Caspian, l'homme de paille - 3

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L’automne passe doucement. Caspian coupe du bois pour la cheminée, pendant que Dolly prépare une soupe de potiron. Lorsque le soleil fait son apparition, le drôle de couple va ramasser des champignons qu’ils dégustent le soir. Les jours de pluie, l’épouvantail prend un parapluie et part sauter dans les flaques d’eau. Puis Halloween approchant, Dolly et Caspian s’affairent à sculpter des têtes dans les citrouilles orange.

Caspian est heureux et profite de chaque instant. L’après-midi de la fête des morts, l’homme de paille décide d’aller jusqu’au verger niché dans la forêt afin de cueillir quelques pommes pour les déposer dans un récipient rempli de liquide. Au loin le tonnerre se fait entendre et une légère bruine commence à tomber sur le paysage. Puis alors que Caspian a chargé son panier de fruits, des nuages noirs s’amoncèlent au-dessus de sa tête et des trombes d’eau s’abattent sur le sol, trempant entièrement l’épouvantail.

— Les pluies cévenoles sont là, songe Caspian.

La foudre fend un pommier en deux, faisant sursauter l’homme de paille. Ce dernier se met à courir comme s’il voulait aller plus vite que l’orage. Le chemin de terre est désormais une bande de boue dans laquelle Caspian s’enfonce. Il ne parvient à rentrer que difficilement. Dolly prépare une grande flambée dans la cheminée, auprès de laquelle l’épouvantail se réchauffe.

Les semaines passent et l’automne touche à sa fin. Dolly assisse sur un fauteuil à bascule, tricote un pull en laine qu’elle destine à son compagnon. Ce dernier, à ses pieds, lui lit un poème de Guillaume Apollinaire ʺAutomne Maladeʺ.

Dolly interrompt le silence amical qui est installé pour avouer un secret à l’homme de paille :

— Caspian. Notre rencontre n’est pas due au hasard. La nuit où tu m’as aidée, je cherchais une âme charitable, prête à secourir une vieille dame. Je m’étais promis que lorsque je la trouverais, j’exaucerais un de ses souhaits. Et c’est toi qui es venu vers moi.

Caspian, surpris, lève son visage vers son amie.

— Je ne suis pas certain de comprendre.

— Je suis une fée.

— Oh !

L’épouvantail est émerveillé.

— Alors, dis-moi, as-tu un vœu ?

— J’en ai bien un oui, confie Caspian, rougissant un peu.

— Lequel ?

— Devenir humain.

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