottit dans les bras de son père qui l’enserre de ses bras. Il retient une nouvelle toux d’avoir sa fille contre lui, mais il sourit. Ses yeux sont fermés, il profite du contact avec son enfant et je ne peux m’empêcher de sourire à mon tour.

— On rentre bientôt à la maison, lui murmure-t-il. On va rentrer chez nous. Et Lya va venir avec nous.

Esmée lève ses yeux auburn vers moi. Elle lui ressemble tellement.

— C’est ma nouvelle maman ?

Mon cœur manque un battement en l’entendant poser sa question. J’arrête instinctivement de respirer comme si je voulais suspendre ce moment.

— Oui, c’est ta nouvelle maman, confirme Silas.

Je ne peux retenir la larme de sang qui s’échappe de mes yeux et coule le long de ma joue. Je ne m’attendais pas à ce que Silas confirme les dires de sa fille si facilement, si rapidement.

Nous avons traversé des événements ces derniers jours, ce qui nous a beaucoup rapprochés et je sais que le lien qui nous unit est fort. Pour autant, je ne pensais pas qu’il m’introduirait aussi facilement au niveau de sa fille.

La petite quitte le lit de son père pour venir sur le mien. Elle me regarde un instant avant d’essuyer la trace de sang sur mon visage.

— Ne pleure pas. Tu es plus belle quand tu souris.

Je retiens un hoquet. Derrière, Silas nous regarde. Ses yeux dorés viennent bercer mon âme. Mon attention fixée sur Esmée, j’ai du mal à ne pas laisser couler d’autres larmes.

— Est-ce que je peux te prendre dans mes bras ? je lui demande.

Sans me répondre, elle s’agrippe à moi. Je l’entoure de mes bras et pose mon menton sur le haut de sa tête. Ses cheveux chatouillent mon visage, mais je n’en ai que faire. Je profite de cette étreinte.

Je l’ai finalement trouvé, ma famille.

FIN

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