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Une minute de lecture

L’Andalou embrassait, étreignait un corps qui serait enterré bien avant lui (et à cause de lui).  En attendant, il découvrait pour la deuxième, troisième, quatrième fois ce continent nouveau, sans savoir que le monde entier, à tour de rôle, le foulerait autant de fois et cependant, contrairement à lui, sans aucun scrupule et sans tendresse.  Comment imaginer que cette main, que cette main-là ne vous appartient pas pour toujours quand elle se pose comme présent sur votre joue ? Dieu ! Qu’à d’autres elle pût réserver ces mêmes caresses et que pourtant, sur votre cœur, paisiblement... elle s’endort aujourd’hui. Comment ne pas avoir l’envie de se venger ? Se venger pour tout le mal... Mais enfin que croyez-vous ?! Qu’on la lui tranche et du moignon elle caressera ! Qu’on lui casse les dents et d’un sourire édenté elle tentera le tout pour le tout et avec n’importe quel homme, la garce. Il faudrait d’abord que l’Andalou comprît et renonçât à la vie et seulement alors le diable consentirait peut-être à la retourner et la frapper et l’étouffer avec l’oreiller sur lequel, tant de fois déjà, elle s’est confiée auprès de lui. Mais pour le moment il l’entendait parler de sa foi en leur avenir. Ses souvenirs aussi. S’embrasser seulement. Rien que le présent. Et après nous le Déluge. Cet homme si beau et dont elle est si amoureuse, l’embrasser pour toujours.

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