CHAPITRE 132 : « à bord du vaisseau ruche » « La reine »

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CHAPITRE 132 : « à bord du vaisseau ruche » « La reine »

La reine esquisse une grimace brève qui pourrait passer pour un sourire.

- Vous ai-je demandé à passer mon tour ?
- Veuillez m’excuser, comprenez que la curiosité m’en a fait oublier la politesse. Je vous écoute, quelle est votre question ?
- Comme pour vous elle va vous paraitre hors contexte, juste que j’ai également une certaine curiosité à ce sujet, qu’est-ce donc que les nourriciers ? vous avez utilisé ce terme à plusieurs reprises sans que j’en comprenne le sens.

Florian sourit à son tour, ne s’attendant pas à ce que ce soit ce genre de question qui lui viendrait en premier lieu, il prend donc le temps de développer ce qu’il avait expliqué sans rentrer dans le détail, s’apercevant de l’intérêt porté par sa réponse.

- Vous devez vous dire que j’ai beaucoup de chance, par apport à votre brève rencontre d’avec votre consort ?
- En effet, je trouve cela fort intéressant au demeurant.
- Bien, maintenant répondez à ma question sur l’origine de cette prière.
- L’origine vient d’une fuite d’information venant des pilotes du vaisseau, l’une de mes aïeul a eu vent d’une histoire déjà vieille de plusieurs millénaires concernant la naissance d’un roi pour une raison non expliquer encore à ce jour, pour sauvegarder notre ruche elle a donc transformer ce geste abominable en légende pieuse et depuis nous éduquons nos ouvrières et nos guerrières avec cette foi incontournable, l’échange de consort a fait que cette légende s’est fortement ancrée dans nos croyances et a été relayé sur les onze autres vaisseaux par le biez de notre mémoire collective. Nous avons échappé ainsi à la destruction d’avoir commis l’irréparable.
- En entendant cette prière, j’ai trouvé comme un amalgame entre « Cha-A » et le « frère/roi », c’est d’ailleurs cette idée qui m’a fait penser à notre ami disparu.
- Comme je vous le disais, cela remonte à un bon million d’années et nous n’avons jamais découvert la raison qui a poussé mon ancêtre de cette époque à programmer une telle naissance, de plus l’embryon était en surnuméraire d’après l’étude qui en a été faite ensuite.
- Comment cela ?
- Nous autres reines somment programmées pour donner naissance à un nombre très précis de ce que vous appelleriez des enfants, Il ne restait normalement que deux embryons à naitre, celui de la nouvelle reine et du prince consort destiné à l’échange d’avec celui d’un autre vaisseau ruche, aussi personne ne s’est rendu compte qu’un troisième avait été mis dans la même cellule de couvage que la future reine.
- Comment une telle erreur a-t-elle été possible ?
- L’ouvrière chargée de se rôle était tout en bas de la chaine et donc avait un esprit juste capable des actions pour lesquelles elle avait été créée, depuis lors nous avons changé cette façon de faire et une ouvrière spécialisée a été depuis lors conçue à cette seule fin.

Florian réfléchi à la somme d’information qu’il vient de recevoir, pas tant par se qu’il entend de la bouche même de la reine, mais de ce que son esprit peut lire dans cette manne de souvenirs datant depuis le début de leur histoire.

Quelque chose il le sent bien ne lui est pas révélé, reste à savoir si c’est consciemment ou non et c’est sur cette impression qu’il poursuit sa recherche, faisant néanmoins en sorte qu’elle ne s’en rende pas compte et ferme son esprit à ses investigations.

Bien sur se qu’il peut lire lui fait très souvent froid dans le dos, l’évolution depuis le règne animal n’est que barbarie et cruauté gratuite, détruisant toute vie de leur habitat naturel avant de se combattre pour la suprématie de la ruche.

D’y penser il se fait quand même la remarque que leur histoire reste très proche de celle de l’espèce humaine, c’est en se faisant cette critique qu’il est rappelé à l’ordre.

- M’écoutez-vous toujours ? ma réponse vous satisfait-elle ?
- Elle conforte l’idée que j’ai qu’il pourrait aussi bien s’agir de mon ami disparu, qui pour une raison quelconque a voulu quitter l’isolement forcer du vaisseau. Pourriez vous m’indiquer les coordonnées spatiales de cette planète sur laquelle il repose ?
- Cette information n’a jamais été connue, le capitaine de l’époque ne pouvait révéler une telle information.
- Pour qu’elle raison je vous prie ?
- Qu’il soit un dieu ou un « frère/roi », il lui était impossible en lui étant inféodé de porter atteinte à sa vie quel qu’en soit le motif, c’est ce qui nous a permis depuis toujours de garder notre contrôle absolu sur notre ruche. Ce qui est un fait reconnu pour nous autres reines, l’est encore davantage pour un mâle qui seul peut rassembler plusieurs ruches sous sa bannière une fois détruite la lignée royale de ces dernières.
- Je comprends l’idée, donc ne pouvant porter atteinte à sa vie, ils l’ont déposé sur une planète ! Mais cela ne revenait-il au même que de le tuer sur le vaisseau ?
- Beaucoup de matières premières ont été utilisées à cette époque depuis nos réserves, suffisamment pour construire une navette avec un équipement de non temps.

Florian sursaute à cette appellation de ce qui ressemble pour lui à un caisson de stase, aussi profite-t-il que les pensées de la reine soient en ce moment même sur cet appareil spécifique pour en prendre en mémoire les schémas et formules de base afin d’y revenir plus tard.

- Si je vous comprends bien, l’embryon a été déposé avec tout le nécessaire à sa survie sans pour autant qu’il puisse se développer naturellement. Est-ce possible sur un temps si long ?
- Notre technologie le permet, maintenant rien ne dit que cela a été cette méthode que le capitaine de l’époque a employée, mais après mures réflexions nous avons toutes pensées que c’était en effet le plus probable.
- M’autorisez vous à interroger votre capitaine ?
- Il ne vous en apprendra pas plus je le crains, n’oubliez pas « vénérable » homme, qu’il est de mes « enfants » et comme eux tous, nourrit suivant leurs utilités et dans le cas spécifique aux deux pilotes, puisant depuis mes seuls souvenirs.

Florian rumine en comprenant ce qu’elle veut lui faire entendre, pourtant il reste une possibilité qu’entre capitaines ils aient tenu une sorte de journal de bord pour les générations futures.

La reine termine une longue phrase dont il n’a pas entendu le début tellement il était dans ses propres pensées, pourtant le peu qu’il en entend le rassure et lui amène le sourire.

- … mais je ne vous empêcherais pas de parler à notre capitaine, sans doute sera-t-il heureux de rencontrer un mâle humain autre que son second.

Un geste vers Kim pour lui signifier de reculer et le voilà bientôt à le rejoindre dans le couloir après quelques politesses d’usages à la reine en guise d’adieux.

Tous deux reprennent le chemin qu’a suivit Kim jusqu’à la navette, ce n’est qu’une fois cette dernière en vue que Kim a sa réponse de savoir comment être amener devant le capitaine.

Une ouvrière les attend devant un engin étrange mais servant incontestablement aux déplacements rapides, un signe de sa part suffit pour qu’ils prennent place à l’intérieur et se laissent emmener, tout en observant le paysage champêtre par les vastes vitres du véhicule.

- Ma parole mais ils ne bouffent que des fleurs !!

L’étonnement de Kim fait sourire Florian qui lui comprend maintenant la façon de vivre de cette communauté issue d’ancêtres pas si éloignés que ça de ceux connus sur Terre.

Le voyage dure plusieurs heures à une vitesse pourtant impressionnante en soi, démontrant bien une fois de plus l’immensité de ce vaisseau.

C’est une impression de ralentissement qui réveille Florian, commençant à somnoler depuis déjà un bon moment, il secoue Kim qui pour sa part en écrasait bel et bien, avec en prime le bruit d’une scie circulaire.

- He !! Tu as coupé assez de bois pour tout l’hiver, alors réveille-toi !
- Hein… de quoi… oh !! Dit que je ronfle tant que tu y es !!
- Je n’oserais pas ! Hi ! Hi !

La bouille de Kim amène une pensée peu sage et surement pas d’actualité vu l’endroit où ils se trouvent, pourtant quelques brèves images de son ami nu dans un souvenir de moments câlins, commence à lui faire un certain effet.

Kim voit tout de suite de quoi il retourne en le regardant se lever une fois le véhicule à l’arrêt, déjà à la façon qu’il a de ne pas lui faire face, aussi le laisse-t-il sortir en premier pour lui caresser les fesses au passage.

Le regard incendiaire qu’il reçoit alors et limite pour qu’il ne succombe pas aux sirènes d’une libido qui lui prend à son tour les reins, n’ayant qu’une phrase très explicite à lui faire entendre.

- Tu ne manques rien pour attendre une fois rentrer, parole !!

Florian reçoit le message alors qu’il se retrouve devant deux hommes dans la petite quarantaine d'apparence à l’aspect physique loin d’être déplaisant et qui surtout les fixent d’une façon qui ne trompe pas sur la pensée qu’ils ont envers eux.

- Peut-être même plus tôt que prévu !

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