Chapitre 3 : Ingrid la "magicienne"
Trois jours après mon entrée au collège, à la sortie des cours, je lançais un appel général aux filles de la classe. Y avait il quelqu'un qui avait envie de partager mon loisir préféré : le dessin ? Ingrid se proposa tout de suite. C'était une adolescente de quatorze ans française par son père et nigériane par sa mère. Elle était petite, trapue, la peau grise, un visage fin, des cheveux crépus. Elle me dit qu'elle dessinait du manga japonais. Assez rapidement, elle vint m'apporter dans la cour de récréation un classeur de textes qu'elle avait écrit elle-même en me demandant de l'illustrer avec elle. Je fus surprise par le sujet qui était fantastique mais dans lequel elle nous mettait en scène nous deux, d'autres camarades de classe et des célébrités asiatiques : chinoises et japonaises. Ses sources d'inspirations étaient des idoles de musique japonaise, des acteurs chinois, un jeu vidéo d’héroïque fantaisie japonais mondialement connu, deux films d'animation fantastique japonais, la Bible chrétienne, le mystère des aliens, les contes de fées, etc. Ce qui était surprenant, c'était qu'elle nous mettait en scène nous et nos camarades de classe car elle mélangeait le réel concret et le fantastique illusoire. Mon égo était flatté par cette mise en valeur de ma personne particulièrement complexée mais je trouvais cela un peu trop imaginaire c'est à dire un peu délirant. Je ne lui dis rien de cela, mais dès ce texte, je me mis à lui demander de s'extérioriser davantage pour mieux connaître ses intentions qui m’interpellaient et que je trouvais très mystérieuses. Je la questionnais tous les jours sur le texte qu'elle écrivait régulièrement dans lequel nous avions un rôle à jouer. Elle jouait une magicienne, Mint, ayant l'apparence de la chanteuse japonaise Ayumi Hamasaki et moi une princesse, Maya, ayant l'apparence d'une figurante d'un clip du chanteur Camui Gackt. Dans son récit, nous habitions sur deux territoires opposés par la guerre, un territoire civilisé par les nouvelles technologies, son territoire de naissance et un territoire sauvegardant sa nature, mon territoire de naissance. Nous étions protégés par des anges venus du ciel : Lucifer et Bélial. Lucifer était incarné par l'acteur chinois spécialisé en arts martiaux Nicholas Tse et Bélial était incarné par elle-même avec l'apparence d'un membre du groupe japonais Nightmare. Elle avait deux personnages. Dès le début de l'histoire, elle avait un double rôle ce que je trouvais surprenant. Ce qui était surprenant également, c'était que mon personnage était inférieur au sien par sa puissance psychique et ses pouvoirs, elle insistait beaucoup sur ce point. Mon personnage était subordonné au sien. Elle insistait sur la pureté d'âme de Mint qui séduisait par sa générosité, sa simplicité et son innocence les anges et Dieu lui-même, mais également par opposition sur l'impureté de Maya qui était une simple humaine matérialiste, capricieuse et égoïste rebutant même sa famille aristocrate. Physiquement, également, le personnage de Mint était petit, ses cheveux bruns et au contraire, le personnage de Maya était grand, ses cheveux blonds. Je me sentais humiliée par les attaques déguisées hypocrites d'Isabelle, mais je décidais de l'ignorer humblement pour me concentrer sur les joies de la Création Artistique qui me comblait. Je me concentrais donc sur l'avancement du texte illustré en tentant de proposer des idées permettant à nos personnages une meilleure entente et donc à nous même également. Dans la classe, Ingrid essayait de se mettre en valeur au regard des autres par un comportement enjoué et de l'humour. Moi, j'essayais de créer des liens amicaux le plus sincèrement possible avec les élèves de l'école. Ce qui fût vite un succès très réconfortant. Mais Ingrid, extrêmement jalouse de ma popularité, me ramena dans le même temps une lettre d'amour qu'elle me lut avant le début d'un cours. Cette lettre était écrite en anglais avec une petite écriture ressemblant à la sienne et signée Lei ying. Cet homme était, selon elle, l'acteur Nicholas Tse qu'elle avait rencontré en Chine alors qu'elle rendait visite à son père en déplacement professionnel. Selon elle, de son vrai nom Lei Ying, Nicholas Tse n'en était qu'au tout début de sa carrière de star. Dans cette lettre écrite à la main, elle essaya de me faire croire qu'elle et lui entretenait une relation amoureuse depuis leur rencontre il y avait un an. Ce qui n'est pas impossible mais très surprenant. J'allais de surprise en surprise sans y accorder un grand intérêt, mon objectif principal étant de réussir mon année scolaire pour être admise au lycée dans une ambiance relationnelle propice au travail. Je pense avec du recul, que l'objectif d'Ingrid était de se mettre en couple avec un « blanc blond » la protégeant du racisme et de la pauvreté comme pouvait l'être un garçon de notre classe Christophe, dont elle était amoureuse ou François mon « neo nazi » ayant pris la suite d' Alexandre qui scandait mes origines slaves à tous bouts de champs.
Le texte d'Ingrid était son moyen d'expression pour parler d'elle en des termes élogieux, pour se valoriser, pour se réconforter de sa solitude, de ses conflits avec sa mère. Très vite, un jour, dans la cour de récréation, elle vînt m'annoncer que tout ce qu'elle avait écrit n'était pas une fiction mais une autobiographie. Ce fût un choc pour moi, mais je ne dis rien. Elle insista pendant plusieurs mois pour me donner des preuves de la véracité de ses déclarations et m'amener à croire à cette vie qu'elle s'était inventée. Je compris qu'elle avait une trouble de la personnalité multiple, une probable schizophrénie avec une tendance à la dépression qu'elle essayait de fuir par l'invention d'un monde parfait. A l'époque, je ne connaissais pas ses termes, je comprends ses pathologies aujourd'hui par mes expériences récentes et mes lectures.
Dans la classe, Ingrid essayait de se mettre en valeur au regard des autres par un comportement enjoué et de l'humour. Moi, j'essayais de créer des liens amicaux le plus sincèrement possible avec les élèves de l'école. Ce qui fût vite un succès très réconfortant. Mais Isabelle, extrêmement jalouse, me ramena dans le même temps une lettre d'amour qu'elle me lut avant le début d'un cours. Cette lettre était écrite en anglais avec une petite écriture ressemblant à la sienne et signée Lei ying. Cet homme était, selon elle, l'acteur Nicholas Tse qu'elle avait rencontré en Chine alors qu'elle rendait visite à son père en déplacement professionnel. Selon elle, de son vrai nom Lei Ying, Nicholas Tse n'en était qu'au tout début de sa carrière de star. Dans cette lettre écrite à la main, elle essaya de me faire croire qu'elle et lui entretenait une relation amoureuse depuis leur rencontre il y avait un an. Ce qui n'est pas impossible mais très surprenant. J'allais de surprise en surprise sans y accorder un grand intérêt, mon objectif principal étant de réussir mon année scolaire pour être admise au lycée dans une ambiance relationnelle propice au travail. Je pense avec du recul, que l'objectif d'Ingrid était de se mettre en couple avec un « blanc blond » la protégeant du racisme et de la pauvreté comme pouvait l'être un garçon de notre classe Christophe, dont elle était amoureuse ou François mon « neo nazi » ayant pris la suite d' Alexandre qui scandait mes origines slaves à tous bouts de champs.
Le texte d'Ingrid était son moyen d'expression pour parler d'elle en des termes élogieux, pour se valoriser, pour se réconforter de sa solitude, de ses conflits avec sa mère. Très vite, un jour, dans la cour de récréation, elle vînt m'annoncer que tout ce qu'elle avait écrit n'était pas une fiction mais une autobiographie. Ce fût un choc pour moi, mais je ne dis rien. Elle insista pendant plusieurs mois pour me donner des preuves de la véracité de ses déclarations et m'amener à croire à cette vie qu'elle s'était inventée. Je compris qu'elle avait une trouble de la personnalité multiple, une probable schizophrénie avec une tendance à la dépression qu'elle essayait de fuir par l'invention d'un monde parfait. A l'époque, je ne connaissais pas ses termes, je comprends ses pathologies aujourd'hui par mes expériences récentes et mes lectures.
Au fur et à mesure de l'année scolaire, le texte avançait, et nos personnages qui, officiellement, d'après Ingrid, s'entraidaient, s'opposait en réalité toujours autant. Je me fis une bande de copines dans l'école que je fréquentais à l'extérieur, que j'ai fréquentée une dizaine d'années, et que j'ai encore sur mon facebook. Pour ce qui était de ma relation avec Ingrid, j'étais sur un petit nuage malgré son grand mépris déguisé envers moi car nous partagions de l'art et de la spiritualité. Une sorte d'art divinatoire. Ingrid avait une pratique passionnelle de la « magie ». Elle admirait profondément les spiritualités des pays les plus civilisés comme les pays de l'Europe, du Japon et de la Chine. Je pense que c'était une fascination pour le luxe et la richesse s'opposant à la pauvreté du Nigéria. Elle cherchait sans cesse à se procurer des objets traditionnels de grandes valeurs plus ou moins modernes de ces pays hyper industrialisés, qu'elle accumulait dans sa chambre ressemblant à un musée. Elle était en proie à un désir de collectionner à tout prix des petits trésors pour leur matériau et/ou leur représentation spirituelle. Ingrid avait besoin de se sentir riche physiquement et mentalement. Elle accumulait les vêtements chinois, les effigies et les « porte-bonheurs »bouddhistes, les figurines de collection de jeux vidéos japonais, beaucoup de jeux vidéos japonais avec des consoles de jeux, les mangas, les magazines de musique moderne japonaise, chinoise, des Cds de musique zen, de chanteurs japonais et chinois, des DVDs de leurs concerts, des DVDs de cinéma japonais et chinois, des bandes dessinées belges. Elle s'enrichit après notre rencontre, de romans d'Anne Rice, de films de Tim Burton, d'un recueil de poésies de Baudelaire. Des objets qui traitaient tous de sujets fantastiques. Elle se procurer ces objets par son père qui travaillait toujours à l'étranger. Parmi ces objets, il n'y avait absolument rien de l'Afrique. Tout ce qu'elle avait de son pays d'origine était des souvenirs de pratique de « magie » basée sur des rituels et du symbolisme qu'elle m'a, à de rares occasions, décrite suite à mes nombreuses questions. Elle les résumait en m'expliquant qu'elle était issus d'une famille noble par sa mère, une princesse d'un clan vivant dans un village de campagne et dotée de pouvoirs « magiques » transmis générationnellement de mère en fille par la génétique. Elle me disait qu'elle avait des dons d'extra-lucide, de voyance, de voyage astral, de possession démoniaque (échanger son corps contre un autre par la possession de son esprit en pleine conscience), de communication (discussions) avec les êtres spirituels et Dieu, de télépathie, de forcer les pensées des autres à leur insu pour en connaître le contenu, de guérison, et d'immortalité. Elle me disait donc être toute puissante par la « magie ». Elle me disait que son environnement lui-même était propice à cela car elle habitait à l'orée de la forêt de Phalempin. La forêt du Nord de la France. Sa maison se situait à l'entrée d'un allée bordée de chênes majestueusement hauts qui menait à la forêt. Egalement, elle me disait être extrêmement intelligente avec un gros QI. Elle disait lire extrêmement vite. Elle connaissait très bien l'astrologie occidentale et chinoise, la numérologie, l'étymologie, la tarologie, l'étude des rêves et le symbolisme. Elle me disait qu'avec son signe astrologique du Scorpion lui donnait un don d'occultisme et d'ésotérisme. Elle me disait se sentir en marge des autres, notamment des autres élèves de notre classe et de notre école car elle était extrêmement sensible à leur comportement avec elle et percevait chez eux de l'agressivité. Et surtout un manque de reconnaissance de ses qualités et talents exceptionnels. Elle se sentait complexée d'être d'origine nigériane parmi nous et elle ressentait de nous beaucoup de racisme. En fait, chaque petite tension ou opposition à elle était perçu par elle comme du racisme. De telle sorte, qu'un jour, elle mis une gifle à un camarade de classe qui avait la réputation d'être un raciste et qui concrètement me valoriser moi-même racialement tous les jours en scandant ma race slave par des surnoms comme La Russe ou la Soviétique, gros mélange slave de connaissances acquises dans les livres d'histoire mais c'est vrai, pas tout à fait maîtrisé. J'avais des copines de classe et d'école, un fan club de garçons et j'étais populaire. Ce qui n'était pas le cas d'Ingrid qui me jalousait énormément mais qui essayait de me le dissimuler puisque je l'avais acceptée comme camarade de pratiques artistiques.

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