Chapitre 4 - L’exposé d’Hiroshi (1)

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Vendredi 31 juillet 1964, école de Hinterhoden, Grindelwald

Franz avait accepté qu’Urbain vînt passer une nuit à l’école, il ne pouvait rien refuser à Frédéric. Les élèves avaient l’habitude que des invités séjournassent, tel le Prof. Latte une semaine auparavant.

Urbain arriva pour le souper, Stefan avait préparé un plat bernois : de la choucroute, des haricots verts séchés, des pommes de terre et de la viande fumée, en petite quantité car le budget était limité et il ne fallait pas que les élèves grossissent. Pour le dessert, il y avait un soufflé à la damassine.

Après le repas, Hiroshi présenta son exposé. Il avait apporté des diapositives, Koen proposa de les passer, il voulait se familiariser avec le projecteur car il montrerait bientôt les siens, pas à tout le monde, seulement à ses camarades particulièrement intéressés à l’anatomie masculine, il ne lui restait plus qu’à trouver des modèles.

Stefan assistait aussi à l’exposé, il resterait pour dormir à l’école car il partirait tôt le lendemain avec Koen et Frédéric et aussi parce qu’Hiroshi l’intriguait. Celui-ci fit quelques courbettes avant de commencer :

— Je vais vous parler ce soir d’un séjour que j’ai fait l’été dernier dans un camp de vacances consacré au shudō, une tradition japonaise d’une homosexualité de type pédérastique pratiquée au sein des samouraïs de l'époque médiévale jusqu'à la fin du XIXe siècle. On la considérait comme bénéfique pour le garçon, elle lui enseignait vertu, honnêteté et sens du beau. Lui était opposé l'amour pour les femmes, accusé de féminiser les hommes. De nos jours tous les participants sont majeurs et volontaires. Vous pouvez m’interrompre si vous avez des questions.

Personne n’en avait, Hiroshi continua :

— Dans le camp où je suis allé, on enseignait le combat, le tir à l’arc, il y avait aussi une marche dans les montagnes sacrées, et, bien sûr, l’art de l’amour entre hommes, avec ceci de particulier que seuls les maîtres pouvaient avoir des relations sexuelles avec les étudiants. Ce n’est pas comme ici où tous les élèves couchent ensemble.

— Je n’ai jamais couché avec d’autres élèves, fit Laurent en riant.

— Tu peux venir quand tu veux dans ma chambre, dit Laertes.

— Je ne suis pas d’accord, dit Vreni, il est à moi.

— Vos coucheries ne nous intéressent pas, fit Franz, posez seulement des questions concernant l’exposé.

Hiroshi reprit son exposé en demanda à Koen de passer les dias. Il montra tout d’abord des vues de la maison où se déroulait le cours, il parla en détail de l’aménagement du jardin zen et de sa signification, il y eut quelques bâillements dans l’assemblée. Les élèves se réveillèrent avec les dias des bains traditionnels japonais et des étudiants qui s’y lavaient nus. Koen leva la main pour poser une question :

— Ils ont l’air d’avoir des queues plus courtes que les occidentaux, peux-tu me le confirmer ?

— C’est possible, je ne fais pas de statistiques comme toi.

— Tu les as vu bander ?

— Oui, dans un but éducatif les maîtres couchaient avec leurs étudiants dans une salle ouverte à tous. C’était aussi pour qu’on puisse contrôler que les maîtres n’abusent pas de leur situation. Vous comprendrez que ne je n’ai pas pu faire de photos dans cette salle.

— Dommage, fit Laertes. Est-ce que les maîtres étaient actifs et les étudiants passifs ?

— Non, tout était possible.

— Un étudiant pouvait-il refuser ?

— Oui, mais il devait quitter immédiatement le camp. Cela n’est pas arrivé pendant mon séjour.

— Que se passait-il si un étudiant n’arrivait pas à exécuter les exercices prévus ?

— Il devait recommencer jusqu’à ce que le maître soit satisfait, à moins que celui-ci décide que l’étudiant n’en était pas capable et que ce n’était pas de la mauvaise volonté.

— Y avait-il des punitions pour les récalcitrants ? demanda Torsten.

— Ça te plairait ? Non, pour une raison toute simple, il n’y avait pas de récalcitrants, ce ne serait venu à l’idée de personne de désobéir, ce n’est pas dans notre mentalité.

Les dias suivants montraient un entraînement de tir à l’arc. Les étudiants étaient nus, ils bandaient en même temps leur arc et leur queue.

— Parfait, fit Koen, je peux me rendre compte. Il semble en effet qu’elles sont plus courtes. C’était quoi l’idée de cet exercice ?

— Il fallait déjà bander sans se toucher, ensuite ne pas se laisser distraire par l’excitation sexuelle et se concentrer uniquement sur le tir.

Les photos suivantes avaient été prises lors de la marche dans les montagnes sacrées, c’était moins intéressant, à part le bain nu dans un torrent et l’offrande de la semence à Fukurokuju, dieu de la richesse, de la longévité, de la virilité et de la sagesse. Hiroshi expliqua :

— Offrir sa semence à Fukurokuju permet de bander et d’éjaculer jusqu’à 100 ans au moins une fois par jour.

— Amusant, dit Stefan, c’est le contraire du tantrisme où on ne doit pas éjaculer.

— Tu as étudié le tantrisme ? demanda Roberto.

Franz intervint à nouveau :

— Ne sortons pas du sujet, Stefan pourrait faire un exposé un autre jour, même s’il n’est pas élève de cette école. Je crois savoir qu’il a suivi l’enseignement d’un guru.

Roberto n’osa pas demander où Stefan avait suivi cet enseignement. Ensuite, ce fut l’entraînement au combat. Une dizaine d’étudiants était alignés, vêtus d’un seul fundoshi. Ils se livrèrent à une chorégraphie bien réglée sous les ordres d’un maître. Il y eut ensuite des dias de corps à corps à mains nues et avec un bâton.

— S’il n’y a pas d’autres questions, j’ai pensé à une petite démonstration. C’est difficile car on ne peut pas tirer à l’arc et je ne peux pas combattre tout seul.

— Nous pourrions offrir notre semence à Fukurokuju, proposa Koen.

— Tu t’es rappelé du nom ? Bravo, quelle mémoire ! Cette offrande n’est valide que si elle est pratiquée dans un temple sous les yeux d’un prêtre shintō qui purifie le méat avant. Je vais plutôt vous expliquer comment on met un fundoshi.

Hiroshi sortit une pièce d’étoffe rouge d’un sachet en papier.

— Je précise qu’il est neuf, ajouta-t-il. Qui est volontaire pour faire la démonstration ?

— Moi ! dit immédiatement Stefan.

— Non, dit Franz, vous avez déjà accepté de le faire pour Koen et nous savons que vous avez une belle bite.

— Je suis volontaire, dit Urbain en riant.

— Non plus, je ne voudrais pas que mes élèves aient des complexes en voyant votre organe.

— Comment savez-vous que j’ai un organe au-dessus de la moyenne ? C’est Koen qui vous l’a dit ?

— Non, ce n’est pas lui. Permettez-moi de ne pas dévoiler mes sources. J’aimerais que ce soit un élève de l’école qui ait un peu de courage.

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