Odette Tchaïkovski
Connaissez-vous Odette Tchaïkovski ?
Non ?
Si vous êtes un homme en âge de procréer avec un bon dossier de crédit, considérez-vous béni des cieux.
Cette succube vous enflammerait jusqu’à mettre en cendre toute parcelle de votre jugement. Petit à petit, mademoiselle Tchaïkovski casserais vos noisettes. En moins de temps qu’il ne le faut pour le dire, vous multiplieriez les pirouettes pour lui faire plaisir et assouvir ses désirs.
En la décrivant ainsi vous pourriez croire qu’Odette est un monstre sans cœur. Détrompez-vous, ce n’est qu’une femme blessée par la vie. Elle traîne sur elle des cicatrices d’enfance suintantes qui ont laissé un trou noir en guise de cœur.
Elle tente en vain de combler ce néant en tentant de construire la famille dont elle a tant rêvée. Elle accumule les grossesses et à vingt-neuf ans, elle se retrouve avec une ribambelle d’enfants provenant de pères différents.
Son mal-être est toujours présent, car :
… les enfants c’est pas vraiment, vraiment méchants, ça peut mal faire, faire mal de temps en temps…
Alors déçue par la réalité, elle partage sur Internet des scènes d'un film imaginaire qui projette la vie d'une petite famille parfaite. La magie se dissipe dès qu’elle relève les yeux de son cellulaire.
Appâtée par les publicités qui exploitent sans gêne les failles de l’égo, Odette achète la paix, l’amour et l’estime d’elle-même en engraissant les cartes de crédits de l’élu du moment.
Le glas sonne, lorsque croulant sous une montagne de dettes, le con-joint d’Oh-dettes n’arrive plus à combler ses besoins infinis qu’elle croit nécessaire à sa survie.
Oh oui, je vous le dis. Si vous n’avez jamais rencontré Odette Tchaïkovski, vous êtes béni.
Cette tornade a balayé ma vie, siphonnant tout ce que j’avais construit, éparpillant les miettes de l’homme que j’étais dans son sillon.
Le plus triste ce sont les enfants qui tourbillonnent dans l’instabilité de sa tempête.

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