Chapitre 10

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À Beaulieu-sur-Layon, dans un quartier où la vue des maisons donnait sur des vignes, une voiture s’arrêta dans la soirée. Le quartier était calme, silencieux. Dès qu’une personne étrangère du coin arrivait, on pouvait percevoir des chats miaulés ou des chiens aboyés. On empiétait leur territoire !

Une jeune femme sortit de son véhicule et frappa à la porte d’une maison bien entretenue. Un homme âgé, de taille moyenne et rondouillarde avec une barbe blanche, épaisse, des yeux gris, fit figure en ouvrant sa belle demeure.

— Rentre ma chérie ! dit-il.

Soudain, la jeune femme découvrit Édith, dans le salon. Elle avait ce regard toujours aussi méfiant, à longueur de journée. Elle attendait une nouvelle de son fils aîné, Dominique, venant de sa petite fille, Mylène. Un fils qu’elle n’avait pas vu depuis plusieurs années. Depuis le décès d’Emmanuelle, l’existence de Mylène n’était plus du tout la même. Désormais, rien ne pouvait l’empêcher d’aller voir son père. Ainsi, les parents de Dominique ne savaient plus du tout comment agir pour aller chez leur fils. Ils s’attendaient au pire.

— Quoi de nouveau ? demanda Édith, en regardant Mylène.

— Les choses vont mieux qu’en début de semaine. Par contre, il a toujours une dent contre vous.

— En même temps c’est normal, intervint Alphonse. Pourquoi es-tu allée le voir aussi ?

— C’est mon père. Il m’est hors de question de faire comme vous. Je n’ai aucune envie de l’ignorer plus longtemps.

— Les nôtres sont morts.

— Justement, vous en avez profité ! Pourquoi pas moi, dans ce cas ?

Alphonse et Édith trouvaient que Mylène devenait de plus en plus insolente envers eux. Se laissait-elle influencer sans le vouloir, par Dominique ?

— Il t’a parlé de nous ? demanda Édith.

— Il n’arrive pas à comprendre pourquoi vous l’ignorez, pourquoi vous lui avez menti. Aujourd’hui, il a même émis l’hypothèse qu’il était peut-être un enfant adopté. Et que c’est d’ailleurs pour ça que vous préférez son frangin à lui.

— Il est vraiment cinglé pour penser des choses pareilles !

— Il est plutôt pommé. Pourquoi n’allez-vous pas le voir ?

— Hors de question ! Il vaut mieux attendre que le feu s’éteigne ! rétorqua-t-elle.

— Vous savez, il n’y jamais de fumée sans feu ! approuva Mylène.

— Non, mais tu as fini de nous contredire ! s’emporta la grand-mère. Dis quelque chose, Alphonse !

— En attendant, j’attends mes vingt euros ! ajouta-t-elle. Vous voulez avoir des nouvelles, c’est bien ! Mais il faut payer pour ça !

— Toi, tu ne perds jamais la main ! observa Alphonse.

Celui-ci se dirigea vers une tirelire qui se trouvait installée dans le couloir, sur une étagère. Il sortit un billet de vingt euros et le donna à Mylène.

Cette fois, il ne la remercia pas comme il avait coutume de le faire. Mylène inséra son billet dans son portefeuille et décida de quitter les lieux.

Avant de franchir le palier de la porte d’entrée, Édith lui demanda de ne pas revenir demain ni les jours d’après. Elle ne voulait plus de ses services ni de ses nouvelles à elle non plus.

Mylène la regarda avec son air mesquin en répondant :

— Je vous parie que vous ne tiendrez même pas une semaine sans aucune nouvelle !

— Va-t’en ! rétorqua méchamment la grand-mère.

— Franchement, je plains mon père d’avoir une aussi belle famille.

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