Chapitre 5 - Week-end de la Fête nationale suisse (6)

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Samedi 1er août 1964, maison de Frédéric, Lausanne

Le baiser des deux cousins fut long et intense, leurs pénis se redressèrent. Frédéric les prit les deux dans sa main pour les comparer, celui de Daniel était toujours plus long, pas tout à fait décalotté. Était-ce pour cela qu’il voulait se faire circoncire ? Avait-il négligé de poursuivre les exercices d’assouplissement ? Il avait pourtant une infirmière qui aurait dû contrôler.

Ils se comprenaient sans se parler et optèrent rapidement pour un 69, ils se mirent tête bêche. Frédéric réussit à dégager le frein de Daniel et le chatouilla avec sa langue. Il appréciait de pouvoir sucer son cousin sans se cacher, une chance que Koen et Dom fussent tolérants et adeptes de l’échangisme, mais jusqu’où pourraient-ils aller ? Ils devraient en parler ensemble le lendemain au chalet à Verbier pour que les choses fussent claires entre eux.

Daniel avait pris la queue de son cousin dans sa bouche et la faisait coulisser. Il pensa à sa mère qui devait avoir de la peine à imaginer son fils dans les bras d’une trans, qu’aurait-elle pensé en sachant qu’il suçait en plus son cousin ? Il se demanda si elle pouvait les voir depuis sa chambre, elle devait dormir et ils s’étaient éloignés du feu maintenant maintenant à quelques braises rougeoyantes.

Les couples étaient silencieux, on entendait les pétards des feux d’artifice qui illuminaient le ciel.

Marie chevauchait Peter. Elle avait pris l’initiative, l’avait masturbé, il avait bandé rapidement, elle avait déroulé elle-même un préservatif. Lorsque les sœurs avaient vu les deux apprentis suisses alémaniques, elles avaient fait un pari : les débaucher et coucher avec eux. Marie avait gagné le pari, cela avait été plus facile qu’elle ne l’avait pensé.

Peter se laissait faire, il se réjouissait de le raconter à sa sœur Vreni qui le traiterait de menteur, elle était sûre qu’il ne ferait jamais l’amour à une femme. Au début, il n’avait pas compris pourquoi sa sœur lui disait cela, elle avait deviné bien avant lui qu’il était homosexuel. Il lui parlerait ensuite de Stefan et ils mettraient au point une tactique pour le dire aux parents.

Michèle avait perdu le pari et elle devrait faire un cuni à sa sœur, ce ne serait pas le premier mais elles avaient abandonné ces pratiques depuis qu’elles étaient amoureuses des garçons. Elle avait le pénis de Stefan dans son vagin et il savait s’en servir, l’instinct de reproduction, pensa-t-elle. Pas de risques avec la pilule et la capote. Michèle espérait que les échanges ne s’arrêteraient pas là, elle avait surtout envie de coucher avec Guy, l’ami de Marie, qui avait une plus grosse bite que Jacques. Entre sœurs jumelles on pouvait s’échanger ses jouets.

Stefan avait des doutes. Il avait bien aimé la réunion à Kesswil et les découvertes avec Peter, mais ne serait-ce pas plus simple de chercher une fille dans son village et de la marier ? Cela éviterait bien des discussions et des cachotteries. Sa mère ne paraissait pourtant pas pressée qu’il fréquentât. (NDA Helvétisme : sortir avec, flirter avec) Avait-elle peur qu’il engrossât une fille ou avait-elle deviné qu’il préférait les garçons ? En tout cas, il était capable de bander aussi bien avec les hommes que les femmes, et il avait perdu tous ses pucelages.

Jacques avait des doutes. Pourquoi avait-il demandé à sucer un homme ? Était-ce parce qu’il avait trop bu ou était-il aussi un pédé ? Il aurait préféré que son amie eût refusé, mais elle avait accepté et la soirée s’était transformée en partouze. Bah, c’était dans l’air du temps, il faut bien que jeunesse se passe. Il aurait l’esprit plus clair le lendemain, mais il devait se rendre à l’évidence que Koen avait une belle queue, bien dure, et qu’il avait beaucoup de plaisir à l’avoir dans sa bouche.

Koen se remémorait toutes les fellations qu’il avait déjà eues. Il avait encore très bonne mémoire, il devrait cependant commencer à les noter dans son carnet, avec des appréciations sur la technique, la durée et l’intensité de l’orgasme. Jacques n’était pas mauvais pour un débutant, Koen préférait évidemment celles de Frédéric, l’amour rend aveugle.

Guy suçait la bite de Dominique, il n’aimait pas particulièrement ça, mais il n’avait pas voulu décevoir son amie en se défilant. Il n’avait pas choisi Dom parce qu’elle était une femme, mais parce qu’il pensait qu’une bite circoncise serait plus propre, n’aurait pas de smegma. Lui-même n’avait pas toujours eu une hygiène impeccable, il se lavait plus souvent le gland depuis qu’il sortait avec Marie.

Dominique avait des doutes. Était-elle vraiment une femme ou avait-elle choisi de l’être pour éviter de se dire qu’elle était un homme homosexuel ? Elle n’avait fait encore aucune démarche, à l’état civil elle était toujours un homme et dans sa culotte aussi, puisque Guy la suçait. Il ne paraissait pas très motivé. Dom aurait aimé pouvoir décider chaque jour quel genre elle aurait en se levant le matin, pourquoi cette classification obligatoire ? Ou alors elle serait une femme lorsqu’elle travaillait à la clinique et un homme lors de ses congés. Il faudrait qu’elle en parle à Daniel qui paraissait très occupé avec son cousin.

Lorenzo, le fils du jardinier, se promenait dans le parc avec sa petite amie Éléonore. Comme la cabane était occupée, ils cherchaient un coin tranquille pour faire l’amour. Ils n’osaient pas le faire dans la chambre de Lorenzo, les murs de la maisonnette étaient minces et les parents auraient tout entendu. Ils remarquèrent soudain les couples ondulant près du foyer.

— Ça alors, chuchota Lorenzo, ils sont combien ? Dix ?

— Oui, et très mélangés.

— Plus de garçons que de filles…

— Repartons avant qu’ils nous voient.

C’était trop tard, Frédéric avait remarqué leur présence, il délaissa la bite de son cousin pendant quelques instants et leur fit signe de rester car Lorenzo était beau gosse et cela ferait plaisir à ses amis de le voir à poil. Celui-ci posa son linge de bain sur l’herbe et commença à déshabiller Éléonore.

Après avoir joui, les couples habituels se reformèrent, Koen ralluma le feu car il faisait frisquet, ils burent une dernière bière alors que les feux d’artifice étaient de moins en moins nombreux, un joint circula.

Ainsi se découla cette douce soirée d’été du premier août 1964 et les amis en reparleraient très souvent des années plus tard.

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