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Plongeons-le dans la mort, mouillons d’abord sa nuque à l’eau froide : ce homard doit souffrir.
Vous qui êtes un monstre. Le monde est cruel par votre faute.
Jetons-le dans les toilettes, caressons d’abord les ailes sans encore les arracher : ce papillon doit souffrir.
Vous qui êtes un monstre. Le monde est cruel par votre faute.
Vous, vous qui baissez avec soin la fermeture éclair de sa robe... vous qui murmurez à son oreille et savez qu’en disant ces mots elle y croira et frémira... vous ! Un monstre qui ne l’aime pas et le prouve en la prenant ainsi. Bestialement, vous lui faites ce qu’elle appelle de ses vœux sans rien comprendre... Elle parle de vous comme d’un univers complexe et fascinant alors que vous n’êtes qu’un pervers qui n’a rien d’un homme ordinaire. Vous êtes un monstre, vous qui... Isaac se réveillait en sueur. Il faisait le même cauchemar : une créature venue des enfers et Lucrèce violée, torturée, enterrée. Il priait à genoux de toutes ses forces : le croassement des corbeaux pour seule réponse. Il se tourna vers la nuit. La nuit était belle. Isaac, Isaac ! Surgit une armée d’ombres. Suis-nous, rejoins-nous... Laisse les morts ensevelir leurs morts... Abandonne tes frères et sœurs, ta mère... Isaac. Nous sommes venus t’apporter le glaive
Garde-toi de ces faux prophètes, Isaac. Ils viennent à toi déguisés en brebis malheureuses, mais au-dedans ce sont des loups féroces qui te dévoreront
Isaac rampait... pleurait...
Le monde est cruel par votre faute. Vous qui êtes un homme. Le monde est cruel par votre faute. Vous qui êtes un fils. Le monde est cruel par votre faute. Vous qui êtes un fragment détaché d’un destin brisé. Non. Le monde est cruel par VOTRE faute. Et la mort nous délivrera.

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