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Seigneur ! Le diable m’envahit comme l’idée du poison m’empoisonne ! Que de fois nous mourons de crainte de mourir, et comme nous craignons constamment ou presque, nous ne vivons véritablement que très rarement. Le présent est déjà passé et hier de toute éternité. Pourquoi donc l’idée du mal, la menace d’une catastrophe imminente... terrifie au-delà du mal en lui-même ? Pourquoi l’angoisse ne s’épanouit jamais autrement que dans sa propre tension... ?

Conjurant sa peur du poison en l’ingérant un peu tous les jours et s’y accoutumant comme de juste, il n’en mourut pas quand il l’eut souhaité, lors d’un accès de rage, le dernier. Il donna l’ordre aux soldats de le poignarder et les soldats s'exécutèrent ; il hurla si bien et si longtemps que la lie dans le verre tant redouté jusqu’alors ne paraissait plus tellement dangereuse pour ses fils qui ayant hérité de la même obsession n’hésitèrent cependant pas plus à boire ensuite tout le vin en réserve et jusqu’au fond, trinquant, s’enivrant toute la nuit — Mithridate est mort ! —, qu’à se disputer plaisamment la couronne en dansant, riant autour du cadavre de leur père encore grimaçant quoique déjà froid.

Seigneur ! J’ai tué mon père.

Isaac avala un peu d’huile moteur et attendit tranquillement dans son lit.

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