Chapitre 29

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Ils s’étaient installés dans un gîte rural à Arcizans-Avant près d’Argelès-Gazost. François adorait y venir, car il connaissait bien les propriétaires. C’était dans ce gîte qu’il aurait dû venir avec Antoine. Finalement, il revenait ici avec sa future femme. Il fallait monter des escaliers pour accéder au gîte. En haut de celui-ci, il y avait une terrasse avec une vue sur un magnifique jardin de paysagiste y compris sur le col du Hautacam. La demeure possédait deux chambres, un salon avec une belle cuisine incorporée. Les propriétaires donnaient même un accès à une machine à laver et un sèche-linge pour leurs vêtements sales.

En arrivant sur place, François présenta Élisa. La jeune femme fut surprise de le voir connaître les propriétaires. C’était un couple d’une cinquantaine d’années. Il y avait Jean-Marc qui était plaquiste et s’approchait de la retraite et Anne-Marie qui était de son côté, assistante maternelle.

Ce jour-là, Jean-Marc portait un short belge ainsi qu’un marcel. L’été avait drôlement bien bronzé sa peau et il était temps pour lui de se rendre chez le coiffeur puisque ses cheveux commençaient à se faire longs, mais leur couleur grisonnante lui apportait néanmoins un certain charme.

Anne-Marie s’était vêtue d’un pantalon noir et d’un joli chemisier bleu ciel, de couleur unie. Elle portait aussi des lunettes et ses cheveux bruns lui descendaient aux épaules. Contrairement à Jean-Marc qui à ses côtés, paraissait plus imposant, Anne-Marie demeurait tout aussi séduisante.

En les découvrant, Élisa sut tout de suite qu’elle allait se lier d’amitié avec ceux-ci, mais elle demeurait étonnée de savoir que François avait l’air de les connaître.

— Je suis déjà venu dans ce gîte, il y a quelques années. Nous avons toujours gardé contact, informa celui-ci.

— Vous connaissez la région ? demanda Jean-Marc à l’égard de la jeune femme, avec son accent du sud.

— Pas du tout, répliqua-t-elle.

— Il y a de très belles choses à découvrir, par ici !

— Oui, je sais. François a réalisé un petit livret touristique. Il a prévu de me faire découvrir le lac d’Estaing, le Cirque de Gavarnie, le lac du Tech, Arrens-Marsous… Il a même prévu pour nous un passage dans la station thermale de Cauterêts ! ajouta Élisa.

— C’est un joli programme, s’exclama Anne-Marie. Mais François, la prochaine fois va aux jardins des bains à Argelès-Gazost. C’est plus près et c’est aussi bien même si ça reste différent.

— C’est noté, répliqua-t-il.

— Allez, on vous laisse ranger vos affaires. Nous, pendant ce temps, nous allons vous préparer l’apéritif de bienvenue, annonça Jean-Marc.

— Pas de souci, on s’y attèle, répondit François.

— Dites-moi, Élisa, continua l’hôte. Je peux vous appeler ainsi ?

— Oui, bien sûr.

— Aimez-vous le pâté de sanglier ?

— Euh… Je n’y ai jamais goûté.

— Jean-Marc est un chasseur dans ses heures de liberté, affirma François. J’y ai déjà goûté et il vaut largement ce que tu trouves dans les commerces !

— Normal, je le fais moi-même ! précisa l’intéressé.

N’ayant jamais goûté à ce genre de nourriture, Élisa se sentit mal de refuser l’offre de Jean-Marc. Apparemment, François y avait déjà goûté. Que risquait-elle au fond ? En dehors du saucisson, la charcuterie ne faisait pas partie de ces friandises favorites.

Le jeune couple s’installa dans le gîte et la première chose que la jeune femme essaya fut le lit :

— Il est confortable ! affirma-t-elle.

— Hors de question de me voir dormir au sol, rétorqua François.

— Ce n’était pas dans mon intention, dit-elle en s’amusant. Et puis, nous ne sommes pas dans un hôtel, mon cher !

Ils installèrent toutes leurs affaires quand soudain, en allant dans la salle de bain, la jeune femme acclama à voix haute :

— François ! Viens vite !

— Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? dit-il en courant à toute vitesse. Une araignée qui traine ?

— Tu as pensé à amener mon boucleur à cheveux ?

— Attends, tu as crié pour ça ? se choqua-t-il.

— Mais tu es un amour ! S’extasia-t-elle. Je ne pensais pas que…

— Bah, si ! Ce n’est pas parce que nous sommes en vacances que tu dois te laisser aller ! lâcha-t-il.

— Car sans lui, je suis moche ! C’est ça ? s’emporta-t-elle.

— Bah, t’es loin d’être parfaite !

— Quoi ? Mais comment oses-tu ? s’écria-t-elle.

— Tu attends quoi pour me gifler vu que tu as la main leste ? continua-t-il.

— Je ne vais certainement pas te gifler ! Cela te ferait trop plaisir !

— Ça, c’est sûr ! Je retiendrai ta main de justesse pour t’embrasser ensuite et on filerait dans la chambre pour essayer le lit. Cependant, il y a deux personnes qui nous attendent pour un apéritif de bienvenue !

— On aurait pu le repousser à ce soir !

— Nous avons des courses à faire mon amour et ce soir, je serai claqué !

— Mon pauvre petit pigeon ! s’amusa-t-elle.

— Tu me cherches, là ?

— Non, t’es devant moi !

— Tu vas me trouver !

— C’est toi qui m’as cherché en premier !

— Tu m’agaces quand tu cherches à avoir le dernier mot !

— Et je vais l’avoir une nouvelle fois vu que je suis en vacances !

Quelques instants plus tard, Élisa décida de se changer. Elle s’enfila un jean qui mettait en valeur ses jambes et surtout ses fesses pour le plus grand plaisir de François ainsi qu’un petit haut blanc. Dehors, il faisait beau et chaud. Il était inutile de se couvrir davantage. Par précaution, elle déposa dans leur voiture une petite veste noire au cas où elle aurait froid. Quant à François, il garda son jean noir, mais changea simplement de t-shirt.

Ne pouvant pas résister à la tentation, Élisa se boucla assez rapidement les cheveux après avoir pris une douche agréable pour se délasser. Pendant ce temps-là, François était parti rejoindre Jean-Marc et Anne-Marie pour l’apéritif.

— Ça faisait longtemps qu’on ne t’avait pas vu, commença Anne-Marie. Ça fait plaisir de te revoir.

— Moi aussi, je suis content de vous revoir. Cela me rappelle des souvenirs.

— Tes parents vont bien ? demanda Jean-Marc.

— Je suis en froid avec eux depuis quelque temps. L’an passé, Élisa est tombée enceinte et mon père n’a pas du tout accepté sa grossesse. Il m’a même souhaité d’aller porter un cierge pour qu’elle puisse faire une fausse couche.

— Non ? se stupéfia Anne-Marie. C’est horrible !

— Il a eu gain de cause ensuite ! Elle en a fait une.

— Oh, mon pauvre. Je suis désolé, ce sont des choses qui arrivent malheureusement. Le prochain sera le bon.

— De quoi parlez-vous ? dit Élisa en arrivant près d’eux.

— De votre fausse couche et du fait que le père de François a souhaité que ça se réalise, affirma Jean-Marc.

— Il a souhaité ça ? dit-elle, sous le choc, à l’égard de François.

— Vous ne le saviez pas ? s’étonna l’hôte.

— Je l’ignorais.

— Oh, je crois que j’ai commis une gaffe, observa Jean-Marc.

— Non, au contraire ! Et j’aimerais bien savoir pourquoi tu leur avoues ça alors que moi-même, je n’en suis pas au courant.

— Pour vous protéger, intervint Anne-Marie afin d’aider François d’une situation dans laquelle il se trouvait déjà mal à l’aise.

— Parce qu’il n’existe plus à mes yeux, s’exclama François. Mes parents sont venus passer des vacances dans ce gîte. Anne-Marie et Jean-Marc les connaissent. Dois-je me séparer de tous mes amis qui les côtoient ? Ils m’ont demandé de leur nouvelle, c’est tout.

La jeune femme s’installa. Une nouvelle fois, elle apprit des choses sur le passé de François. Ces vacances commençaient à avoir un goût amer dont elle espérait s’en débarrasser le plus rapidement possible.

— OK, je comprends. Cela dit, il serait bien que nous ayons une discussion.

— Je suis désolée, intervint de nouveau Anne-Marie. Nous n’avons aucune envie de gâcher vos vacances.

— Ne vous inquiétez pas ! Cela ne fait qu’un an et demi que nous nous connaissons, affirma Élisa. Chaque jour, nous apprenons à mieux nous connaître. Mais je crois qu’il serait bien que nous parlions chacun de notre passé pour mieux nous apprivoiser. Pas vrai, mon amour ? demanda-t-elle, en lui prenant la main.

— Oui, tu as raison, répondit François en baissant les yeux.

Il commençait à la connaître et même si celle-ci essayait de jouer la comédie devant Anne-Marie et Jean-Marc, le jeune homme savait qu’il ne perdait rien pour attendre. Il ne voyait plus son père depuis plus d’un an. Pourquoi fallait-il qu’il vienne encore lui gâcher ses vacances sans le savoir ?

En même temps, François devait apprendre à tout dire à Élisa. Il était bien beau de vouloir la protéger, mais à force de tout dissimuler, tôt ou tard la vérité pouvait éclater et provoquer de plus profonds dégâts entre eux. Il venait d’en voir la preuve, désormais.

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