Au soleil, la mort n'est rien
Au soleil, la mort n'est rien.
Qu'est ce que le soleil si ce n'est le triomphe de l'éternité. Ni la robustesse d'Hélios ni la majesté de Ra ne parviennent tout à fait à l'incarner, tout en cherchant dans ses reflets l'éclat de la gloire qu'ils s'attribuent. la perfection circulaire du disque est l'image du perpétuel recommencement.
Le souffle solaire emplit la terre. Un seul souffle, opalescent et invincible. comme les milles fragments de verre d'un miroir poli et brillant, en se dispersant ses couleurs sont aussi changeantes qu'un kaléidoscope. Rivières de soleil, vergers baignés de lumière, âmes ensoleillées, regards radieux. La noirceur mûre des olives. le vermeil embrasé des vignes.
Corne d'abondance infinie vers laquelle se tendent tous les bras, agrippant le vide et suppliant le ciel.
La vigne tend le cou, engourdie par la chaleur si douce et profonde qu'il lui semble être inondée par l'abondante griserie qui la touche en plein coeur.
Les âmes irriguées semblent flotter, béates. Sauvées.
Qu'est ce que le nirvana sinon une communion avec le soleil. Une liquéfaction de tout l'être. Toutes les frontières s'effritent et le soleil gagne le coeur. La fuite du temps, et la complétude intouchable de l'instant absolu. Une dissolution dans la grâce impérissable.
Au coucher c'est une beauté étendue dans ses soies et ses duvets. Avec une lenteur exquise il se dérobe de ses lueurs. Il s'éternise et on s'oublie dans ses rayons. Pour les belles il se fait parure, abandonné à leurs cous. Comme Vénus il jaillit de l'océan, après avoir disparu sous une vague. L'eau dont il caresse la surface rougit, troublée et enivrée. Sur les palmes qui couronnent les palmiers il se fait joyau.

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